LETTRE HEBDOMADAIRE D’INFORMATION    DE LA FEDOM N°682  – Lundi 20 juillet 2026

L’ÉDITO

Hervé MARITON
Président de la FEDOM

Les Assises économiques des Outre-mer, tenues à Saint-Martin, ont été une belle démonstration du dynamisme des organisations économiques ultramarines. Organisées par l’ACCIOM et CCI France, elles sont une étape importante de construction de projet. La FEDOM y a participé avec enthousiasme. Elles ont été l’occasion, sur un focus local, de constater l’agilité du monde économique de Saint-Martin et le succès indéniable des voisins de Saint-Barthélemy.

 La FEDOM représente, défend et promeut les entreprises des Outre-mer. Comme organisation économique, nous ne sommes pas insensibles au contexte d’ensemble de la France. À Saint-Martin, nous avons bien partagé le triste constat des difficultés budgétaires, « la France n’a pas d’argent ». Quelle est la solution ? À sa recherche, ne pas oublier que la France se distingue par des impôts et des cotisations sur les entreprises parmi les plus élevés du monde… et qu’elle le reste même après déduction des aides (données Eurostat-Fipeco reprises par Les Echos).

 L’avenir des entreprises, Outre-mer comme dans toute la France, ne passe sûrement pas par une aggravation des charges. La saison budgétaire est l’occasion de le rappeler…

Naïma Moutchou : « Les trafiquants ont changé de méthode et d’échelle, l’État aussi »

Renforts des contrôles, coopération avec les États voisins, prévention auprès des jeunes… En exclusivité pour France-Antilles, la ministre des Outre-mer dévoile sa feuille de route pour intensifier la lutte contre le narcotrafic aux Antilles et en Guyane.

Saint-Martin/Sint Maarten : la frontière enfin officiellement fixée

Près de quatre siècles après le partage de l’île, la frontière entre Saint-Martin et Sint Maarten est désormais officiellement délimitée. Jeudi 16 juillet, à l’Assemblée nationale, les députés ont examiné le projet de loi approuvant l’accord conclu en 2023 entre la France et les Pays-Bas.

Partir du terrain pour repenser le développement économique des outre-mer

Comment bâtir une stratégie de développement économique adaptée aux réalités des territoires ultramarins ? C’est la question au cœur de la mission d’information menée par la Délégation aux outre-mer de l’Assemblée nationale, dont plusieurs membres étaient en déplacement la semaine dernière à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy. Aux côtés du député Frantz Gumbs, les parlementaires Emeline K/Bidi, Davy Rimane, Frédéric Maillot, Jean-Victor Castor et Philippe Gosselin ont rencontré les principaux acteurs économiques du territoire.

Outre-mer : à dix-huit mois de l’échéance européenne, quel avenir pour l’octroi de mer ?

La dérogation européenne qui autorise des taux d’octroi de mer différents selon que les produits sont fabriqués localement ou importés expirera fin 2027. Alors que les discussions sur son renouvellement sont déjà engagées, cette taxe alimente de nombreux débats, notamment dans la société civile. L’occasion de revenir sur un impôt souvent méconnu, d’examiner ses effets sur les prix comme sur les finances des collectivités ultramarines, et de s’interroger sur son avenir.

Crise de l’eau et du BTP en Guadeloupe : élus et État réunis en CTAP face aux dettes et retards de paiement

Réunis en Conférence territoriale de l’action publique, l’État, les élus et les professionnels du BTP ont validé une feuille de route pour sortir le secteur de la crise. L’accent est mis sur le règlement urgent des retards de paiement des marchés publics qui menacent la trésorerie et l’emploi.

La Réunion : Face à la baisse de la LBU, le Département débloque 2,7 millions d’euros pour la construction de logements

La construction de logements à La Réunion est menacée par la baisse des crédits de l’État. Mardi dernier, les acteurs du logement et les bailleurs sociaux ont poursuivi leur mobilisation lors d’une rencontre organisée au Palais de la Source, à Saint-Denis.

Tourisme « haut de gamme » aux Antilles : changer d’image ou changer de modèle ?

Le Figaro Nautisme consacre un article à la volonté de la Martinique et de la Guadeloupe de rompre avec leur image de destinations familiales et bon marché pour viser une clientèle « premium ». Le récit est séduisant. Il mérite pourtant d’être lu depuis Fort-de-France, à hauteur de territoire.

Légion d’honneur : Régine Pam, Cyrille Le Vely, Marius Trésor, Stéphanie Failloux et Nassir Goulamaly parmi les promus ultramarins

La promotion 2026 de la Légion d’honneur du 14 juillet compte plus de 600 récipiendaires. Parmi eux, 54 personnes ont été décorés dans le cadre de l’« initiative citoyenne », dispositif participatif permettant à chaque Français de proposer un candidat à la Légion d’honneur. Nouveauté cette année : une « promotion du bénévolat associatif » qui distingue les responsables d’associations.

COMMENTAIRE FEDOM :

La FEDOM adresse ses plus sincères félicitations à l’ensemble des personnalités ultramarines distinguées dans la promotion 2026 de la Légion d’honneur. Cette reconnaissance nationale vient saluer des parcours d’excellence, d’engagement et de service au bénéfice de nos territoires et de la Nation tout entière.

Guadeloupe – Trois acteurs majeurs du tourisme s’unissent pour une expérience authentique

Mercredi 15 juillet, la Fédération du Tourisme de Proximité de Guadeloupe, l’Habitation Néron, la distillerie Papa Rouyo et la brasserie artisanale Lékouz ont officialisé la signature d’un partenariat stratégique. L’objectif : renforcer les synergies entre les acteurs du tourisme local.

Après la Guyane, le câble Ellalink va poursuivre sa route vers le Suriname

La Guyane se positionne comme un acteur majeur du développement du numérique sur le plateau des Guyanes. La Splang (Société publique locale pour l’aménagement du numérique en Guyane) et Télésur, la compagnie nationale surinamaise de télécommunications ont passé un accord, lundi 13 juillet. Il permet de relier le Suriname au réseau numérique en cours de déploiement en Guyane.

Guyane – Réclamé par la filière pêche, le CAP Maritime peine à séduire les futurs professionnels

Réclamé par toute une filière et promis par l’Etat, le CAP Maritime de Guyane livre ses premiers résultats en cette fin d’année scolaire. Cette nouvelle formation a été lancée en septembre 2024 au Lycée Agricole de Matiti. Mais deux ans après, le bilan est mitigé : le taux d’absentéisme élevé en classe prive cette première promotion de son CAP.

Martinique – Alexandre Ventadour nommé président du Comité martiniquais du tourisme 

Après l’annonce de la fin de mandat de Bénédicte di Geronimo, la Collectivité territoriale de la Martinique (CTM) vient d’annoncer le nom de celui qui prend la présidence du Comité du tourisme martiniquais (CMT). Le conseiller territorial Alexandre Ventadour a été choisi. 

Mayotte – « On fait le dos rond depuis des années » : les coupures d’eau s’intensifient à nouveau

Depuis le 15 juillet, les Mahorais n’ont plus accès à l’eau courante que 30 heures sur 72. Après plus de trois ans de restrictions, cette nouvelle dégradation ravive le souvenir de la grave crise de 2023 et nourrit la colère d’une population qui dénonce l’absence de solutions durables.

Nouvelle-Calédonie – Passation de présidence au Congrès, un symbole avant de commencer à travailler

La cérémonie de passation de pouvoir à la présidence du Congrès, entre Veylma Falaeo et Virginie Ruffenach, s’est déroulée ce vendredi 17 juillet en fin de matinée. Un moment purement officiel, marquant la fin de la mandature de deux ans de l’élue de l’Éveil Océanien, et l’ouverture d’une nouvelle, menée par la représentante du Rassemblement.

Voir également : Intégration régionale, nickel, transport intérieur… Alcide Ponga dresse son bilan à la présidence du gouvernement

La Réunion – Visite officielle du Président de la République des Seychelles

En visite officielle à La Réunion, le président de la République des Seychelles a réaffirmé l’importance du partenariat entre l’archipel et les territoires français de l’océan Indien. Cette séquence diplomatique illustre la volonté de renforcer la coopération régionale dans des domaines stratégiques tels que le développement économique, la sécurité maritime, les échanges commerciaux et la transition environnementale, dans un contexte où l’intégration de l’espace indopacifique constitue un levier majeur de développement.

Saint-Pierre et Miquelon – L’industrie de la pêche dépasse la barre des 2 milliards de dollars à Terre-Neuve et Labrador

Reconnue à l’échelle mondiale, l’industrie des produits de la mer de Terre-Neuve-et-Labrador a dépassé les 2 milliards de dollars de valeur marchande en 2025. Un secteur qui demeure l’un des principaux moteurs de l’économie provinciale.

Les TAAF et l’AFD préparent la transition énergétique des bases de Crozet et Kerguelen

Les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) et l’Agence française de développement (AFD) ont conclu un partenariat visant à lancer une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage pour préparer le renouvellement des centrales énergétiques de Crozet et de Kerguelen.

Le Bureau de recherches géologiques et minières consacre une large partie aux Outre-mer dans son rapport annuel 2025

Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) du Service géologique national vient de publier son rapport pour l’année 2025. Certains territoires ultramarins y sont mentionnés en détail : géophysique et sismologie à Mayotte, potentiel de ressources minérales en Guyane, géothermie en Guadeloupe, hydrogène naturel et énergie décarbonée en Nouvelle-Calédonie, ainsi que restauration des fonctions écologiques des sols et protection des eaux souterraines à La Réunion. Tour d’horizon.

consulter le rapport

Agence française de développement : 1,682 milliard d’euros pour les Outre-mer en 2025

En 2025, selon un récent bilan de l’Agence française de développement (AFD), cette dernière a engagé 882 millions d’euros pour les territoires ultramarins, plus un prêt garanti par l’État (PGE) de 800 millions en faveur de la Nouvelle-Calédonie afin d’assainir ses finances publiques. Hors PGE cependant, ce montant est en baisse de 10 millions par rapport à 2024. Dans un contexte de crise économique, ce repli s’explique par la diminution des ressources budgétaires octroyées à l’AFD. Les financements ont principalement soutenu des projets environnementaux et sociaux mis en place par les collectivités locales et les entreprises privées.

Guadeloupe : 101 millions d’euros resteraient dus aux entreprises du BTP

Quelques jours après l’appel lancé par Guadeloupe Économique, qui évaluait à près de 180 millions d’euros les créances dues aux entreprises par les donneurs d’ordre publics, dont 101 millions d’euros pour le seul secteur du BTP, la Conférence territoriale de l’action publique (CTAP) s’est saisie du dossier. Réunis autour de l’État, des collectivités et des représentants de la filière, les participants ont acté plusieurs mesures destinées à répondre à l’urgence de trésorerie : création d’une task force chargée d’accélérer le règlement des créances, installation d’une cellule opérationnelle, mobilisation possible de 19 millions d’euros de crédits de l’État au bénéfice des entreprises, examen des situations fiscales et sociales les plus critiques et élaboration, d’ici au 15 septembre, d’une charte commune visant à améliorer durablement les pratiques de la commande publique.

Retrouver le communiqué de presse de Guadeloupe Economique

Voir également : Crise de l’eau et du BTP en Guadeloupe : élus et État réunis en CTAP face aux dettes et retards de paiement | Outremers360

COMMENTAIRE FEDOM :

Les difficultés dénoncées par Guadeloupe Economique ne relèvent malheureusement ni d’un épisode conjoncturel ni d’un territoire isolé. Elles illustrent une problématique structurelle qui affecte l’ensemble des économies ultramarines et que la FEDOM documente de longue date.

La semaine dernière encore (voir infra), la FRBTP Guyane alertait sur une chute de 40 % de la commande publique, des délais de paiement pouvant atteindre un à deux ans et un secteur qui « ne l’encaisse pas, mais le subit », tandis qu’à Saint-Martin (ici et ), l’ensemble des organisations économiques dénonçait des retards de paiement dépassant régulièrement 95 jours, des blocages administratifs persistants et une situation mettant directement en péril la trésorerie des entreprises.

Les situations varient d’un territoire à l’autre, mais les constats convergent. À Mayotte, les entreprises adhérentes de la fédération du BTP recensent à elles seules plus de 125 millions d’euros d’impayés, pour des délais de paiement qui dépasseraient désormais 220 jours. Ailleurs, les mêmes difficultés de validation des services faits, de mandatement ou de programmation de la commande publique alimentent une dégradation continue des trésoreries.

À ces tensions s’ajoutent le ralentissement de la commande publique, les incertitudes entourant la reconstitution de la Ligne budgétaire unique (LBU), pourtant indispensable à la relance de la production de logements, ainsi que les conséquences du MACF, dont les mécanismes correcteurs demeurent insuffisamment adaptés aux réalités ultramarines.

Cette accumulation de blocages finit par produire un véritable effet systémique. Les entreprises ne sont plus seulement confrontées à des retards de paiement : elles voient leurs capacités d’investissement se réduire, leurs fonds propres s’éroder et leurs carnets de commandes se contracter, conduisant parfois à l’arrêt de chantiers pourtant essentiels. C’est l’ensemble de la chaîne économique qui s’en trouve fragilisée : sous-traitants, fournisseurs, salariés, collectivités et, au-delà, les politiques publiques de logement, d’aménagement, de reconstruction et d’adaptation au changement climatique. Dans des économies où le BTP constitue l’un des principaux moteurs de l’activité, ces dysfonctionnements ne sont plus soutenables.

La FEDOM considère qu’il est désormais temps de passer du diagnostic à l’action.

Les outils existent. Les COROM doivent devenir de véritables instances de pilotage, dotées d’objectifs mesurables et d’un suivi effectif des délais de paiement. La transparence doit également progresser grâce à la publication d’indicateurs territorialisés plus fins, permettant notamment de distinguer les délais selon le montant et la nature des factures et de mettre au jour certaines pratiques, telles que les « factures en tiroir ». Ces données doivent nourrir des mécanismes existants de « name and shame » à l’égard des donneurs d’ordre publics les moins vertueux. Parallèlement, la généralisation du versement automatique des intérêts moratoires, le développement de l’affacturage inversé et la possibilité pour le préfet de saisir plus systématiquement les chambres régionales des comptes doivent désormais se traduire par des résultats concrets pour les entreprises.

Les entreprises ultramarines n’ont plus besoin de nouveaux constats. Elles attendent des décisions et des effets rapides sur leur trésorerie.

Face à la chute de la commande publique, le président de la FRBTP Guyane Mathieu Antoinette alerte : « le secteur du BTP ne l’encaisse pas, le secteur subit »

À l’occasion du Haut conseil à la commande publique, la FRBTP Guyane, présidée par Mathieu Antoinette, a porté les préoccupations de la profession face à l’effondrement de la commande publique (-40 % au premier semestre 2026) et aux conséquences des retards de paiement sur la trésorerie des entreprises. Quelques jours après cet appel, les services de l’État ont présenté, pour la première fois, un état objectivé des délais de paiement par catégorie de donneurs d’ordre, confirmant des situations encore préoccupantes, notamment dans les établissements publics de santé (148 jours en moyenne) et plusieurs collectivités. Si des progrès sont constatés pour la CTG et certaines communes, les acteurs économiques ont souligné qu’ils demeuraient insuffisants au regard des difficultés rencontrées par les entreprises.

La réunion a également permis de confirmer le maintien du guichet unique d’accompagnement des entreprises en difficulté et la tenue, à la rentrée, d’une revue des projets afin d’améliorer la visibilité sur la commande publique. Cette séquence illustre l’intérêt d’un dialogue structuré entre pouvoirs publics et organisations professionnelles, ainsi que l’importance de disposer d’indicateurs partagés pour objectiver les retards de paiement et accélérer leur résorption.

Voir également : Jusqu’à 200 jours pour payer une facture : les délais de paiement des collectivités et des hôpitaux publics envers les entreprises s’améliorent mais restent trop longs

Saint-Martin : les acteurs économiques dénoncent les retards de paiement de la Collectivité

Dans un courrier commun adressé au président de la Collectivité de Saint-Martin, le MEDEF Saint-Martin, la Fédération du BTP, la FTPE, l’Association des architectes, l’Association des commerçants (AEC), avec le soutien de la Chambre consulaire interprofessionnelle de Saint-Martin (CCISM), alertent sur une dégradation devenue « critique » des conditions de traitement et de paiement des marchés publics. Les organisations dénoncent des retards récurrents dans la réception des travaux, la validation du service fait et le mandatement des factures, conduisant à des délais de paiement dépassant fréquemment 95 jours, à des difficultés d’accès à l’affacturage et à des tensions de trésorerie susceptibles de compromettre l’activité et l’emploi. Elles demandent la tenue d’une réunion d’urgence avec la Collectivité et les services de l’État afin d’établir un calendrier de résorption des arriérés, de régulariser les intérêts moratoires et les dossiers FEDER en attente, et de restaurer des conditions de paiement compatibles avec la poursuite des investissements publics.

Assises économiques d’Outre-mer : Saint-Martin accueillait la première édition

Du 16 au 18 juillet 2026, Saint-Martin était le point de rencontre des acteurs économiques ultramarins à l’occasion de la première édition des Assises économiques des Outre-mer. Organisé par CCI France et l’Association des Chambres de Commerce et d’Industrie d’Outre-mer (ACCIOM), le rendez-vous visait à élaborer une feuille de route commune, qui sera transmise au gouvernement.

Lire également : ÉCONOMIE : Saint-Martin accueille les Assises économiques des Outre-mer | Faxinfo

« La vie chère ne se réglera pas par plus de normes »

La question du coût de la vie dans la France ultramarine ne peut être dissociée de celle du développement économique. Hervé Mariton, président de la FEDOM, plaide pour une approche plus offensive sur la coopération régionale, une meilleure utilisation de l’octroi de mer et un débat institutionnel qui parte enfin des besoins de l’économie réelle.

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