L’ÉDITO

Hervé MARITON
Président de la FEDOM
Des manifestations contre la vie chère qui honteusement tournent des émeutes. Partout en France. Les Outre-mer ont connu cela plus tôt, redoutable préséance. L’augmentation du prix de l’essence serait un déclencheur ? Peut-être une étincelle. La vérité est que les Français, en métropole comme Outre-mer, n’ont pas le niveau de vie auquel ils aspirent. Parce que notre pays décroche. Parce que dans ce décrochage, les territoires les plus en difficultés souffrent encore plus.
Des chèques, des primes exceptionnelles ont permis, dans le passé, de sortir de crises dures, Outre-mer comme en métropole. Sans rien régler pour l’avenir, sans contribuer à une plus grande prospérité collective, au contraire. De toute manière, aujourd’hui, d’où viendrait l’argent pour payer les chèques ?
Il n’y aurait pas de solution ? Si : comprendre que l’urgence est celle d’un sérieux coup de collier pour travailler davantage, innover davantage, produire davantage. Le niveau de productivité est trop faible en France et Outre-mer aussi. Alors la France est passée sous la moyenne de richesse par habitant des pays européens, pays de l’Est compris. Nous avons eu des taux de croissance les plus faibles de l’OCDE.
Les maux qui affectent la France aggravent la situation Outre-mer, compliquent sûrement la recherche de solutions, soyons-en conscients. Les choix à venir de politique économique nous impacteront évidemment.
Les richesses – même quand il s’agit de les partager – ne tombent pas du ciel. Il faut les créer.
Tel est le sens des propositions auxquelles travaille la Fedom pour les élections présidentielles. Qu’elles soient l’occasion d’enclencher Outre-mer une nouvelle dynamique de création de richesse, d’innovation, de production de biens et de services, de mobilisation des ultramarins. Les entreprises sont une clef ; que le prochain président nous entende !
DU CÔTÉ DU GOUVERNEMENT

Baisse du prix du gazole : des dispositifs adaptés annoncés pour les Outre-mer
Alors que le gouvernement prévoit une baisse du prix du gazole pouvant atteindre 18 centimes par litre dans l’Hexagone dès le 1er novembre, Sébastien Lecornu annonce des dispositifs adaptés pour les Outre-mer, où les contraintes d’approvisionnement sont différentes. Les modalités concrètes de leur mise en œuvre restent à préciser.
Voir également : « Nous sommes les grands oubliés » du dispositif carburant, regrette la FRBTP

PLFSS 2027 : rejeté en commission, le budget de la Sécurité sociale arrive dans l’hémicycle
Le 16 octobre, la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a rejeté le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027. Ce rejet n’a pas de conséquence directe sur la procédure : les députés examineront le texte initial du Gouvernement en séance publique à partir du mardi 20 octobre. Le Gouvernement vise un déficit de la Sécurité sociale ramené à 12,7 Md€ en 2027, contre 21,8 Md€ en 2026. Les députés ont toutefois supprimé de nombreux articles en commission, dont la désindexation des retraites supérieures à 1 260 € et la mesure visant à réduire les allègements de cotisations sociales dont bénéficient les entreprises. Selon le rapporteur général Thibault Bazin, ces modifications porteraient le déficit à 21,4 Md€, la commission ayant « tiré à blanc ».
COMMENTAIRE FEDOM :
Pour les entreprises ultramarines, l’essentiel est préservé à ce stade : le PLFSS ne remet pas en cause la LODEOM sociale, premier soutien à l’emploi privé dans les Outre-mer. La FEDOM reste toutefois vigilante sur trois points du débat en séance :
– La réforme de la RGDU : le texte modifie l’assiette, le seuil de sortie et le coefficient de l’allègement général de cotisations, et le Gouvernement souhaite prolonger le gel des allègements décidé en 2026. Les entreprises ultramarines qui appliquent la RGDU, notamment celles qui ne relèvent pas des exonérations LODEOM, seront directement concernées ;
– Mayotte : la FEDOM se félicite du report des délais du dispositif d’étalement et d’effacement des dettes sociales nées du cyclone Chido, pour lequel elle s’était mobilisée. Elle salue aussi l’extension à Mayotte et à Saint-Pierre-et-Miquelon de la déduction de cotisations patronales sur les heures supplémentaires.
– La stabilité : dans un contexte parlementaire incertain, les entreprises ont besoin que les règles applicables en 2027 soient connues et durables. La FEDOM sera attentive à ce qu’aucun amendement de séance ne vienne fragiliser l’équilibre des dispositifs ultramarins.
DU CÔTÉ DU PARLEMENT

La mobilisation lycéenne en Outre-mer s’invite à l’Assemblée nationale
La colère des lycéens ultramarins a été portée à l’Assemblée nationale lors des questions au gouvernement. Députés et ministres ont pointé la vétusté du bâti scolaire, les difficultés d’accès aux établissements, le coût de la restauration et les inégalités persistantes entre territoires. Le gouvernement a annoncé un examen des projets de rénovation territoire par territoire et de nouveaux investissements, notamment à Mayotte.
Voir également : La CTM débloque 13 millions d’euros pour des rénovations d’urgence dans les lycées
Ou encore : Le gouvernement sommé de présenter un plan de rattrapage financier pour les Outre-mer

Logement Outre-mer : Naïma Moutchou défend le maintien de la LBU à 234 millions d’euros
Interpellée le 13 octobre à l’Assemblée nationale par le député guyanais Jean-Victor Castor (GDR), la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a défendu le maintien des crédits de la ligne budgétaire unique (LBU) à 234 millions d’euros dans le projet de loi de finances pour 2027, au même niveau qu’en 2026. Elle précise que les crédits consacrés au logement à Mayotte sont désormais inscrits dans un programme budgétaire distinct et confirme le maintien des dispositifs de défiscalisation et de crédits d’impôt, représentant 350 millions d’euros. La ministre indique également travailler à la mobilisation de financements complémentaires d’ici la fin de l’année 2026, alors que les besoins en logements et les inquiétudes des acteurs du logement social et de la construction demeurent importants.

Avenir institutionnel de la Polynésie française : l’État privilégie le dialogue direct avec les élus
Interpellé au Sénat par Édouard Fritch (LR, Polynésie française) sur le projet de déclaration unilatérale d’indépendance porté par Oscar Temaru, le gouvernement réaffirme que l’avenir institutionnel de la Polynésie française doit se discuter directement entre l’État et les élus du territoire. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a annoncé que les élus polynésiens seraient conviés à Paris avant la fin de l’année pour poursuivre les échanges, sans intervention des Nations unies.

Onze sénateurs ultramarins demandent que les Outre-mer soient intégrés aux campagnes nationales d’information
Dans une tribune publiée le 15 octobre, onze sénateurs ultramarins demandent à l’État de cesser d’exclure les Outre-mer des grandes campagnes nationales d’information. La tribune est portée par le club Outre-mer de l’AACC et par le Syndicat des professionnels de l’audiovisuel des départements d’Outre-mer (SPADOM), adhérent de la FEDOM. Elle intervient alors que le Gouvernement réforme la communication de l’État, avec un budget de 700 M€ et 300 M€ d’économies annoncées. Les signataires proposent d’abord une enveloppe dédiée aux Outre-mer, au moins égale à leur poids démographique, soit près de 4 % de la population et un minimum de 28 M€, et publiée chaque année territoire par territoire. Ils demandent aussi que les médias ultramarins soient obligatoirement intégrés aux achats d’espaces publicitaires nationaux, et que les acteurs locaux de la communication soient associés aux nouvelles structures de l’État. Car, rappellent-ils, « informer tous les citoyens de la République, où qu’ils vivent, n’est ni une faveur ni une option budgétaire ».
COMMENTAIRE FEDOM :
La FEDOM apporte son plein soutien à cette tribune, portée notamment par son adhérent, le SPADOM. Une campagne qui ne touche pas 2,8 millions de citoyens n’est pas pleinement nationale. Quand il s’agit d’alerter sur un risque sanitaire ou climatique, ou d’informer sur un droit, l’omission des Outre-mer est une véritable rupture d’égalité. Les efforts d’économies sont légitimes, mais ils ne peuvent pas se faire au détriment des territoires déjà les moins bien informés.
Cette demande illustre ce que la FEDOM appelle un « réflexe Outre-mer » : intégrer les réalités ultramarines dès la conception de toute politique publique, plutôt que de les ajouter, au mieux, après coup. Elle a aussi une dimension économique. Les agences, producteurs, régies et médias ultramarins forment un tissu d’entreprises locales créatrices d’emplois et de contenus de proximité. Les associer à la communication de l’État, c’est garantir des messages mieux adaptés et soutenir une filière déjà fragilisée, à l’heure où le PLF 2027 propose aussi de quadrupler la TVA sur les abonnements de télévision dans les DROM. Dans des marchés étroits, cette filière ne peut pas être une variable d’ajustement.
DU CÔTÉ DE L’UNION EUROPÉENNE

Budget européen : les RUP réclament une garantie de financement
À l’approche des négociations sur le cadre financier pluriannuel 2028-2034, les élus ultramarins demandent l’insertion d’un mécanisme de sauvegarde garantissant à chacune des neuf régions ultrapériphériques une enveloppe européenne au moins égale à celle de la programmation 2021-2027. Ils appellent également à préserver l’article 349 du TFUE, à maintenir des taux de cofinancement adaptés et à ne pas diluer le POSEI dans les plans nationaux et régionaux.
L’enjeu est de taille : la proposition initiale de la Commission fait disparaître les instruments dédiés aux RUP (POSE, FEDER, FSE et autres allocations) au profit d’une intégration dans les plans de partenariat nationaux et régionaux. Le Sénat estime que le montant minimal de 3,7 Md€ prévu pour les régions moins développées ne constitue pas une garantie suffisante pour les RUP françaises.

Younous Omarjee veut protéger les aides aux Outre-mer : « Nous sommes à l’offensive »
Dans un message adressé à la conférence d’Eurodom, le 13 octobre à Bruxelles, le vice-président du Parlement européen a défendu une ligne de mobilisation pour les régions ultrapériphériques. Exemption du mécanisme carbone, renforcement du POSEI, protection des financements et avenir de l’octroi de mer : il met en avant les avancées parlementaires tout en appelant à obtenir des garanties dans les négociations.
VIE DES TERRITOIRES

ITSO : la France défend la couverture satellitaire de l’outre-mer et s’inquiète pour Intelsat 18
L’ANFR a représenté la France à la 42e assemblée des Parties de l’Organisation internationale de télécommunications par satellite (ITSO), du 29 septembre au 2 octobre à Washington. Au cœur des débats : le maintien des obligations de service public d’Intelsat depuis son rachat par SES.

Vie associative en Outre-mer : donner aux associations les moyens d’agir
Le Mouvement associatif publie un plaidoyer consacré aux associations ultramarines, fruit d’une dynamique collective réunissant des organisations nationales et territoriales. Il formule 18 propositions autour de cinq priorités : coopération avec les pouvoirs publics, engagement local, simplification administrative, développement de l’emploi associatif et sécurisation des financements. Au-delà du diagnostic – fragilité des ressources, accès difficile aux cofinancements et complexité des procédures -, le texte rappelle le rôle décisif des associations dans la cohésion sociale, l’accès aux droits et le développement des territoires. Sa mise en œuvre devra désormais se traduire par des moyens durables et des réponses adaptées aux réalités propres de chaque territoire ultramarin.

Outre-mer : réhabiliter l’existant pour bâtir des territoires résilients
Les 11ᵉˢ Journées nationales de l’architecture, qui se sont tenues du 15 au 18 octobre sur le thème « Réhabiliter : bâtir l’avenir », ont mis les territoires ultramarins au cœur des réflexions sur la transition du bâti. De la Guyane à La Réunion, en passant par la Martinique, Mayotte, Saint-Martin et la Polynésie, les rendez-vous ont montré que la réhabilitation de l’existant, le réemploi des matériaux et l’adaptation aux contraintes climatiques constituent des leviers essentiels de sobriété foncière, de résilience et de valorisation des savoir-faire locaux.

Guadeloupe – Jacques Fayel, élu président de Sikoa, filiale immobilière d’Action Logement
Entrepreneur ancré dans le tissu économique et social guadeloupéen, Jacques Fayel succède à Thierry Romanos à la tête de SIKOA. Il affiche une feuille de route orientée vers l’accélération : renforcer la capacité d’action de la structure, améliorer la qualité de service aux locataires et innover dans les solutions de logement adaptées aux réalités du territoire.
COMMENTAIRE FEDOM :
La FEDOM adresse ses chaleureuses félicitations à Jacques Fayel, vice-président de l’UDE-MEDEF Guadeloupe et administrateur de la FEDOM. Il est un membre actif de nos débats, notamment sur le logement et la construction. Son élection à la tête de SIKOA intervient à un moment décisif pour le logement social ultramarin, alors que les crédits de la ligne budgétaire unique ne cessent de reculer face à des besoins considérables. La FEDOM sait pouvoir compter sur son engagement pour défendre une politique du logement à la hauteur des enjeux, au service des habitants comme des entreprises du BTP.
La FEDOM tient également à remercier chaleureusement Thierry Romanos, ancien président de l’Union sociale pour l’habitat des Outre-mer (USHOM), qui a porté avec conviction la cause du logement social ultramarin.

Guadeloupe : Les élus écrivent à Emmanuel Macron et à Sébastien Lecornu pour réclamer un moratoire exceptionnel sur les dettes fiscales et sociales des entreprises
Le président de Région Ary Chalus, le président du Département Guy Losbar, les parlementaires, l’Association des maires et les présidents d’intercommunalités de Guadeloupe ont écrit ensemble à Emmanuel Macron et à Sébastien Lecornu. Ils demandent l’inscription, dans le PLF et le PLFSS pour 2027, d’un dispositif exceptionnel d’un an : la suspension des procédures de recouvrement forcé des dettes fiscales et sociales, des plans d’étalement adaptés à chaque entreprise et la remise possible des majorations et pénalités pour les entreprises viables. « Ce soutien n’est en aucun cas une annulation de dette », précisent-ils. Leur démarche intervient dans un contexte de blocages et de difficultés structurelles, alors que les défaillances d’entreprises ont progressé de 29 % en un an selon l’IEDOM.

Mayotte – La filière des briques de terre comprimée s’industrialise
À Kawéni, Terre & Eau dispose depuis mai 2026 d’une nouvelle chaîne industrielle de fabrication de briques de terre comprimée (BTC). Avec une production moyenne de 2 300 unités par jour, la filière mahoraise renforce ses capacités, portée par la demande en matériaux locaux et de nouvelles perspectives d’investissement.

Nickel calédonien : un partenariat européen encore à concrétiser
En visite en Nouvelle-Calédonie, Stéphane Séjourné présente le futur mémorandum d’entente entre l’Union européenne et le territoire comme un signal destiné à attirer des investisseurs et à structurer des chaînes de valeur locales, notamment autour du nickel. Le texte, dont la signature était prévue le 20 octobre, vise à rapprocher les projets calédoniens des besoins européens en matières premières stratégiques et à développer la transformation sur place.
Sa portée reste toutefois limitée à ce stade : le mémorandum ne comporte ni engagement financier, ni commande garantie, ni projet industriel précis. Une feuille de route devra être élaborée dans les six mois suivant la signature, tandis que plusieurs élus et acteurs indépendantistes réclament des garanties concrètes sur les usines, l’emploi et les retombées locales.
Voir également : Nickel calédonien : entre la France, l’UE et la Chine, l’enjeu du contrôle de la ressource | Les Nouvelles Calédoniennes
Ou encore : Nickel : le contrôle de la ressource au cœur de la visite de Stéphane Séjourné – Outre-mer La 1ère et Nickel : un accord avec l’Europe, sur fond de désaccord politique
Mais aussi : L’État au chevet du minier Eramet, sans aller jusqu’à la nationalisation – Outre-mer La 1ère

Aurore Klepper, directrice de la French Tech Nouvelle-Calédonie, veut connecter les start-ups calédoniennes au Pacifique et à l’international
À la tête de la French Tech Nouvelle-Calédonie, qui rassemble aujourd’hui 52 start-ups membres actives et anime un écosystème d’environ 100 start-up et scale-up à l’échelle du territoire, Aurore Klepper défend une conviction : dans un territoire marqué par l’insularité, l’éloignement et les difficultés économiques, l’innovation peut être un levier de rebond. Un écosystème qui représente déjà environ 250 emplois directs et dont 60 % des start-up membres sont en phase d’accélération.

« La Réunion nous permet de rayonner dans l’Océan Indien » : au cœur de la mission Pégase 26 avec l’armée
Après plus de quarante jours de déploiement autour du globe, les appareils de la mission Pégase 26 ont fait escale à La Réunion, illustrant le rôle stratégique de l’île dans le dispositif militaire français en Indo-Pacifique. Rafale, avion ravitailleur A330 MRTT et A400M : cette projection aérienne de grande ampleur met en lumière les capacités de déploiement des armées françaises et l’importance de la base aérienne 181 comme point d’appui opérationnel dans l’océan Indien. Une présence qui contribue également à renforcer les coopérations régionales et à affirmer le positionnement stratégique des Outre-mer dans la défense des intérêts français.

La Réunion et Madagascar veulent créer des séjours combinés
La Région Réunion et l’Office national du tourisme de Madagascar engagent des travaux pour proposer, à partir de 2027, des voyages associant les deux destinations. L’objectif est de diversifier l’offre touristique régionale, de renforcer la coopération entre professionnels et de s’appuyer sur les liaisons aériennes de l’océan Indien. La démarche pourrait ensuite être étendue aux autres destinations des îles Vanille, dont Maurice, les Seychelles, les Comores et Mayotte.
VIE DES PARTENAIRES

AFD en Guyane : des investissements pour les services essentiels
L’AFD publie une synthèse de ses projets phares en Guyane, centrée sur l’énergie renouvelable, la connectivité numérique, l’eau, l’assainissement et les infrastructures urbaines. Parmi les opérations soutenues figurent le câble sous-marin Lum@link, la valorisation du bois mort de Petit Saut, la centrale de l’Ouest guyanais et l’aménagement de la ZAC Vidal.

Intelligence artificielle, formation, insertion : le général Frédéric Bos poursuit l’adaptation du SMA aux nouveaux défis de la jeunesse ultramarine
Le général Frédéric Bos, commandant du Service militaire adapté (SMA), détaille ses priorités pour renforcer la formation et l’insertion professionnelle des jeunes ultramarins à l’horizon 2030. Modernisation des parcours pédagogiques, intégration de l’intelligence artificielle, adaptation des formations aux besoins économiques locaux et renforcement de la résilience des territoires : le SMA entend poursuivre son évolution pour donner à la jeunesse ultramarine les moyens de construire son avenir et de contribuer au développement de son territoire. Le général souligne également le rôle essentiel des entreprises, appelées à faire confiance aux compétences et au potentiel de ces jeunes.

Outre-Mer One : 34 M€ mobilisés pour accompagner les entreprises ultramarines
Lancé lors de Choose Outre-mer, le fonds à impact Outre-Mer One a réalisé un premier closing de 34 M€ et vise 50 M€. Géré par INCO Ventures, il associe des investisseurs publics et privés, dont la Banque des Territoires. Il prendra des participations au capital, à l’amorçage, en phase d’accélération ou de développement, d’entreprises économiquement viables et porteuses d’un impact social ou environnemental. Les secteurs visés sont nombreux : économie de la mer, eau, énergies renouvelables, agroalimentaire local, technologies propres, déchets, mobilités durables, santé, logement, formation ou tourisme responsable. Comme le résume la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou : « Ce n’est pas une subvention : nous investirons dans des projets économiquement solides. » Les modalités de candidature et les montants par entreprise doivent encore être précisés. Des représentants du fonds seront présents dans les trois océans.
COMMENTAIRE FEDOM :
La FEDOM se félicite du lancement d’Outre-Mer One. Développer des fonds d’investissement dédiés aux Outre-mer, capables d’intervenir sur des tickets intermédiaires, était l’une des recommandations de son cycle de séminaires 2025 sur le financement des entreprises, organisé dans les trois océans. Les acteurs économiques y avaient pointé la sous-capitalisation des entreprises, le petit nombre d’acteurs du capital-investissement et une rupture de financement au moment de la croissance. La FEDOM a eu l’occasion d’échanger en amont avec INCO Ventures sur ces enjeux.
La FEDOM invite désormais les entreprises à se saisir de ce nouvel outil. Elle veillera à ce que le fonds soit effectivement présent sur le terrain et qu’il finance des tickets intermédiaires, aujourd’hui mal couverts. Outre-Mer One ne pourra cependant pas, à lui seul, combler le déficit de fonds propres des PME ultramarines. Il doit s’inscrire dans un ensemble plus large, avec un FIP Outre-mer plus attractif et un dispositif de souscription directe au capital des PME locales, deux propositions que la FEDOM continue de porter.

Les intercommunalités d’Outre-mer portent leurs priorités auprès du nouveau président d’Intercommunalités de France
À l’occasion de la première journée de la 36e Convention d’Intercommunalités de France à Dunkerque, les élus d’Interco’ Outre-mer ont présenté leurs principales préoccupations à Boris Ravignon, président d’Ardenne Métropole élu le jour même à la tête de l’association, et à Sébastien Miossec, président délégué. Cette rencontre a permis de placer les réalités ultramarines au cœur du nouveau mandat d’Intercommunalités de France.

Pour son premier déplacement en Outre-mer, la présidente du CESE Claire Thoury sur le terrain à Mayotte à l’écoute des défis et des attentes du territoire
A l’occasion de son premier déplacement en Outre-mer, Claire Thoury, présidente du Conseil économique, social et environnemental a choisi Mayotte. Elle se rendra pendant trois jours sur le territoire afin de rencontrer les acteurs économiques, sociaux et institutionnels du territoire et d’échanger sur les défis majeurs auxquels fait face le territoire : reconstruction, accès à l’eau, insertion des jeunes, développement économique, pauvreté, logement et santé.

Le Service militaire adapté édite une bande dessinée consacrée à la jeunesse ultramarine |
VIE DES ADHERENTS

CAP Croissance : le MEDEF Polynésie donne rendez-vous aux entrepreneurs le 27 octobre !
Comment libérer le potentiel de croissance des entreprises polynésiennes et créer davantage de richesses et d’emplois pour la Polynésie française ?
Le MEDEF Polynésie organise la 1ère Rencontre des Entrepreneurs de Polynésie (#LAREP1), le mardi 27 octobre 2026, dès 8 h, au Hilton Hotel Tahiti. Placée sous le thème « CAP CROISSANCE », cette journée ambitionne de réunir entrepreneurs, experts, universitaires et décideurs publics pour débattre des leviers du développement économique du Pays.
Invité d’honneur : Aurélien Portuese, professeur à l’Université de Miami, expert international de l’innovation et de la concurrence, et collaborateur de l’économiste Philippe Aghion au Collège de France.
Au programme : une conférence inaugurale et quatre tables rondes pour aborder les défis de l’entrepreneuriat, de la compétitivité, de l’innovation et du cadre réglementaire.
L’ambition : dépasser les constats, confronter les idées et construire ensemble les conditions d’une croissance durable.
Entrepreneurs, dirigeants, acteurs économiques : cette journée est la vôtre !
Informations et inscriptions : MEDEF Polynésie – 40 54 10 40 – contact@medef.pf – medefpf.com – Inscription ici.

Industriels des Outre-mer : à Bruxelles, ils réclament de la visibilité
À la veille de l’assemblée générale d’Eurodom, les représentants des industriels de Martinique (Charles Larcher, AMPI), de Guadeloupe (Franck Desalme, AMPI), de Guyane (Laurent Mirabel, MPI) et de La Réunion (Michel Dijoux, ADIR) ont porté à Bruxelles un message commun : un outil industriel s’amortit sur vingt ans, alors que les dispositifs dont dépend sa rentabilité peuvent être modifiés chaque année. Ils réclament sept à dix ans de stabilité pour l’octroi de mer, le POSEI, le FEDER et l’aide fiscale à l’investissement. Ils demandent aussi une protection des productions ultramarines face à la taxe carbone aux frontières (MACF), car leurs matières premières viennent en grande partie de pays tiers voisins. La baisse des crédits agricoles prévue par le PLF 2027 les préoccupe également, puisqu’elle touche directement les matières premières de l’agroalimentaire local. Pour Laurent Mirabel, « le développement de nos îles, de nos régions, passera par le développement de l’industrie ».
COMMENTAIRE FEDOM :
La FEDOM partage entièrement ce message. La visibilité est la condition même de l’investissement, et c’est plus vrai encore pour l’industrie, dont les cycles d’amortissement sont longs. C’est le sens de sa demande de proroger jusqu’en 2034 l’aide fiscale à l’investissement productif. C’est aussi le sens de son soutien à la reconduction du différentiel d’octroi de mer en faveur de la production locale, au-delà de son échéance de fin 2027.
Les industriels ultramarins ne doivent pas non plus payer le prix de normes européennes conçues sans eux. Appliqué sans adaptation, le MACF renchérirait des intrants qui n’ont souvent pas d’alternative régionale. La FEDOM demande que ces surcoûts soient prévenus en mobilisant pleinement l’article 349 du traité, qui permet d’adapter les règles européennes aux régions ultrapériphériques.

20 millions d’euros de moins : l’agriculture des Outre-mer sonne l’alarme
Réunies le 9 octobre à Baie-Mahault, les interprofessions agricoles de Guadeloupe, dont IGUAVIE, adhérente de la FEDOM, ont dénoncé une baisse inédite depuis 2008 des crédits agricoles nationaux destinés aux DROM. Le PLF 2027 retire près de 20 M€ à ces crédits : 13,2 M€ pour la canne, 5 M€ pour la diversification et 1,7 M€ pour la banane. Soutenues par les chambres d’agriculture et plusieurs parlementaires, les filières demandent 25 M€ pour rétablir ces enveloppes et soutenir le décollage agricole de Mayotte et de la Guyane. Pour elles, l’agriculture ultramarine « ne peut pas être la variable d’ajustement budgétaire de la politique agricole française ».
Voir également : Banamart : « On ne peut pas opposer les filières entre elles » | ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981

Guadeloupe : étranglées par les impayés publics, les entreprises proposent des solutions
Depuis le 14 octobre, des barrages perturbent la Guadeloupe, jusqu’à bloquer la zone d’activité de Jarry. Les organisations patronales appellent à traiter la cause des difficultés plutôt qu’à paralyser l’île. Selon Victor Venutolo, président des Entrepreneurs Guadeloupe, les collectivités doivent environ 100 M€ aux entreprises du BTP, et des entreprises viables ont été liquidées alors même que des collectivités leur devaient de l’argent. « Il faut que les collectivités locales cessent de se servir des entreprises comme d’une banque », dénonce-t-il, tout en rappelant que « bloquer la Guadeloupe ne réglera aucun de ces problèmes ». Le 17 octobre, Guadeloupe Économique a proposé d’expérimenter quatre mesures pour permettre aux entreprises de mobiliser plus vite les sommes qui leur sont dues : une cellule de sauvegarde des entreprises viables, un mécanisme accéléré de délégation de paiement des créances, le préfinancement des créances publiques et le développement de l’affacturage inversé avec les collectivités. « Il ne s’agit pas d’effacer les dettes des entreprises, mais de leur permettre de les payer grâce aux créances qu’elles détiennent. » L’organisation demande au préfet de réunir rapidement l’ensemble des acteurs concernés.
COMMENTAIRE FEDOM :
Les retards de paiement publics sont un fléau persistant dans les Outre-mer. Ils fonctionnent comme un crédit fournisseur imposé aux entreprises : ils fragilisent leur trésorerie, menacent l’emploi et conduisent à la disparition de PME, en particulier dans le BTP. Il est inacceptable qu’une entreprise viable disparaisse alors que l’argent public qui lui est dû aurait suffi à la sauver. Le blocage de l’économie ne fait qu’aggraver la situation de celles qui sont déjà les plus fragiles.
L’affacturage inversé et le préfinancement des créances publiques figurent parmi les recommandations issues du cycle de séminaires de la FEDOM sur le financement des entreprises. Elles figurent aussi dans ses propositions pour l’élection présidentielle, aux côtés de plusieurs autres mesures : le nantissement des créances publiques, l’automatisation des intérêts moratoires, le recours plus systématique au mandatement d’office par les préfets, la généralisation des contrats de redressement outre-mer (COROM) et un suivi public des encours d’impayés.
L’expérimentation proposée en Guadeloupe doit être engagée sans attendre. La FEDOM appelle l’État à se montrer exemplaire et à garantir le respect, par les collectivités, des délais de paiement fixés par la loi.

La CMA NC lance la reconstruction de son centre de formation
Responsables politiques et élus de la Chambre de métiers et de l’artisanat se sont réunis, jeudi 15 octobre à Nouville, pour annoncer le démarrage du projet de reconstruction du Centre de formation des apprentis, détruits durant les émeutes. Les travaux, d’un montant de 3,3 milliards de francs, devraient durer trois ans.

Ariane Vuilloud, directrice régionale Outre-mer chez TotalEnergies, détaille la stratégie d’innovation et d’insertion du groupe dans les territoires
Dans un entretien accordé à Outremers360, Ariane Vuilloud, directrice régionale Outre-mer de TotalEnergies, détaille la stratégie du groupe en matière d’innovation énergétique et d’ancrage territorial. De l’agrivoltaïsme, qui associe production agricole et électricité solaire en Guadeloupe et à La Réunion, au développement des énergies renouvelables, en passant par la formation et l’insertion professionnelle des jeunes ultramarins, TotalEnergies entend contribuer à l’autonomie énergétique et au développement économique des territoires. Une démarche qui repose sur des solutions adaptées aux réalités locales et sur des partenariats avec les acteurs économiques et institutionnels.

L’AMPI alerte sur les conséquences du budget 2027 pour les filières agricoles ultramarines
Sébastien Dormoy, directeur général du Meunier des Antilles, intervenant au nom de l’Association martiniquaise pour la promotion de l’industrie (AMPI), alerte sur les conséquences de la non-reconduction du complément national de 5 millions d’euros au régime spécifique d’approvisionnement (RSA). Dans un contexte de hausse des coûts du fret, cette aide contribue à limiter le coût d’importation des céréales et autres matières premières nécessaires aux industries agroalimentaires locales. Sa disparition pourrait renchérir les coûts de production des meuneries et des fabricants d’aliments pour animaux, avec des répercussions sur les élevages et l’ensemble de la chaîne alimentaire. Cette alerte s’inscrit dans la mobilisation collective des filières agricoles et agroalimentaires ultramarines face aux réductions de crédits envisagées dans le projet de loi de finances pour 2027.
Voir également : Budget 2027 : les filières agricoles martiniquaises font bloc face aux coupes annoncées | ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981
Eurodom : un nouveau délégué général et une mobilisation à Bruxelles pour garantir la place des Outre-mer dans le budget européen 2028-2034

Réunie le 13 octobre à Bruxelles en assemblée générale, Eurodom, adhérente de la FEDOM, a élu à l’unanimité Benoît Lombrière au poste de délégué général. Il succède à Gérard Bally, qui avait fondé l’association en 1989 et la dirigeait depuis près de quarante ans ; ce dernier reste conseiller spécial jusqu’en 2028. Le même jour, Eurodom a organisé une conférence intitulée « Tenir la promesse des traités », en présence de Raffaele Fitto, vice-président exécutif de la Commission européenne, et de nombreux eurodéputés.
Les participants y ont réclamé des garanties concrètes pour les régions ultrapériphériques dans le cadre financier 2028-2034. La proposition initiale de la Commission fait en effet disparaître le POSEI en tant que ligne propre, ce que Gérard Bally qualifie de « catastrophe ». Ils demandent de le maintenir comme instrument autonome et de doubler son enveloppe, de créer un dispositif comparable pour la pêche, et de protéger les Outre-mer face aux accords commerciaux et aux surcoûts de la décarbonation. Ils ont aussi souligné la contradiction entre ce plaidoyer de la France à Bruxelles et la baisse des crédits agricoles ultramarins prévue par le PLF 2027.
COMMENTAIRE FEDOM :
La FEDOM rend hommage à Gérard Bally, qui a fait d’Eurodom, pendant près de quatre décennies, la voix des entreprises ultramarines auprès des institutions européennes. Elle adresse ses chaleureuses félicitations à Benoît Lombrière, qui a reçu la semaine dernière les insignes de chevalier de la Légion d’honneur. Cette distinction salue un engagement de longue date au service des Outre-mer. La FEDOM poursuivra avec lui et ses équipes un travail commun étroit.
Les négociations engagées sont décisives. Le POSEI, les allocations spécifiques aux régions ultrapériphériques, le régime de l’octroi de mer et le contingent de rhum, qui arrivent à échéance fin 2027, conditionnent directement la compétitivité des filières ultramarines. La FEDOM partage pleinement les demandes portées par Eurodom : le POSEI doit rester un instrument identifiable et être revalorisé, alors qu’il n’a pas été réévalué depuis 2011. Elle soutient aussi la proposition d’un « test article 349 » : vérifier dès leur conception les effets des politiques européennes sur les régions ultrapériphériques. C’est la traduction européenne du « réflexe Outre-mer » que la FEDOM défend pour l’ensemble de l’action publique, qu’il s’agisse des accords commerciaux ou du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) et du marché carbone européen (ETS).
Le Parlement européen ne pourra garantir seul ces avancées. Ce sont la France, l’Espagne et le Portugal qui devront les défendre au Conseil. La position française sera d’autant plus crédible que Paris ne réduira pas, dans le même temps, son engagement en faveur de nos territoires. La FEDOM appelle donc le Gouvernement à la cohérence : défendre les Outre-mer à Bruxelles et rétablir, dans le PLF 2027, les crédits retirés à l’agriculture des DROM.
Voir également : Benoît Lombrière devient le nouveau délégué général d’EURODOM | Outremers360 ; Eurodom : Benoît Lombrière, défendre la production ultramarine jusqu’au bout | ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981
Mais aussi : Eurodom : pourquoi ce qui se joue à Bruxelles est essentiel pour la Martinique | ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981 ; Eurodom : produire en Outre-mer, mais à quelles conditions ? | ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981
VIE DE LA FEDOM

La FEDOM organise le 21 octobre un petit-déjeuner avec Amélie de Montchalin, Première présidente La FEDOM organise le 21 octobre un petit-déjeuner avec Amélie de Montchalin, Première présidente
Mercredi 21 octobre 2026, de 8h00 à 10h00, au Cercle de l’Union Interalliée – 33 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris (Cravate obligatoire pour les messieurs).
Inscriptions clôses.
La FEDOM sur les réseaux sociaux


LinkedIn : Fédération des Entreprises d’Outre-mer (FEDOM)
Twitter @LA_FEDOM
JOURNAL OFFICIEL

JORF du 18.10.2026
– Arrêté du 15 octobre 2026 portant nomination de Mme Magguy DORVILLE au conseil d’administration de l’Etablissement public foncier et d’aménagement de Guyane
– Arrêté du 14 octobre 2026 portant nomination de M. Régis CARRIO au conseil de surveillance de l’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM)