L’ÉDITO

Hervé MARITON
Président de la FEDOM
La FEDOM organise le 10 décembre un colloque « Outre-mer, le cadre institutionnel et juridique au défi de la création de richesses ». Ce n’est pas une question théorique. Le débat institutionnel, la question de l’adaptation du droit, l’évaluation du cadre dans lequel s’exerce effectivement l’initiative économique sont des sous-jacents permanents de la vie des entreprises.
On promeut le cadre européen comme garant d’une sécurité juridique et d’une sérénité du climat des affaires. En même temps, nous revendiquons les adaptations que nos spécificités structurelles justifient. Jusqu’où ? Quand les enjeux institutionnels sont évoqués, la dimension économique est trop souvent oubliée. Les cadres projetés sont-ils établis en s’attachant à une stratégie économique, pour quel avenir des entreprises, quelle trajectoire fiscale, sociale ?
Les enjeux institutionnels ne sont pas l’urgence du moment. Mais nous ne pouvons pas ignorer qu’ils sont, dans plusieurs territoires, régulièrement posés. Que ceux qui les posent, ou ont à en connaître (l’État), n’ignorent pas les acteurs économiques.
DU CÔTÉ DU GOUVERNEMENT

3,68 milliards d’euros pour les Outre-mer en 2027 : Naïma Moutchou a présenté devant la commission des lois le budget de la mission Outre-mer pour l’an prochain
Devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a présenté le budget de la mission Outre-mer pour 2027, qui s’élève à 3,68 milliards d’euros en crédits de paiement, contre 3,36 milliards d’euros en 2026, soit une hausse de 320 millions d’euros (+9,5 %) par rapport à 2026.
COMMENTAIRE FEDOM :
Présentée comme stable, la mission Outre-mer voit ses crédits de paiement progresser de 9 % à périmètre constant, mais ses autorisations d’engagement stagnent (− 0,27 %). Cette hausse sert surtout à solder le passé : les deux tiers des crédits de paiement du programme « Conditions de vie outre-mer » paieront des engagements antérieurs, tandis que ses autorisations d’engagement reculent de 27 % en 2027, puis de 43 % en 2028. L’État règle ses dettes mais lance moins de projets : pour des entreprises dont l’activité dépend parfois à 95 % de la commande publique, à commencer par le BTP, c’est un « trou d’air » qui se prépare pour 2028-2030.
Le logement social en est la première victime : seuls 45 % des crédits de la LBU votés en 2026 ont été notifiés aux territoires, et le délai d’attente d’un logement social est passé de 16 à 20 mois. La FEDOM prend acte de l’engagement de la ministre de maintenir la LBU à 234 M€ et demande qu’il se traduise dans les crédits réellement délégués. La baisse du FCTVA et l’absence de nouveaux contrats de redressement (COROM) fragiliseront par ailleurs la trésorerie des collectivités, alors que la résorption de leurs retards de paiement libérerait 435 M€ pour les entreprises ultramarines.
La LODEOM et l’aide fiscale à l’investissement sont préservées, mais la prolongation du régime d’aides fiscales à l’investissement productif (RAFIP) au-delà de 2029 doit être obtenue dès ce PLF, soit en séance publique de l’Assemblée nationale, soit lors de l’examen au Sénat qui devrait commencer vers le 17 novembre.

Mobilisations dans les Outre-mer : Naïma Moutchou précise les réponses du Gouvernement aux préoccupations des habitants
Après plusieurs jours de mobilisations dans les Outre-mer, la ministre Naïma Moutchou a condamné les violences et précisé, le 23 octobre 2026, les réponses du Gouvernement. Les entreprises et commerces touchés pourront bénéficier de mesures exceptionnelles : activité partielle, report de cotisations sociales, facilités fiscales, prêts à taux zéro jusqu’à 50 000 euros et aides d’urgence. Les Outre-mer profiteront aussi de la baisse du prix du gazole annoncée au niveau national à partir du 1er novembre, tandis que les travaux sur la vie chère reprennent avec les parlementaires et que des actions sont engagées sur l’eau en Guadeloupe, à Mayotte et en Guyane. « C’est sur les résultats que notre action devra être jugée », a affirmé la ministre.

Carburant, eau, commerces : l’exécutif tente de répondre aux revendications des outre-mer
Face aux récentes mobilisations dans les territoires ultramarins, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a détaillé dans un document une série de réponses gouvernementales, du soutien aux commerces touchés à la baisse des prix du carburant.
DU CÔTÉ DU PARLEMENT

« Il est hors de question que les Outre-mer soient à nouveau la variable d’ajustement » : Ryan Persaud, nouveau sénateur de Guyane, dessine sa méthode
Élu au Sénat le 27 septembre 2026, Ryan Persaud (RDPI), plus jeune sénateur de Guyane, siège aux commissions des Affaires économiques et des Affaires européennes. Avec son groupe, il s’est abstenu sur la taxe carbone aux frontières (MACF) et réclame un régime spécifique sans limite de durée pour les régions ultrapériphériques, jugeant insuffisante la dérogation de quatre ans proposée. Il s’oppose à la fusion des enveloppes RUP dans le cadre financier 2028-2034 et s’inquiète de la baisse de 63 % de la LBU l’an dernier. Sur l’évolution statutaire, il privilégie l’article 74 et propose une méthode en trois étapes : audits, traitement des « irritants du quotidien », puis feuille de route avec l’État.

Eau en outre-mer : Jean-Victor Castor justifie son vote contre la proposition de résolution du RN
Le député Jean-Victor Castor explique, le 22 octobre 2026, avoir voté contre la proposition de résolution du Rassemblement national sur les besoins en eau outre-mer, un vote qu’il dit « sans ambiguïté ». Il estime que ce texte, simple déclaration d’intention, n’impose aucune contrainte, ne prévoit ni planification ni investissement et se borne à rappeler un droit déjà couvert par les textes constitutionnels. Il évoque, pour la seule Guadeloupe, des estimations de 150 millions d’euros d’investissement par an pendant 15 ans pour l’eau potable et l’assainissement, des investissements qu’il qualifie d’« extrêmement lourds ».

Santé, Mereana Reid-Arbelot (députée de Polynésie française) obtient un premier feu vert pour 4,2 milliards
La députée de Polynésie française Mereana Reid Arbelot a obtenu mercredi 21 octobre 2026, en commission des finances de l’Assemblée nationale, l’adoption de quatre amendements au projet de loi de finances représentant près de 4,2 milliards de F CFP. Ils prévoient 20 millions d’euros pour les molécules onéreuses en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie, 15 millions d’euros de participation de l’État aux évacuations sanitaires, 22 postes dans les établissements scolaires polynésiens et un fonds de 2 millions d’euros pour les populations déplacées par la montée des eaux. Ces sommes seraient compensées par des baisses sur d’autres programmes, et la députée prévient que « rien n’est encore définitivement acquis ».

Le projet de loi « casseurs-payeurs » déjà durci par les sénateurs
La commission des lois du Sénat a adopté le projet de loi « casseurs-payeurs », présenté en Conseil des ministres le 16 septembre, en le durcissant par une douzaine d’amendements, avant son examen en séance publique le 27 octobre. Le texte instaure une responsabilité civile solidaire des personnes restées sur les lieux après un ordre de dispersion, condamnables à verser jusqu’à 10 000 euros chacune, avec saisie possible de prestations sociales comme les allocations familiales et les APL. Les sénateurs y ont ajouté le RSA, des « drones judiciaires », une peine d’expulsion pour les étrangers condamnés et des peines portées à trois ans de prison et 45 000 euros d’amende pour participation à un groupement violent.

Budget 2027 : Philippe Naillet dénonce les coups de rabot et défend l’emploi réunionnais
Dans le cadre du budget 2027, Philippe Naillet dénonce les coups de rabot citant l’effort de 5,5 milliards d’euros demandé aux collectivités et les réductions d’effectifs envisagées à France Travail. Attaché au maintien de la LODEOM, qu’il juge essentielle à la compétitivité des entreprises réunionnaises et à l’emploi, il défend plusieurs amendements : le rétablissement de 30,69 millions d’euros pour les missions locales, le maintien des exonérations de cotisations des ateliers et chantiers d’insertion, et le rétablissement de 15,13 millions d’euros pour l’insertion et la qualification dans les Outre-mer, notamment via LADOM et le Service militaire adapté.

Les députés guadeloupéens somment l’État et les élus d’ouvrir le dialogue avec Nou Las Palé
Les députés Christian Baptiste, Élie Califer, Max Mathiasin et Olivier Serva appellent le préfet Thierry Devimeux, les présidents de Région et de Département, Ary Chalus et Guy Losbar, ainsi que le président de l’association des maires, Jocelyn Sapotille, à rencontrer « très rapidement » le collectif « Nou Las Palé ». Alors que la Guadeloupe est secouée depuis plusieurs jours par un mouvement de contestation sur le pouvoir d’achat et les difficultés des entreprises, marqué par des barrages puis des pillages et dégradations de commerces, ils jugent que la réponse ne peut être uniquement sécuritaire. Ils proposent d’associer à ce dialogue les organisations syndicales, étudiantes et lycéennes ainsi que les acteurs économiques et associatifs, car « la crise ne peut trouver de solutions que dans l’apaisement et le dialogue ».
VIE DES TERRITOIRES

Nouvelle-Calédonie : « L’Europe est un allié pour construire votre avenir » a assuré Stéphane Séjourné devant le Congrès
Le vice-président de la Commission européenne chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle, Stéphane Séjourné, s’est exprimé le 19 octobre devant le Congrès de Nouvelle-Calédonie, lors d’un déplacement de quatre jours marqué par la signature, le 20 octobre, d’un partenariat sur les matières premières. Il a présenté l’Union européenne comme un « partenaire de votre développement économique », citant 3,8 milliards de francs CFP engagés depuis 2023 pour la transition énergétique et 600 millions pour la formation et l’insertion. Sur le nickel, l’Europe veut rapprocher producteurs calédoniens et acheteurs européens. Kanaky NC, qui dénonce « l’abandon de notre souveraineté minière », n’a pas assisté à l’allocution.

Vie chère en Martinique : le protocole d’objectifs et de moyens ne parvient pas à réduire les prix
Signé après la mobilisation de 2024, le protocole de lutte contre la vie chère en Martinique visait une baisse de 20 % des prix sur 6 000 produits, grâce à quatre leviers. Deux ans plus tard, seuls deux ont été activés, la baisse de l’octroi de mer et celle de la TVA, et la baisse mesurée fin 2025 n’atteint que 11 % en moyenne, selon Patrick Plantard, président des Observatoires des prix, des marges et des revenus des Antilles-Guyane. Les deux autres leviers, sur les frais d’approche et les tarifs export, n’ont toujours pas été mis en œuvre par l’État. L’association de consommateurs FASONES Martinique relève même une hausse de 2,5 % des prix des produits du protocole, « deux fois plus que l’inflation ».

Industrie, numérique, liaisons maritimes : Nassir Goulamaly, Président directeur-général du groupe Océinde, veut faire des Outre-mer « des laboratoires de l’industrie de demain »
Dans un entretien publié le 19 octobre 2026, Nassir Goulamaly, PDG du groupe réunionnais Océinde, fondé en 1970, plaide pour faire des Outre-mer « des laboratoires de l’industrie de demain ». Il demande à l’État de faire pression sur Orange, dont le projet de réseau propre à Mayotte menacerait l’équilibre économique de la délégation de service public de Mayotte THD, et souhaite que La Réunion devienne un hub numérique international doté de deux câbles sous-marins supplémentaires. Il propose trois lignes maritimes régionales, dont une liaison directe avec l’Hexagone via le port de Sète, et appelle à la stabilité des dispositifs comme l’octroi de mer.

Prêt Relance : 10,5 millions d’euros supplémentaires pour les entreprises réunionnaises
La Région Réunion ajoute trois millions d’euros au Prêt Relance géré par Bpifrance. Grâce à un effet multiplicateur, la capacité totale du dispositif passe de 14 à 24,5 millions d’euros.

Nouvelle-Calédonie : démission du Président de l’Autorité de la concurrence
Le gouvernement calédonien dirigé par Milakulo Tukumuli a annoncé la démission de Stéphane Retterer, président de l’Autorité de la concurrence de la Nouvelle-Calédonie (ACNC), selon un article publié le 21 octobre 2026. Cette démission, sans conditions, prendra effet le 31 décembre, après une grève suivie par plus de 80 % des agents à l’appel du syndicat La Fédé, qui réclamait son départ et faisait état de risques psychosociaux pour les trois quarts du personnel. Les grévistes dénonçaient aussi des atteintes à l’indépendance du service d’instruction. Le gouvernement, qui prépare une réforme de l’autorité, assure qu’il veillera à la continuité de ses missions.
Lire également: https://voixducaillou.nc/2026/10/23/la-feinc-reclame-la-dissolution-de-lautorite-de-la-concurrence/

Tensions en Guadeloupe : « C’est tous ensemble que nous devons apporter des solutions », plaident les acteurs économiques
Le travail a commencé, pour que l’économie locale ne souffre plus, pour qu’au contraire elle redémarre, après 10 jours de blocages et de pertes sèches, pour qu’elle s’épanouisse. Les acteurs économiques de la Guadeloupe étaient conviés par le préfet à venir évoquer des solutions. Mais tous n’étaient pas autour de la table.
Lire également : https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/carburant-eau-vie-chere-les-elus-guadeloupeens-interpellent-l-etat-sur-les-urgences-du-territoire-1750779.html

La Région Réunion et Bpifrance renforcent leur soutien au développement des entreprises grâce au Prêt Relance, à hauteur de 3 millions d’euros
Le 22 octobre 2026, la Région Réunion et Bpifrance ont signé un avenant au Prêt Relance La Réunion. La Région y réinjecte 3 millions d’euros, qui doivent générer 10,5 millions d’euros de financements supplémentaires pour les TPE et PME de l’île. La capacité totale du dispositif est ainsi portée à 24,5 millions d’euros. Lancé en août 2024 pour les entreprises de plus de trois ans, ce prêt de 20 000 à 300 000 euros, sur cinq ou sept ans avec un différé de remboursement, vient compléter un financement bancaire. Au 30 juin 2026, 148 prêts avaient été accordés, pour 13,54 millions d’euros, soit 97 % de l’enveloppe initiale.

Route du Rhum 2026 : la Guadeloupe « vise 30 à 35 millions d’euros de retombées», indique Jean-Claude Nelson vice-président de la Région Guadeloupe
Partenaire majeur de la course, la Région Guadeloupe a déployé un pavillon de 950 m² et 47 entreprises sur le village de Saint-Malo. Interrogé par Outremers 360 à Saint-Malo, le vice-président du conseil régional de la Guadeloupe, Jean-Claude Nelson, vise entre 30 et 35 millions d’euros de retombées pour cette 13e édition, une estimation en hausse par rapport à la précédente édition.

Lutte contre les sargasses : le Sargajet, cette invention martiniquaise qui pourrait tout changer
Développé par la startup Sargawatt, le « SargaJet » est un système breveté de collecte des algues fraîches en mer. Peu coûteux, mobile et rechargeable, cet outil pourrait faciliter le ramassage et multiplier les capacités d’intervention.

Budget 2027 en Nouvelle-Calédonie : entre réduction des dépenses et relance économique, la province Sud cherche le « juste équilibre »
Le 22 octobre, l’exécutif de la province Sud a présenté ses orientations budgétaires 2027, avant un vote du budget prévu le 3 décembre. L’assiette de répartition devrait passer de 115 milliards de francs en 2023 à 101 milliards en 2027, tandis que les émeutes de 2024 ont fait perdre environ 11 milliards de recettes fiscales à la province. La trajectoire 2027-2029 prévoit deux milliards de francs d’économies de fonctionnement, qui toucheraient selon la présidente Sonia Backès le sanitaire, le social et l’éducatif, l’enveloppe d’investissement restant fixée à 12 milliards. L’opposition s’inquiète notamment de l’instabilité politique nationale, qui menace l’adoption de la loi de finances et l’aide de 55 milliards de francs obtenue par la délégation transpartisane.

Commerce aux Antilles : l’insécurité et les émeutes accélèrent le déclin des centres-villes
En Guadeloupe et en Martinique, le commerce traditionnel subit une crise profonde. Pouvoir d’achat contraint, hausse des charges, concurrence des plateformes numériques et des zones commerciales périphériques fragilisent les boutiques. À ces difficultés s’ajoutent l’insécurité, les émeutes et les pillages, qui précipitent leur déclin. Au-delà de Pointe-à-Pitre et de Fort-de-France, les autres communes sont également menacées.
Lire également : https://www.martinique.franceantilles.fr/actualite/economie/les-commercants-redoutent-une-saison-des-croisieres-a-quai-1096963.php
VIE DES ADHÉRENTS

Crise économique en Guadeloupe : des mesures exceptionnelles pour soutenir les entreprises et préserver les emplois
Dans un communiqué du 24 octobre 2026, Guadeloupe Économique, qui réunit la CCI des Îles de Guadeloupe, les chambres consulaires, le MEDEF, l’UDE, l’UMIH et d’autres organisations professionnelles, rend compte d’une réunion convoquée par le préfet après les blocages, pillages et incendies qui ont frappé le territoire. Les dégâts directs sont estimés à près de 10 M€ et les pertes d’activité à environ 30 M€, avec des chiffres d’affaires en baisse de 25 % à 50 %. Plusieurs mesures sont annoncées : activité partielle prise en charge à 100 % par l’État pour les entreprises de moins de 250 salariés, report des cotisations patronales jusqu’à 12 mois, étalements fiscaux sans pénalités, prêts à taux zéro jusqu’à 50 000 € avec Bpifrance et cellules de crise pour accélérer le paiement des créances publiques. L’objectif est d’« éviter que cette crise ne se traduise par des suppressions d’emplois ».

TRIBUNE. Les Outre-mer, sentinelles de la République, par Joseph Kaiha, président de l’ACCD’OM
Dans une tribune publiée le 23 octobre 2026, Joseph Kaiha, président de l’Association des communes et collectivités d’Outre-mer (ACCD’OM), estime que les Outre-mer sont le « poste avancé » de la République. Selon lui, les crises y apparaissent d’abord, avant de toucher l’Hexagone : vie chère, dérèglement climatique, vieillissement, narcotrafic. Il rappelle que la grève générale de 2009 en Guadeloupe a précédé le mouvement des Gilets jaunes, et que la part des plus de 60 ans en Martinique est passée de 24 % à 36 % en dix ans. Il appelle l’État à traiter ces territoires comme des « sentinelles » : analyser chaque signal d’alerte qui y apparaît, étendre à tout le pays les solutions qui y réussissent, comme le Service militaire adapté, et couvrir systématiquement les onze territoires dans les enquêtes nationales.

Florian Catté, la LODEOM comme outil de gestion
Le Pélican publie un entretien avec Florian Catté, cofondateur du cabinet BCD Conseils, spécialisé dans l’optimisation des cotisations sociales, consacré à la LODEOM, dispositif d’exonération dont le fonctionnement « reste un enjeu majeur pour les entreprises des Îles du Nord » alors qu’une réforme se profile.

LODEOM : la CEM sensibilise les entreprises de l’île
Le 15 octobre, la Chambre économique multiprofessionnelle (CEM) de Saint-Barthélemy a réuni chefs d’entreprise et comptables pour les alerter sur les menaces qui pèsent sur la LODEOM, dispositif d’exonération de charges patronales qu’elle juge essentiel à l’emploi local. Les îles du Nord bénéficient depuis 2019 d’un régime spécifique. Sa suppression avait été envisagée dans le budget de la Sécurité sociale pour 2026, avant d’être abandonnée, et deux rapports, dont celui du député Christian Baptiste, proposent aujourd’hui de le fusionner avec celui des DOM ou de le simplifier. Pour l’avocate Sandrine Jaboulay Delahaye, la logique est simple : « Je vous augmente vos charges, vous pouvez moins embaucher ». Le président de la CEM, Jérémy Laplace, appelle à « rester vigilant ».

Prix des carburants : Les Outre-mer « ne peuvent pas être les laissés-pour-compte » prévient l’ACCIOM
L’Association des CCI d’Outre-mer (ACCIOM) a saisi le Premier ministre, la ministre des Outre-mer et les parlementaires ultramarins pour dénoncer l’oubli des territoires ultramarins dans la mobilisation exceptionnelle des stocks stratégiques de gazole, annoncée pour faire baisser les prix à la pompe dans l’Hexagone à partir du 1er novembre 2026. Elle juge « difficilement compréhensible » l’éventuelle exclusion de La Réunion et rappelle que, faute d’alternatives de transport, la voiture reste indispensable à de nombreuses familles. L’ACCIOM demande de préciser le traitement de chaque territoire et, à défaut, un mécanisme adapté produisant un effet équivalent sur les prix réglementés des DROM.

En Guadeloupe, le port et l’aéroport au cœur des stratégies de corruption des narcotrafiquants
L’île, parmi les mauvais élèves en matière de corruption, doit faire face à une pression très forte de la part de réseaux de narcotrafic. Principaux vecteurs du transport de cocaïne, le grand port maritime et l’aéroport sont accompagnés par l’Agence française anticorruption.

Traiter les causes des violences : pour une conférence territoriale permanente, affirme le MEDEF Réunion
Le MEDEF Réunion condamne les violences des nuits du 17 au 18 octobre, tout en reconnaissant la légitimité de la colère contre la vie chère. Face à une pauvreté qui touche plus d’un Réunionnais sur trois et à l’essence à 2 euros le litre, il appelle à traiter les causes de la crise. Le patronat propose de réunir sans attendre l’État, les collectivités, les partenaires sociaux et la société civile dans une conférence territoriale permanente, afin de construire des réponses concrètes et de renforcer les capacités économiques de La Réunion.

Le groupe CDC Habitat et la SIM inaugurent de nouveaux logements à Coconi
Le groupe CDC Habitat et sa filiale, la Société immobilière de Mayotte (SIM), ont inauguré la troisième tranche de la résidence « Les Palmiers » à Coconi, dans la commune de Ouangani. L’opération compte 45 logements mixtes, dont 22 locatifs très sociaux, pour un investissement d’environ 10 millions d’euros, sur un site appelé à accueillir à terme plus de 160 logements et une école. Le président du directoire de CDC Habitat, Clément Lecuivre, a annoncé que la SIM livrera « environ 500 logements par an » sur les dix prochaines années, pour 1,2 milliard d’euros. Au 30 septembre 2026, les travaux avaient démarré pour 1 672 logements touchés par le cyclone Chido.

La CCI de La Réunion met en place une cellule d’écoute et d’accompagnement pour les commerces dégradés par les violences urbaines
Pendant le week-end, les violences urbaines ont éclaté sur l’île. Des commerces ont été pillés à Saint-Denis notamment, un autre totalement détruit à la Possession. Le président de la Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion, Pierrick Robert a mis en place une cellule d’écoute et d’accompagnement des entreprises touchées avec un numéro dédié.
VIE DES PARTENAIRES

Le CESE national à l’écoute des difficultés économiques et sociales de Mayotte
Claire Thoury, présidente du CESE, a rencontré les membres du CESEM lors d’une visite officielle à Mayotte du 18 au 20 octobre 2026. Son président, Abdou Dahalani, a rappelé des difficultés récurrentes en matière d’accès aux soins, d’eau potable, de logement et de sécurité alimentaire. Selon le président de la CAPAM, Said Anthoumani, seuls 1,1 % des exploitants agricoles ont moins de 30 ans, contre 79 % âgés de 50 ans et plus, tandis que le président de la CSSM estime la retraite moyenne entre 200 et 300 euros. « Mayotte, c’est la France », a déclaré Claire Thoury, qui a annoncé des travaux du CESE sur la transmission des exploitations.
ÉVÈNEMENTS FEDOM

La FEDOM organise le 10 décembre un colloque au CESE : « Outre-mer : le cadre institutionnel et juridique au défi de la création de richesses »
Le jeudi 10 décembre 2026, la FEDOM organisera au Conseil économique, social et environnemental (Palais d’Iéna, Paris) un colloque consacré aux conditions juridiques et institutionnelles qui permettent à un territoire ultramarin de créer de la richesse et de devenir attractif, avec le cabinet TACTICS, la Fondation Concorde et l’Université de la Polynésie française. Partant du principe que la manière d’exercer un statut compte davantage que le statut lui-même, les échanges s’appuieront sur une comparaison avec d’autres territoires insulaires, en France et à l’étranger. Deux tables rondes iront du constat à l’action : la première sur « la création de richesses dans l’histoire des Outre-mer », la seconde sur les « leviers de la création de richesses de demain ». Élus, chefs d’entreprise, juristes, économistes et témoins de territoires étrangers y interviendront.
RAPPORTS, ÉTUDES, AVIS

Micro-entrepreneurs : l’État veut-il mettre fin à un statut devenu indispensable à La Réunion ?
Dans un rapport sur l’avenir des micro-entrepreneurs, l’IGF et l’IGAS envisagent notamment de limiter ce régime à trois ans, ou de plafonner ensuite le chiffre d’affaires à 10 000 ou 15 000 euros par an. Le sujet est sensible à La Réunion, où les micro-entreprises représentent près de 64 % des créations d’entreprises au deuxième trimestre 2026 (2 550 sur 3 960) et où le chômage atteint 18,8 %. Les micro-entrepreneurs y bénéficient aussi de taux de cotisations réduits, jusqu’à six fois moins élevés qu’en métropole au démarrage. Le rapport ne chiffre pas l’impact d’une telle réforme pour les Outre-mer, et aucune piste n’a pour l’instant été retenue.
Lien vers le rapport : https://www.igas.gouv.fr/evaluation-du-regime-des-micro-entrepreneurs

Martinique : des finances communales saines, mais un investissement encore limité, selon l’Observatoire des communes de l’AFD
Présentée le 22 octobre 2026 à Fort-de-France, la sixième édition de l’Observatoire des communes de l’AFD analyse les comptes 2025 des 34 communes et des trois intercommunalités de Martinique. Leurs finances sont jugées saines : la dette des communes, de 325 millions d’euros, pourrait être remboursée en 5,5 ans avec leur seule épargne, bien en deçà du seuil d’alerte de 12 ans. Leur effort d’investissement reste pourtant modeste. Elles investissent 18 euros pour 100 euros de recettes, contre 26 euros à La Réunion, 31 en Guyane et 33 dans l’Hexagone, et ne financent qu’environ 30 % de leurs investissements sur leurs ressources propres. Pour Guillaume Chiron, directeur de l’AFD en Martinique, les collectivités « disposent de vrais leviers pour investir ».

Saint-Martin : un tourisme en progression mais d’importants défis structurels à relever, selon le rapport annuel de l’IEDOM
Dans son rapport annuel 2025, l’IEDOM présente le tourisme comme le principal moteur de l’économie de Saint-Martin, avec 2,6 millions de visiteurs sur l’île (+15,7 %), portés par les croisières (1,6 million de passagers) et le trafic aérien (963 159 passagers). L’emploi salarié atteint un niveau historique de 8 119 salariés fin 2025 (+5,3 %), alors que le recensement de 2023 faisait état d’un taux de chômage de 27 %. L’encours de crédits progresse de 7,1 %, à 518,6 millions d’euros. Pour 2026, l’institut anticipe une poursuite de la reprise touristique, mais alerte sur les besoins en eau, en énergie et en logement ainsi que sur le niveau élevé des prix.

Martinique. Logement social : le plan de relance à l’épreuve des délais
Le 30 septembre 2026, le comité de pilotage du plan de relance du logement social en Martinique a fait le point avec le préfet, la DEAL, les bailleurs sociaux, la filière BTP et les chambres consulaires. Le bilan est jugé encourageant, mais le niveau de réalisation reste insuffisant. Seules 16 des 52 opérations ont démarré, pour plus de 100 millions d’euros de travaux, et 30 restent à lancer, dont 13 auraient dû l’être dès le deuxième trimestre. Lenteur de passation des marchés publics, recours contentieux : les retards s’accumulent, au point que certaines réhabilitations financées dès 2017 n’ont toujours pas commencé. L’objectif est de lancer tous les travaux d’ici février 2027.
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