LETTRE HEBDOMADAIRE D’INFORMATION    DE LA FEDOM – N°688 du lundi 21 septembre 2026

COMMENTAIRE MACF : le Parlement européen ouvre la voie à une adaptation indispensable pour les Outre-mer:

Le Parlement européen a adopté, le 15 septembre 2026, sa position sur la révision du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Il a notamment approuvé un amendement transpartisan visant à instaurer un régime dérogatoire mieux adapté aux réalités des régions ultrapériphériques (RUP).

Cette adoption constitue une avancée concrète, dans le prolongement des alertes portées depuis plusieurs mois par la FEDOM, EURODOM et les acteurs économiques ultramarins. L’application uniforme du MACF risque en effet d’alourdir le coût d’importation de matériaux et d’intrants essentiels — ciment, acier, aluminium, engrais — alors que les économies ultramarines sont structurellement dépendantes des approvisionnements extérieurs, confrontées à l’étroitesse de leurs marchés et à l’absence fréquente d’alternatives locales ou européennes.

L’amendement adopté prévoit qu’une dérogation puisse être accordée pour une durée de quatre ans, renouvelable, sur simple notification de l’État membre et sans autorisation préalable de la Commission européenne. Il rend également facultatif le plan de transition et allège les obligations de reporting, qui interviendraient tous les deux ans. Le dispositif resterait encadré : il concernerait les marchandises relevant du MACF destinées exclusivement à la consommation ou à la transformation locale dans les RUP, sous réserve de démontrer un impact socio-économique disproportionné, l’absence d’alternative d’approvisionnement et l’absence de réintroduction sur le marché intérieur.

Cette position est plus favorable aux Outre-mer que le mandat adopté par le Conseil lors de l’ECOFIN du 12 juin. Celui-ci privilégie une approche plus restrictive, fondée sur des circonstances exceptionnelles, maintient un contrôle de la Commission et limite certaines mesures relatives aux matériaux de construction lourds à Mayotte et à La Réunion.

Le vote du Parlement ne constitue toutefois pas encore une exemption définitive. La disposition devra être négociée avec le Conseil et la Commission dans le cadre des trilogues. Aucune date officielle de conclusion n’est annoncée à ce stade. La priorité sera désormais de préserver les acquis du vote parlementaire, en particulier la durée de quatre ans renouvelables, le recours à une simple notification nationale et l’application du dispositif à l’ensemble des RUP.

La FEDOM se félicite de cette avancée, qui traduit une meilleure prise en compte du principe d’adaptation prévu par l’article 349 du TFUE. Elle rappelle que les contraintes d’approvisionnement des RUP ne relèvent pas de circonstances exceptionnelles, mais de différences structurelles permanentes. L’objectif n’est pas de remettre en cause l’ambition climatique européenne, mais de garantir que sa mise en œuvre ne se traduise pas, dans les Outre-mer, par une hausse supplémentaire des coûts, un frein à la construction et une fragilisation des entreprises.

Lire dossier sur le site du Parlement européen : Textes adoptés | Plénière | Parlement européen ; Emissions trading: stabilising the EU carbon market and tackling carbon leakage | 14-09-2026 | News | European Parliament

En plus : MACF : le Parlement européen adopte une dérogation mieux adaptée aux réalités des Outre-mer | Outremers360 et Le Parlement européen valide l’exemption des Outre-mer au Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières

Pour aller plus loin : [Emission] « L’Europe et les Outre-mer » : MACF et politique industrielle, quels enjeux pour les Outre-mer ? | Outremers360

À Saint-Pierre-et-Miquelon, Emmanuel Macron annonce « un nouveau chapitre » pour l’avenir de l’archipel

Ports, pêche, adaptation au changement climatique, numérique, spatial ou encore coopération avec le Canada : devant la population et les élus réunis ce dimanche 20 septembre à Saint-Pierre, Emmanuel Macron a détaillé sa feuille de route pour l’avenir de Saint-Pierre-et-Miquelon. Après avoir rappelé les investissements consentis par l’État ces dernières années, le chef de l’État a appelé l’archipel à « mettre derrière la page de 92 » pour engager une nouvelle phase de son développement.

Voir également : « Souveraineté », « nouvelle trajectoire », « présence géostratégique » : Saint-Pierre-et-Miquelon au cœur des relations franco-canadiennes ; À Saint-Pierre-et-Miquelon, une rencontre historique et une volonté commune du Président Emmanuel Macron et du Premier Ministre Mark Carney pour un rapprochement entre les deux pays

Mais aussi : À Saint-Pierre-et-Miquelon, ce gisement de pétrole sous-marin qui demeure inexploité ; Emmanuel Macron arrivé à Saint-Pierre et Miquelon « Saint-Pierre-et-Miquelon au cœur d’une stratégie nord-atlantique, ici au cœur des enjeux du globe »

Gel du point d’indice, fiscalité des retraites, 49.3… Ce qu’il faut retenir des annonces de Sébastien Lecornu sur le budget

Alors que le projet de loi de finances pour 2027 doit être présenté en Conseil des ministres le 1er octobre, Sébastien Lecornu en a dévoilé les principales orientations. Le Premier ministre propose un effort budgétaire de 54 milliards d’euros pour ramener le déficit public à 5% du PIB, après 5,4% attendu en 2026, dans un contexte marqué par la hausse de la charge de la dette, le vieillissement de la population et la progression des dépenses sociales. Le dispositif prévoit notamment le gel du point d’indice des fonctionnaires, une contribution des collectivités, des économies sur les arrêts maladie et un effort inférieur à 6 milliards d’euros demandé aux retraités, tandis que le Parlement devra trancher plusieurs mesures sensibles. Sébastien Lecornu affirme vouloir préserver la stabilité fiscale et ne pas recourir au 49.3 en l’absence d’obstruction parlementaire, mais ces annonces ouvrent un débat majeur sur la soutenabilité des finances publiques et la protection de l’investissement dans les territoires ultramarins.

Nickel : Emmanuel Tjibaou dénonce « un deux poids, deux mesures » dans l’aide de l’État apporté aux usines

Dans un communiqué daté du 17 septembre, Emmanuel Tjibaou questionne l’attitude de l’État concernant son soutien aux usines métallurgiques, avec un appui financier accordé à la SLN et PRNC, mais pas à KNS, y voyant une entorse au principe de rééquilibrage. Une « différence de traitement qui devient difficilement compréhensible », estime le député, qui demande à Paris une stratégie nickel globale.

Crise agricole dans les Outre-mer : la FNSEA alerte la ministre Naïma Moutchou    

La FNSEA et ses représentants ultramarins (Mayotte, La Réunion, Martinique) ont alerté la ministre des Outre-mer sur l’urgence de la situation agricole dans les DOM : sécheresse, envolée des coûts de production (engrais, gazole) et avenir du programme européen POSEI. Le syndicat a rappelé que « l’urgence est la même en Outre-mer qu’en métropole » et demandé un traitement identique des difficultés. Naïma Moutchou s’est engagée à accélérer le plan CASI, à adapter les dispositifs nationaux aux réalités ultramarines et à maintenir le POSEI dans la future PAC.

Tourisme ultramarin : l’État veut changer d’échelle en misant sur l’investissement, la diversification et la connectivité

Réuni à Bercy le 14 septembre pour sa sixième édition, le Comité stratégique du tourisme en outre-mer (CSTOM) a placé l’investissement, la diversification de l’offre et l’amélioration de la desserte au cœur des échanges. Alors que le tourisme représente entre 7 et 10% du PIB ultramarin et plusieurs dizaines de milliers d’emplois directs, l’État entend mieux intégrer les destinations ultramarines à la stratégie touristique nationale et faire de l’Europe un levier plus accessible pour les projets locaux.

Les discussions ont également porté sur la transition écologique, l’adaptation au changement climatique et la nécessité de construire un tourisme à la fois plus durable, plus résilient et plus compétitif. Parmi les annonces figure la publication d’un guide des financements européens destiné aux collectivités, aux entreprises et aux associations, tandis que la diversification vers le tourisme culturel, patrimonial, agricole et de savoir-faire doit contribuer à dépasser le seul modèle balnéaire.

COMMENTAIRE FEDOM :

Le CSTOM du 14 septembre, réuni à Bercy autour de Serge Papin, ministre des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, de Thomas Courbe, directeur général des Entreprises, et de Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, doit d’abord être salué pour les données actualisées présentées, l’étude TBIT consacrée au tourisme ultramarin et le rappel des engagements de l’État à Mayotte et en Nouvelle-Calédonie.

Les chiffres présentés confirment une reprise réelle du secteur : 2,23 millions de touristes aériens ont été accueillis en 2025, pour plus de 2,5 milliards d’euros de recettes. Le tourisme représente entre 7 et 10% du PIB ultramarin et soutient 25 000 à 30 000 emplois directs. Cette dynamique reste toutefois fragile et très inégale. Avec 230 millions d’euros investis dans les hébergements marchands en 2025, les outre-mer demeurent en dessous du niveau de 2023 ; les coûts de construction y sont par ailleurs supérieurs de 30 à 50% à ceux de l’Hexagone. Ces données montrent que l’enjeu est désormais moins de proclamer une nouvelle ambition que de créer les conditions concrètes de l’investissement et du renouvellement de l’offre.

Les échanges ont été perçus comme davantage consacrés à la présentation des résultats et des orientations de l’État. Or les défis auxquels sont confrontés les territoires — évolution démographique, contraintes budgétaires, faiblesse de l’investissement et intensification de la concurrence régionale — exigent une mobilisation conjointe de l’État, des collectivités et des acteurs économiques.

La commande publique ne peut plus, à elle seule, tenir lieu de stratégie de développement. Parce qu’il permet d’attirer des visiteurs, des capitaux et des investissements extérieurs, le tourisme peut contribuer à diversifier les économies ultramarines. Mais la seule différenciation des destinations ne suffira pas à répondre aux enjeux de compétitivité. Elle doit s’accompagner de stratégies territoriales construites avec les professionnels, les collectivités et l’État, portant notamment sur la desserte, l’hébergement, le foncier, les compétences, la transition écologique et l’accès aux financements.

La FEDOM, à travers sa commission Tourisme, a engagé ce travail de concertation. Les solutions nécessiteront du temps pour être approfondies et hiérarchisées, mais elles ont vocation à nourrir les propositions de la FEDOM pour les élections présidentielles et à s’inscrire dans une stratégie de long terme en faveur d’un tourisme ultramarin plus attractif, résilient et créateur de valeur.

Voir également : Tourisme: l’outre-mer à la conquête de l’Europe du Nord | MARINE & OCÉANS et Tourisme : l’Outre-mer à la conquête de l’Europe du Nord – Outre-mer La 1ère

Mais aussi Tourisme en Outre-mer : 2,23 millions de touristes, 2,5 milliards de recettes en 2025, le CSTOM fait le point sur une reprise confirmée du secteur et appelle à une stratégie commune | Outremers360

IFTM Top Résa 2026 : partenariats, nouvelles liaisons, projets hôteliers … ce qu’il faut retenir pour les Outre-Mer

L’édition 2026 de l’IFTM Top Résa a confirmé la volonté des acteurs ultramarins de renforcer l’attractivité touristique des territoires à travers de nouveaux partenariats, l’ouverture de liaisons aériennes et plusieurs projets hôteliers. De Mayotte à la Polynésie, en passant par les Antilles et La Réunion, ces initiatives mettent en évidence les leviers indispensables au développement du secteur : amélioration de la desserte, renouvellement de l’offre d’hébergement et mobilisation de l’investissement.

Voir également : « Il faut être présents partout » : l’IA et les réseaux sociaux bousculent le tourisme aux Antilles ; « Les descendants des Vikings, ce sont de grands voyageurs »: les outre-mer français veulent attirer les touristes scandinaves qui « ont besoin de lumière » et dont « les salaires sont plus élevés »

Quel est le bilan du président Emmanuel Macron avec les Outre-mer en deux quinquennats ?

À l’occasion de la première visite officielle d’Emmanuel Macron à Saint-Pierre-et-Miquelon, L’Heure des Outre-mer revient sur la relation entre le président de la République et les territoires ultramarins, à quelques mois de la fin de son second mandat. Avec plusieurs élus et spécialistes, l’émission analyse les grands enjeux communs aux outre-mer : tensions géostratégiques, dérèglement climatique, vie chère, accès à l’eau et évolutions institutionnelles.

Tribune : « Présidentielle : cessons de traiter les outre-mer comme une charge »

Que vont proposer les candidats à la Présidentielle au million et demi d’électeurs des départements ultra-marins ? Nicolas Dujardin, directeur des opérations du groupe industriel Oceinde né à La Réunion, s’en inquiète. « La France traite encore trop souvent les outre-mer comme une charge à compenser. Ils sont pourtant l’un de ses principaux actifs ».

Forum économique Outre-mer–Haïti : faire émerger des partenariats régionaux concrets

Du 22 au 26 juin 2026, le Sénat a accueilli le Forum économique « Outre-mer français de la Caraïbe–Haïti », organisé à l’initiative de Micheline Jacques, sénatrice de Saint-Barthélemy et présidente de la Délégation sénatoriale aux outre-mer. La FEDOM a participé à cette semaine d’échanges, qui réunissait acteurs publics, entreprises et organisations économiques autour du renforcement de la coopération entre Haïti et les outre-mer français de la Caraïbe.

Structuré autour de panels, de tables rondes sectorielles et de rencontres B2B, le Forum a exploré les opportunités de coopération dans onze filières : agriculture et agro-transformation, BTP, énergie, industrie, logement social, tourisme, transport et logistique, traitement des déchets, entrepreneuriat et financement.

Quel est le bilan du président Emmanuel Macron avec les Outre-mer en deux quinquennats ?

À l’occasion de la première visite officielle d’Emmanuel Macron à Saint-Pierre-et-Miquelon, L’Heure des Outre-mer revient sur la relation entre le président de la République et les territoires ultramarins, à quelques mois de la fin de son second mandat. Avec plusieurs élus et spécialistes, l’émission analyse les grands enjeux communs aux outre-mer : tensions géostratégiques, dérèglement climatique, vie chère, accès à l’eau et évolutions institutionnelles.

Insee et Outre-mer : 2 fois plus de moyens statistiques par habitant, et pourtant des angles morts persistants

L’édition 2026 de l’Insee sur les statistiques ultramarines met en lumière des moyens humains et financiers deux fois supérieurs par habitant à ceux mobilisés dans l’Hexagone, mais aussi des lacunes persistantes. Difficultés de collecte, données administratives insuffisantes et conséquences du cyclone Chido à Mayotte continuent de limiter la production d’indicateurs fiables et comparables, notamment sur l’emploi, les revenus, la pauvreté et les conditions de vie.

Thierry Déau, bâtisseur d’infrastructures et défenseur du temps long pour les Outre-mer

Fondateur et président-directeur général de Meridiam, l’ingénieur martiniquais Thierry Déau conçoit les infrastructures comme des outils essentiels d’aménagement, de résilience et de cohésion des territoires. Des aéroports aux réseaux énergétiques et numériques, en passant par les écoles et les transports, il défend une vision de l’investissement fondée sur l’utilité collective, l’anticipation et le temps long. Dans les Outre-mer, où l’insularité se conjugue avec un sous-investissement chronique, il plaide pour des équipements plus autonomes, durables et adaptés aux réalités locales, tout en soutenant l’entrepreneuriat et la jeunesse.

Guadeloupe. Tourisme : territoires, innovation et hospitalité créole au cœur d’une semaine d’animations

À l’occasion de la Journée mondiale du tourisme, la Région Guadeloupe, le Comité du tourisme des Îles de Guadeloupe, les offices de tourisme et les professionnels organisent une semaine d’animations dans tout l’archipel. Placée sous le thème « Territoires, innovation et hospitalité créole », cette édition met en avant l’authenticité des territoires, l’apport du numérique et de l’intelligence artificielle, ainsi que les femmes et les hommes qui font vivre l’accueil guadeloupéen.

Martinique – La CTM face à une situation financière critique, avec près d’un milliard d’euros de dette

La situation financière de la Collectivité territoriale de Martinique est jugée critique par la Chambre régionale des comptes. Sa dette a progressé de 28% entre 2021 et 2024 pour atteindre près d’un milliard d’euros en 2026, tandis que les délais de paiement s’élèvent à 131 jours. La CTM doit désormais présenter un plan de redressement, avec l’objectif de rétablir ses comptes d’ici 2030, dans un contexte marqué par la baisse des dotations, le recul des recettes et la nécessité de revoir ses dépenses et son organisation.

COMMENTAIRE FEDOM :

La FEDOM prend acte du diagnostic sévère de la Chambre régionale des comptes sur la situation financière de la Collectivité territoriale de Martinique. Avec une dette proche de 977 M€ et des délais de paiement atteignant 131 jours, la CTM doit retrouver une trajectoire financière soutenable et redevenir une collectivité capable d’investir et de jouer son rôle de moteur de l’économie martiniquaise.

Cette situation illustre toutefois un problème plus large qui touche de nombreuses collectivités, établissements publics et hôpitaux ultramarins. Les déséquilibres financiers structurels entraînent à la fois des délais de paiement excessifs et une contraction de la commande publique, alors même que les besoins en infrastructures et en équipements restent considérables.

En 2023, le délai moyen de règlement du secteur public local et hospitalier atteignait 60,6 jours dans les outre-mer, contre 30,6 jours dans l’Hexagone ; il dépassait même 86 jours en Martinique. Ces retards, qui ne reflètent pas la réalité des entreprises ultramarines compte tenu des difficultés d’accès à CHORUS PRO, constituent un véritable crédit fournisseur imposé aux entreprises, qui fragilise leurs trésoreries, menace l’emploi et peut conduire à la disparition de PME et de savoir-faire, notamment dans le BTP.

La FEDOM appelle donc à une réponse à la fois ferme et structurée : mettre en place un suivi public des encours d’impayés, renforcer le recours au mandatement d’office et généraliser les contrats COROM aux collectivités ultramarines en difficulté. Elle demande également de moderniser CHORUS pour permettre l’enregistrement direct des factures et des situations de travaux par les entreprises, tout en garantissant le paiement rapide de la part non contestée des factures échues. Ces mesures, complétées par l’automatisation des intérêts moratoires et le développement de l’affacturage inversé, doivent protéger les entreprises sans renoncer aux investissements nécessaires.

Au-delà du seul cas martiniquais, ces enjeux posent une question centrale pour la réussite et le développement des Outre-mer : comment permettre au secteur public de réduire ses délais de paiement, de préserver une commande publique dynamique et de maintenir l’investissement dans les infrastructures et les équipements indispensables aux territoires ? Toute évolution institutionnelle devra être appréciée à cette aune : elle ne pourra produire pleinement ses effets que si elle s’accompagne d’une amélioration concrète du fonctionnement public, de la qualité de la dépense et de la capacité d’investissement. Ces questions devront nécessairement être prises en compte dans le cadre des élections présidentielles.

La Martinique ouvre le débat sur son modèle fiscal et économique lié à l’avenir de l’octroi de mer

La Collectivité territoriale de Martinique a organisé, vendredi 18 septembre 2026, une journée de réflexion consacrée à l’avenir de l’octroi de mer. Les échanges ont réuni des représentants du monde économique, des élus et des acteurs institutionnels autour de plusieurs enjeux, dont le pouvoir d’achat, la production locale et le financement des collectivités.

Mayotte – Le taux d’emploi des 15-64 ans tombe à 30% en 2025, son niveau le plus faible depuis 2014

À Mayotte, le marché du travail s’est fortement dégradé en 2025. Le taux d’emploi est tombé à seulement 30% des 15-64 ans, son plus faible niveau depuis 2014. Derrière la baisse du chômage, le nombre de personnes sans emploi qui souhaitent travailler augmente, dans un contexte toujours marqué par Chido.

Nouvelle-Calédonie – Finances du Caillou : “Pour l’année 2026, les Calédoniens peuvent dormir tranquilles” assure Milakulo Tukumuli

De retour de Paris avec une délégation transpartisane de neuf élus venus plaider la cause du territoire dans le cadre du PLF 2027, le président du gouvernement calédonien, Milakulo Tukumuli, se veut rassurant sur les finances calédoniennes pour 2026, tout en reconnaissant que les négociations avec l’État sur les années suivantes sont loin d’être terminées. Il défend une approche pragmatique sur l’avenir des usines de nickel, y compris face aux investisseurs chinois.

Nouvelle-Calédonie – La fiscalité calédonienne examinée par l’Inspection générale des finances

Une mission de l’Inspection générale des finances a séjourné sur le Caillou du 7 au 11 septembre, en vue de dresser un diagnostic du système fiscal et proposer des évolutions. Le gouvernement compte s’appuyer sur ses travaux pour préparer une vaste réforme.

Polynésie française – Câbles Google en Polynésie : Après Honomoana, Halaihai arrive à Tahiti

Après Honomoana à Papenoo, le câble sous-marin Halaihai a été mis à terre à Faratea, à Tahiti, le 16 septembre. Reliant la Polynésie française à Guam, il doit contribuer, avec Honomoana et Bulikula, à créer une boucle de connectivité entre Guam, la Polynésie française et Fidji. Ce nouveau réseau renforcera la résilience des connexions internet du territoire et réduira sa dépendance à une seule liaison internationale.

La Réunion – Olivier Cotta, nouveau directeur général de la Société Réunionnaise de Produits Pétroliers : « La SRPP est une entreprise réunionnaise au service du territoire »

Arrivé récemment à la tête de la Société Réunionnaise de Produits Pétroliers (SRPP), Olivier Cotta souhaite d’abord prendre le temps de comprendre son nouvel environnement, d’écouter les équipes et d’aller à la rencontre des acteurs du territoire. Pour le nouveau directeur général, la priorité reste la mission essentielle de la SRPP : contribuer à un approvisionnement énergétique fiable et sûr de La Réunion. Une responsabilité qu’il entend inscrire dans la durée, tout en accompagnant progressivement les évolutions énergétiques et les besoins du territoire.

Formation, gouvernance, innovation : la Réunionnaise Katherine Chatel, co-fondatrice d’Odyssée Réunion, fait bouger les lignes du tourisme

La Réunionnaise Katherine Chatel, cofondatrice d’Odyssée Réunion, contribue à faire évoluer le tourisme autour de trois priorités : la formation, la gouvernance et l’innovation. Vice-présidente du MEDEF Réunion, administratrice de la FEDOM et présidente de sa commission Tourisme, elle porte une vision fondée sur la coopération entre acteurs, la valorisation des compétences locales et l’adaptation des modèles touristiques aux réalités du territoire.

Air Tahiti Nui ouvre une liaison avec Sydney et amorce une nouvelle dynamique sous l’impulsion de Lionel Guérin

Air Tahiti Nui franchira une nouvelle étape dans son développement avec l’ouverture, le 14 décembre 2026, d’une liaison directe entre Papeete et Sydney, opérée deux fois par semaine. Cette desserte doit renforcer la connectivité de la Polynésie française avec le Pacifique Sud, diversifier les clientèles touristiques et soutenir les échanges économiques et le fret. Elle s’inscrit dans une nouvelle phase stratégique pour la compagnie, portée par son directeur général Lionel Guérin et le plan de transformation « I mua 2032 ».

CCI NC – Le commerce calédonien réclame sa part des aides

Le gouvernement et la province Sud ont promis, vendredi 11 septembre, d’étendre les aides aux commerces, lors d’une conférence de presse organisée par la CCI à Nouméa. Une étude présentée à cette occasion met en avant un budget d’achats par ménage en baisse de près de 20 % depuis 2018 dans le Grand Nouméa.

Hôtellerie restauration : à Futuna, la CCIMA forme pour simplifier la gestion du secteur

Gérer les réservations d’un hébergement, établir un devis ou éditer une facture : derrière leur activité quotidienne, les patentés doivent aussi assurer une importante partie administrative. À Futuna, Susana Vanai et Marcel Falealupo ont participé à une formation proposée par la CCIMA pour découvrir de nouveaux outils et faciliter cette gestion au quotidien.

Martinique : Orange déploie un nouvel outil à Grand’Rivière pour réduire la fracture numérique

À Grand’Rivière, Cap Nord et Orange expérimentent une « safety case », une solution autonome de connectivité destinée à maintenir les communications en cas de coupure du réseau, notamment lors d’intempéries. Première commune de Martinique à tester ce dispositif, Grand’Rivière pourra ainsi disposer d’une connexion de secours pour ses services municipaux et ses habitants, afin de réduire son isolement numérique.

Voir également : Orange déploie un nouvel outil à Grand’Rivière pour réduire la fracture numérique           

Aérien : Air Caraïbes, French bee et Air Corsica facilitent les voyages entre la Corse, les Outre-mer et l’Amérique du Nord

Les dirigeants des compagnies Air Caraïbes, French bee et Air Corsica ont officialisé, à l’IFTM Top Resa à Paris, un accord « codeshare » visant à faciliter les voyages entre la Corse, les Outre-mer et l’Amérique du Nord. Les dirigeants des trois compagnies tablent sur un potentiel de plusieurs dizaines de milliers de passagers intéressés par ces vols entre la Corse, les Outre-mer et l’Amérique du Nord, en passant par Paris-Orly.

Pierre Santoul nommé Président d’Albioma

Albioma annonce la nomination de Pierre Santoul à la présidence du groupe, en remplacement de Frédéric Moyne, qui quitte ses fonctions. Fort de plus de 30 ans d’expérience internationale dans l’industrie, l’agriculture et les énergies renouvelables, Pierre Santoul était précédemment directeur général de Tereos Brésil. Il aura pour mission d’accompagner la croissance d’Albioma, notamment dans la biomasse, le photovoltaïque, la géothermie et le développement international.

COMMENTAIRE FEDOM :

La FEDOM salue le travail accompli par Frédéric Moyne en faveur du développement d’Albioma et de la transition énergétique des outre-mer, et lui adresse ses meilleurs vœux pour la suite. Elle se réjouit d’accueillir Pierre Santoul et de poursuivre à ses côtés le travail engagé, au service d’une croissance durable dans les territoires ultramarins.

À La Réunion, la Maison Isautier inaugure Bérive, une nouvelle distillerie du Sud de La Réunion

Après sept années de travaux et de recherche, la Maison Isautier a inauguré sa nouvelle distillerie agricole à Bérive, sur les hauteurs de Saint-Pierre et du Tampon. Le site doit permettre au groupe réunionnais de produire des rhums à partir de cannes cultivées sur place et de levures indigènes sélectionnées avec l’Université de La Réunion.

Logement social outre-mer : l’USH fixe ses priorités et appelle à sécuriser les moyens

À l’approche de son 86ᵉ Congrès, l’Union sociale pour l’habitat (USH) présente ses priorités pour l’habitat social ultramarin à l’horizon 2032. Sa directrice générale, Marianne Louis, souligne l’ampleur des défis à relever : renforcer et diversifier l’offre, améliorer la qualité du parc, résorber l’habitat indigne et informel, fluidifier les parcours résidentiels et consolider l’ingénierie locale. Elle insiste également sur l’importance du foncier, de la rénovation et de la prévisibilité des financements.

COMMENTAIRE FEDOM :

La crise du logement social se dessine et se précise, sans que les réponses apportées soient aujourd’hui à la hauteur. La demande augmente fortement — de 59,2% en six ans en Guyane, où 16 046 demandes restaient en attente fin 2025, tandis que les besoins sont estimés à 4 500 logements livrés chaque année pendant dix ans — alors que la production demeure très éloignée de ces niveaux. À La Réunion, la LBU 2026, portée à 43,5 M€ après un complément de 16,4 M€, reste en baisse de 45% par rapport à 2025.

La FEDOM appelle à soutenir avec force et urgence l’ensemble de l’activité du bâtiment : le logement social, mais aussi le logement intermédiaire et libre, indispensables aux parcours résidentiels, à l’attractivité des territoires et à l’activité économique. Cette relance doit s’appuyer sur une programmation pluriannuelle de la LBU, une visibilité accrue de la commande publique, la mobilisation du foncier et l’adaptation des règles de construction aux réalités ultramarines.

L’effort doit également porter sur les travaux publics, tant les besoins en infrastructures sont criants : routes, réseaux énergétiques, équipements publics, mais surtout eau potable et assainissement. En Guadeloupe, 82% du réseau d’assainissement a plus de quarante ans et un peu plus d’un tiers seulement des effluents parvient aux stations d’épuration.

La situation du logement et des infrastructures révèle plus largement la gravité de la situation économique et sociale des territoires ultramarins. Elle appelle désormais une réaction immédiate : il faut passer des constats aux décisions, relancer les chantiers, préserver les compétences du BTP et investir sans attendre dans les équipements essentiels qui conditionnent la vie quotidienne, l’activité économique et la cohésion sociale.

Voir également : PLF 2027 : les demandes de la FFB pour le bâtiment

Ou encore : ARMOS Martinique, la voix commune du logement social – BÂTISSEURS

PLF 2027 : la FEDOM appelle à prolonger jusqu’en 2034 les aides fiscales à l’investissement outre-mer

Alors que le projet de loi de finances pour 2027 doit prochainement être présenté, la FEDOM appelle le Gouvernement à prolonger jusqu’au 31 décembre 2034 les aides fiscales à l’investissement productif dans les outre-mer. Déjà prorogé jusqu’en 2029, le dispositif offre désormais une visibilité jugée insuffisante pour des projets qui nécessitent souvent trois à quatre ans, voire davantage, avant leur achèvement. Face à des coûts de financement plus élevés et à des conditions bancaires qui se resserrent, la Fédération considère cette prorogation comme indispensable pour sécuriser les investissements, soutenir l’emploi et permettre la réalisation de projets structurants dans les territoires ultramarins. Elle demande que cette mesure figure dès le texte initial du PLF 2027 et appelle les parlementaires à se mobiliser auprès du Gouvernement.

Construction durable en outre-mer : la FEDOM porte l’expertise des territoires

Invitée de l’émission SMART TRENDS consacrée au Forum de la construction durable en outre-mer, Françoise DE PALMAS, secrétaire générale de la FEDOM, a réaffirmé la nécessité de placer les acteurs locaux au cœur de l’évolution des normes et des règles de construction. Valorisation des savoir-faire, recours aux matériaux biosourcés, adaptation des référentiels aux réalités ultramarines et soutien à l’innovation doivent contribuer à lever les freins qui pèsent sur l’activité du BTP. Ces enjeux seront au cœur du Forum organisé par l’Agence qualité construction, du 28 septembre au 1ᵉʳ octobre, dans le cadre de BATIMAT.

LinkedIn : Fédération des Entreprises d’Outre-mer (FEDOM)

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JORF du 11.09.2026

–  Arrêté du 21 août 2026 fixant les dates de scrutin et de la campagne électorale en vue du renouvellement général des membres des chambres de métiers et de l’artisanat et de leurs chambres de niveau départemental