L’ÉDITO

Hervé MARITON
Président de la FEDOM
Les organisations patronales se sont exprimées dimanche (« La Tribune Dimanche ») pour dénoncer « le rabot de trop », le fait que le Gouvernement gèle le barème des exonérations de cotisations patronales au moment même où le smic augmente (ce lundi 1er juin). De conclure « on ne préservera pas le modèle social français en renchérissant le travail qui le finance ». Ce qui vaut pour la France vaut pour les Outre-Mer à la puissance n. Le récent rapport du Sénat sur les exonérations Outre-Mer ne se contente pas de porter une analyse positive sur la Lodeom ; il rappelle que le « gain » relatif envisagé sur la Lodeom, dans les débats budgétaires pour 2026, était en proportion dix fois plus important que le rabot sur les allégements généraux. Avec d’ailleurs des conséquences sur l’emploi dix fois plus lourdes … Ce sont juste des chiffres ; et ce sont des chiffres justes.
FOCUS DE LA SEMAINE
Publication du rapport de la mission d’évaluation et de contrôle de la sécurité sociale sur les exonérations de cotisations patronales en Outre-mer
La FEDOM a été auditionnée par Mmes Élisabeth Doineau, rapporteure générale, et Solanges Nadille, sénatrice de Guadeloupe, dans le cadre de leurs travaux de consultation, et leur a transmis plusieurs contributions écrites soulignant la nécessité de préserver, dans ses modalités actuelles, le principal dispositif de soutien à l’emploi en outre-mer.
Nous tenons à saluer la qualité du rapport, qui s’appuie sur plus de cinquante auditions et sur des simulations réalisées avec le pôle Science des données du Sénat et remercions les rapporteures d’avoir consacré le temps nécessaire à recueillir les observations des acteurs de terrain, qui seraient les premiers concernés par une éventuelle réforme de ces exonérations.
Sur le fond, la FEDOM se félicite que ce rapport constitue, de manière générale, une validation importante des positions qu’elle défend de longue date, les rapporteures rejoignant plusieurs analyses et constats portés par les acteurs économiques concernés par le dispositif.
La première satisfaction de la FEDOM réside dans la conclusion même du rapport, qui qualifie la LODEOM de dispositif « incontestablement efficient ». Cette reconnaissance revêt une importance particulière dans un contexte où certains arbitrages budgétaires envisageaient des réductions substantielles du dispositif et où « compte tenu du besoin de réduire le déficit public, les appréciations figurant dans les rapports de l’administration relatifs au dispositif Lodéom sont systématiquement défavorables. »
Cette conclusion valide plusieurs arguments historiques :
• les exonérations ne constituent pas une niche sociale classique mais un mécanisme de compensation des surcoûts structurels pesant sur les économies ultramarines, destiné à soutenir l’emploi et à pallier les handicaps durables freinant leur développement économique ;
• la compétitivité des entreprises ultramarines demeure plus fragile que celle des entreprises hexagonales ;
• une réduction brutale des exonérations aurait des effets directs et significatifs sur l’emploi et l’investissement.
Le rapport reconnaît ainsi explicitement ces spécificités territoriales et écarte l’hypothèse d’une suppression uniforme du dispositif.
L’un des principaux enjeux du débat tenait à la confrontation avec le rapport conjoint de l’Inspection générale des finances et de l’Inspection générale des affaires sociales publié en 2025. Celui-ci soulignait notamment que l’évaluation économétrique de la réforme de 2019 révélait peu d’effets mesurables sur l’emploi, les salaires ou la rentabilité des entreprises bénéficiaires.
Le rapport sénatorial apporte une lecture plus nuancée :
• il écarte une approche strictement budgétaire de l’analyse du dispositif ;
• Il introduit la notion d’emplois préservés, et pas uniquement créés, afin de mieux prendre en compte la fonction de stabilisation économique du dispositif dans des territoires caractérisés par un chômage structurellement élevé ;
• il démontre que le coût par emploi crée du dispositif LODEOM est inférieur à celui des allégements généraux, nuançant ainsi l’idée d’une politique coûteuse et peu efficace ;
• il intègre davantage les spécificités sectorielles et territoriales dans l’analyse ;
• il souligne la nécessité de travaux d’évaluation – notamment académiques – complémentaires avant toute réforme d’ampleur et rappelle que la modélisation du rapport IGAS-IGF de novembre 2024 « ne démontre pas qu’une réduction importante du coût du dispositif n’aurait qu’un effet limité sur l’emploi » ;
• Enfin, il rétablit une estimation plus précise du coût différentiel net du dispositif pour les finances publiques — que la FEDOM appelle de ses vœux depuis longtemps — évalué à environ 700 millions d’euros. En effet, en l’absence de la LODEOM, les entreprises bénéficieraient des allégements généraux à hauteur de 830 millions d’euros. Cette clarification est essentielle, car elle permet d’apprécier plus justement le coût réel du dispositif, bien inférieur aux 1,5 milliard d’euros souvent avancés.
Le rapport souligne également les effets bénéfiques du dispositif dans des territoires marqués par l’ampleur du travail informel, où le fonctionnement du marché du travail est fortement influencé par les sur-rémunérations du secteur public et leurs répercussions sur les politiques salariales.
Le rapport évoque aussi le problème posé par les délais de paiement excessif des donneurs d’ordre public aux entreprises ultramarines que la FEDOM dénonce régulièrement. La FEDOM partage le constat selon lequel la LODEOM procure aux entreprises concernées un gain de trésorerie récurrent, contribuant ainsi à atténuer leur exposition aux retards de règlement des acteurs publics. Pour autant, elle considère que cet effet positif, bien que réel, ne saurait être regardé comme un objectif fondateur du dispositif.
Sur les pistes d’évolution du dispositif formulées, le rapport met en avant la nécessité de simplifier et de rendre plus lisible le dispositif via par exemple une fusion du dispositif LODEOM et des bandeaux famille et maladie dans un dispositif unique.
Il propose également de fusionner les trois barèmes des DROM sur un barème unique proche de l’actuel barème de compétitivité renforcée ou à aligner le barème des COM des Antilles sur celui des DROM.
La FEDOM souligne que des travaux ont été conduits dans les outre-mer afin d’identifier des secteurs stratégiques devant faire l’objet d’un soutien renforcé, dans une logique de rattrapage économique et de ciblage des aides publiques sur les activités les plus exposées à la concurrence et les plus génératrices d’emplois. Ces secteurs font déjà l’objet d’une attention particulière et, dans la mesure du possible, d’un accompagnement renforcé au sein des différents dispositifs d’aides de l’État, qu’il s’agisse des aides à l’investissement ou à l’exploitation. Dans ce contexte, il apparaît essentiel de ne pas affaiblir le soutien apporté à ces filières structurantes pour les économies ultramarines.
Par ailleurs, en l’absence de transmission d’études d’impact, la FEDOM réitère son opposition à une harmonisation des barèmes spécifiques aux COM des Antilles avec ceux des autres DROM, au regard des enjeux propres à ces territoires.
De même, sur l’extension de la LODEOM à Mayotte, la FEDOM rappelle que l’option aujourd’hui envisagée par le Gouvernement — un alignement du territoire sur le régime de droit commun applicable aux Antilles et à La Réunion — ne répond pas à la réalité du territoire. Mayotte cumule un déficit massif d’infrastructures, des besoins exceptionnels de reconstruction et un tissu économique encore fragile. Dans ce contexte, l’application du régime renforcé de la LODEOM aujourd’hui en vigueur en Guyane apparaît comme la réponse la plus adaptée.
Enfin, s’agissant de la proposition des rapporteures visant à conditionner le bénéfice de la LODEOM au respect des obligations de paiement des cotisations sociales — ou, à défaut, à la mise en place et au respect d’un plan d’apurement — la FEDOM rappelle que, l’application de cette règle suppose une période transitoire compte tenu de la situation particulière des entreprises ultramarines.
Pour conclure, cette « boîte à outils » proposée par les rapporteures contribue à rééquilibrer le débat public sur les dispositifs d’exonérations de cotisations sociales applicables en outre-mer, après plusieurs années au cours desquelles ils ont surtout été appréhendés sous un angle budgétaire.
La FEDOM espère que ces travaux, menés dans une démarche aussi objective que possible, pourront utilement éclairer le Gouvernement ainsi que la mission conduite par Philippe Leyssène et Gilles Lara-Adélaïde. Elle partage également le souhait exprimé par les rapporteurs d’aboutir à un niveau de consensus suffisant pour garantir la durabilité d’une prochaine réforme. À cette fin, il apparaît nécessaire de prendre le temps de la réflexion, afin d’éviter toute perception d’une répartition inéquitable de l’effort de réduction du déficit entre l’outre-mer et l’Hexagone, et de ne pas méconnaître les difficultés structurelles propres aux territoires ultramarins.
DU CÔTÉ DU GOUVERNEMENT

Prix des carburants : le Gouvernement annonce des aides spécifiques pour la Guyane
Le Gouvernement a annoncé plusieurs mesures pour amortir la hausse des carburants. La ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a détaillé les aides spécifiques prévues pour la Guyane, dont un soutien destiné aux piroguiers et aux habitants dépendants de leur véhicule.

Transport aérien : la baisse du tarif de solidarité de la taxe sur le transport aérien de passagers effective au 1er juin ne concerne pas les Outre-Mer
Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, annonce l’entrée en vigueur, ce lundi, d’une réduction de 65% du tarif de solidarité de la taxe sur le transport aérien de passagers (TSBA) pour les liaisons soumises à une obligation de service public dans le cadre d’une délégation de service public. Mais précise que son application dans les Outre-Mer est à l’étude.

Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, s’exprime sur divers sujets d’actualité sur Public Sénater
La ministre a abordé plusieurs sujets, notamment la vie chère dans les territoires ultramarins, l’élargissement du corps électoral en Nouvelle-Calédonie, le contexte sanitaire lié à Ebola, ainsi que la proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale visant à abroger le Code noir.

Mayotte : les ministres Laurent Nunez (Intérieur), Édouard Geffray (Éducation) et Stéphanie Rist (Santé) en déplacement sur l’île début juin
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, est attendu sur l’île le 10 juin. Il sera suivi par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, le 16 juin. Laurent Nunez, devrait ouvrir ce train de déplacements ministériels à Mayotte à partir du 8 juin.
DU CÔTÉ DU PARLEMENT

Commande publique : la loi de simplification de la vie économique est publiée !
La loi de de simplification de la vie économique a été publiée le 27 mai au Journal officiel, après la censure partielle du Conseil constitutionnel. Malgré la purge des 25 articles de « cavaliers législatifs » – dont celui supprimant les ZFE ou celui allégeant le ZAN – soit près d’un tiers des 84 articles répartis en douze titres, le texte, qui a triplé de volume au fil des deux ans de navette parlementaire, reste touffu et hétéroclite. Y figurent un important volet en matière de commande publique et de très nombreuses dispositions en matière d’urbanisme, notamment commercial, ou visant à faciliter l’essor de projets industriels et d’infrastructures.
COMMENTAIRE FEDOM :
La FEDOM regrette que la mesure spécifique aux acheteurs publics ultramarins – dite « stratégie du bon d’achat » – visant à leur permettre de réserver une part de leurs marchés aux PME et aux artisans locaux n’ait pas survécu au contrôle du Conseil constitutionnel. Nous espérons désormais que les parlementaires pourront s’en inspirer pour renforcer les dispositions des articles 15 et 16 du projet de loi de lutte contre la vie chère.

Vie chère dans les Outre-mer : le Sénat cible les pratiques abusives de la grande distribution
Un rapport vient d’être rendu public par la commission d’enquête du Sénat sur les marges des industriels et de la grande distribution. Concernant les territoires ultramarins, déjà confrontés à une vie chère structurelle, le rapport évoque un manque de transparence et donc la difficulté de dresser un constat clair sur les pratiques à l’œuvre.
En savoir plus et revoir la conférence de presse.
Consulter le rapport, sa synthèse ou la page de la commission d’enquête
Lire également : Réponse de GBH au rapport de la Commission d’enquête du Sénat sur les marges des industriels et de la grande distribution

Forum économique outre-mer français de la Caraïbe – Haïti : construire des partenariats économiques d’avenir
Du 22 au 26 juin 2026, à l’initiative de Mme Micheline Jacques, sénateur de Saint- Barthélemy, président de la Délégation sénatoriale aux outre-mer, se tiendront, au Palais du Luxembourg, une série de rencontres économiques consacrées à la coopération entre Haïti et les outre-mer caribéens.
Onze filières prioritaires structureront le programme : agriculture, agro-transformation, BTP, canne et rhum, énergie, industrie, logement social, tourisme, transport et logistique, traitement des déchets, ainsi que l’appui à l’entrepreneuriat et au financement.
Cette démarche vise à faire émerger des opportunités concrètes d’investissements et de partenariat dans un moment clé pour la préparation de la réouverture de l’économie haïtienne, compte tenu des perspectives encourageantes de retour de la sécurité, et à l’heure où les outre-mer sont face à la nécessité de définir modèle de développement plus intégré régionalement.
Ce Forum est aussi une mise en œuvre concrète du volet Atlantique de l’étude triennale de la délégation aux outre-mer du Sénat consacrée à la coopération et l’intégration régionales des outre-mer.
Les entreprises intéressées peuvent se signaler auprès du bureau de Micheline Jacques : m.jacques@senat.fr

Proposition de loi portant diverses dispositions d’adaptation du droit des Outre-mer
Portée par la sénatrice Micheline Jacques et plusieurs de ses collègues et déposée au Sénat le 28 novembre 2024, cette proposition de loi sera examinée par la commission des affaires économiques, puis en séance publique à compter du mercredi 17 juin 2026.
Retrouvez le dossier législatif ici

La proposition de loi sur le chlordécone, de retour à l’Assemblée nationale, adoptée en commission des affaires sociales
La proposition de loi visant à reconnaître la responsabilité de l’État et à indemniser les victimes du chlordécone, déposée par le député Guadeloupéen Élie Califer, a fait son retour à l’Assemblée nationale en deuxième lecture. Le 27 mai, la Commission des Affaires sociales a adopté à l’unanimité cette proposition de loi.
DU CÔTÉ DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

Le Conseil constitutionnel valide le dégel partiel du corps électoral en Nouvelle-Calédonie, la loi publiée
Le Conseil constitutionnel a validé la loi organique autorisant un modeste dégel du corps électoral en Nouvelle-Calédonie pour les élections provinciales du 28 juin prochain. La loi a été publiée.
DU CÔTÉ DE L’EUROPE

David Cormand, député européen : « Ce n’est pas un accident si la vie est chère en Martinique »
Du 25 au 29 mai, le député européen David Cormand a mené une mission de terrain sur les conditions d’une concurrence loyale et les causes de la vie chère en Martinique.

ETS : les ports européens dénoncent un système qui détourne les trafics hors UE
Détournements de trafic, pertes d’activité et de connectivité, concurrence accrue des hubs hors UE, fragilisation du short sea… À l’approche de la révision de la directive EU-ETS, l’Organisation européenne des ports maritimes (Espo) presse Bruxelles de corriger sans attendre les « effets pervers » du mécanisme carbone appliqué au transport maritime avant toute extension du dispositif.
VIE DES TERRITOIRES

Logement social en Outre-mer : l’inquiétude monte face à des financements en baisse
La Fédération des élus des Entreprises publiques locales (FedEpl) a alerté le 26 mai 2026 dans un communiqué sur les conséquences de la baisse annoncée des crédits de la « ligne budgétaire unique » (LBU), principal levier de financement du logement social dans les territoires ultramarins.

Les Outre-mer, « un patrimoine géologique remarquable à valoriser » pour Xavier Daupley, directeur adjoint du BRGM
Présent dans l’ensemble des territoires ultramarins, le Bureau de recherches géologiques et minières y compte une quarantaine d’ingénieurs et chercheurs répartis autour du globe. Développement des énergies, recherche scientifique, protection des littoraux face à l’érosion et à la submersion marine, préservation de la ressource en eau… Les enjeux dans les Outre-mer sont nombreux.

Les vrais handicaps au développement de la Guyane : un regard critique sur les blocages d’un territoire sous tension
Dans ce document dense et argumenté, l’économiste et mathématicien Nestor Radjou propose une analyse critique des causes profondes du non-développement guyanais. L’auteur ne se limite pas aux approches classiques évoquant uniquement la colonisation, l’éloignement ou l’insuffisance de moyens financiers. Il développe une réflexion plus large sur les fractures identitaires, les conséquences psychosociologiques de l’esclavage, les effets d’une immigration massive, les déséquilibres communautaires, les difficultés d’aménagement du territoire, la dépendance économique, les logiques de rente, ainsi que les limites des politiques publiques nationales et locales

Mayotte – Assemblée plénière du département : débats sur le camp de Tsoundzou, la fibre et le port de Longoni
Réunie le mardi 26 mai 2026, l’Assemblée départementale de Mayotte a adopté l’ensemble des rapports à l’unanimité, dans une séance dominée par les débats sur le camp de Tsoundzou, la fibre optique et une réorganisation du port de commerce, avec un rapport finalement retiré de l’ordre du jour.

Nouvelle-Calédonie – Eramet : les actionnaires donnent leur feu vert à une augmentation de capital
Les actionnaires du groupe minier français Eramet, au premier rang desquels l’État et la famille industrielle Duval, l’ont autorisé mercredi 27 mai à lancer une augmentation de capital de 60 milliards de francs pour sortir de l’ornière, ce qui pourrait rebattre les cartes de l’actionnariat.
Voir aussi : Nickel. Dans un contexte houleux, Eramet rassemble ses actionnaires pour demander leur soutien

Nouvelle-Calédonie – Des mesures pour « lutter contre la vie chère »
Les élus du Congrès ont adopté le projet de loi du pays « portant diverses mesures en matière de concurrence ». Le texte comprend de nombreux ajustements techniques, et deux mesures spécifiques qui doivent « contribuer à la lutte contre la vie chère ».

La Réunion – Le décret créant une zone franche pour les communes de la CIREST prochainement publié
Le décret présidentiel créant une zone franche dans les communes du nord-est de La Réunion sera publié cette semaine au Journal officiel, a appris la rédaction d’Outremers360. Une « aide » demandée par les maires concernés, suite au passage du cyclone Garance, et promise par le chef de l’État.
COMMENTAIRE FEDOM :
La publication attendue du décret relatif à l’application des abattements majorés de la ZFANG dans les communes de la CIREST constitue une étape importante dans la mise en œuvre des engagements pris par le président de la République à la suite du passage du cyclone Garance. Cette mesure traduit de manière concrète la volonté des pouvoirs publics d’adapter plus finement les outils fiscaux ultramarins aux fragilités structurelles de certains territoires.
En ciblant les communes particulièrement touchées de l’Est réunionnais, le Gouvernement reconnaît la nécessité d’un accompagnement renforcé afin de soutenir la trésorerie, la capacité d’investissement et le maintien de l’activité des entreprises locales. Pour les acteurs économiques concernés, ces abattements renforcés doivent contribuer à créer des conditions plus favorables au développement économique et à la préservation de l’emploi.
La FEDOM sera attentive aux conditions de mise en œuvre du dispositif, notamment quant à sa lisibilité pour les entreprises et à son appropriation tant par les services fiscaux locaux que les collectivités concernées.
Retrouvez la fiche technique de la FEDOM sur le dispositif actualisé ici

La Réunion – L’entreprise réunionnaise Bioval Océan Indien rejoint le premier réseau mondial de la parfumerie-cosmétique Cosmetic Valley
Spécialisée dans l’extraction écoresponsable d’actifs végétaux issus des biomasses tropicales, Bioval Océan Indien intègre Cosmetic Valley, le premier réseau mondial de la parfumerie-cosmétique. La société réunionnaise figure parmi les 34 nouveaux adhérents validés le 5 mai par le conseil d’administration de l’association, et se trouve être la seule représentante ultramarine de cette promotion 2026.

Polynésie Française – Au port autonome de Papeete, le terminal à conteneur fait sa mue pour répondre à la hausse du trafic
C’est l’un des chantiers stratégiques pour l’économie polynésienne. Le Port autonome de Papeete prépare la transformation du terminal de commerce international. Conçu il y a un peu plus de 50 ans, le site arrive aujourd’hui à saturation. Pour réponde à l’augmentation du trafic maritime, et pour accueillir des navires plus imposants, le Port engage une vaste réorganisation de ses infrastructures en suivant son Schéma directeur d’aménagement 2022 -2032.

Saint-Barthélemy – Projet de nouvelle centrale EDF : « Se confronter à la réalité physique du dossier »
Le 6 mai, la directrice régionale d’EDF Archipel Guadeloupe, Marie-Line Bassette, s’est rendue à Saint-Barthélemy accompagnée d’une délégation de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) composée d’Emmanuel Massa et d’Ophélie Painchault.

Wallis et Futuna – Une évaluation stratégique à améliorer dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie, selon l’Autorité environnementale
Les articles du Code de l’énergie définissent le cadre d’élaboration ainsi que le contenu des programmations pluriannuelles de l’énergie (PPE), applicables aussi bien à l’Hexagone qu’aux territoires d’Outre‑mer. Pour chaque plan ou programme soumis à évaluation, l’Autorité environnementale (AE) désignée par la réglementation doit donner son avis et le mettre à disposition de la personne publique responsable et du public. Un avis adopté le 21 mai a évalué la qualité de l’évaluation environnementale stratégique (EES) et la manière dont ces enjeux ont été intégrés dans la deuxième PPE de Wallis‑et‑Futuna, élaborée conjointement par l’État et la collectivité territoriale. Cette PPE couvre deux périodes : 2024‑2028 et 2029‑2033.
RAPPORTS, ETUDES, AVIS

Sargasses aux Antilles : des potentiels de valorisation mais des freins financiers et réglementaires importants, analyse le Cerom
Au‑delà des enjeux strictement environnementaux liés à la dégradation de la qualité des eaux et des écosystèmes côtiers, la problématique des sargasses est d’autant plus sensible qu’elle comporte une dimension sanitaire. Dans ce contexte, l’objectif est de faire émerger des filières de valorisation durables et circulaires. Les pistes les plus avancées aujourd’hui concernent la production d’engrais ou de bioéthanol, mais ces solutions restent encore au stade expérimental et n’ont pas atteint un niveau de déploiement industriel, observe une étude des Comptes Économiques Rapides pour l’Outre-mer (Cerom), associés à l’Insee, l’Iedom et l’AFD.

Les communes de Guadeloupe affichent les dépenses de fonctionnement les plus élevées des DROM
Selon le dernier rapport de l’Agence Française de Développement (AFD), les municipalités de Guadeloupe détiennent le record des dépenses de fonctionnement parmi les DROM. Propulsés par des charges de personnel inédites et une inflation galopante, leurs budgets font face à une forte rigidité financière.
COMMENTAIRE FEDOM :
Cette dérive budgétaire n’est pas sans conséquences pour le tissu économique local.
À mesure que les dépenses de fonctionnement augmentent dans les budgets des collectivités, leurs marges de manœuvre financières se réduisent, au détriment de leur capacité d’investissement mais aussi du règlement des fournisseurs.
Les tensions de trésorerie qui en résultent contribuent directement à l’allongement des délais de paiement des collectivités ultramarines, parmi les plus élevés de France, une situation régulièrement dénoncée par la FEDOM.
Pour de nombreuses entreprises locales, ces retards de paiement ne sont pas une simple contrainte administrative : ils fragilisent la trésorerie des acteurs économiques, en particulier dans les secteurs fortement dépendants de la commande publique, comme celui de la construction, déjà confronté à de graves difficultés dans plusieurs territoires. Ces décalages de paiement freinent l’investissement, compliquent le règlement des charges sociales et fiscales dans les délais et contribuent à la disparition des entreprises les plus vulnérables.
Sans une meilleure maîtrise des dépenses de fonctionnement et un renforcement de la gestion financière des collectivités, les entreprises ultramarines continueront ainsi à supporter les conséquences directes des déséquilibres budgétaires publics.
Sous l’impulsion notamment de la DGFiP, plusieurs initiatives ont toutefois été engagées récemment dans certains territoires afin d’améliorer la situation : déploiement des contrats COROM, implication renforcée des DRFiP dans le dialogue avec les collectivités, ou encore mise en place d’un service facturier en Martinique depuis mars dernier. À La Réunion, une démarche globale de sensibilisation des différents acteurs publics et économiques a également été engagée. Ces actions, dont l’intensité reste encore variable selon les territoires, doivent désormais être amplifiées afin que la réduction des délais de paiement devienne une véritable priorité publique. Elles ne sauraient, dans le même temps, être affaiblies par des logiques d’économies budgétaires de court terme à l’occasion de l’élaboration du prochain PLF 2027.
VIE DES PARTENAIRES

Les 65 ans du Service militaire adapté célébrés à Paris entre mémoire, engagement et excellence culinaire
À l’occasion de son 65ème anniversaire, le Service militaire adapté (SMA) a organisé plusieurs journées de célébrations à Paris, réunissant jeunes volontaires, cadres militaires, partenaires institutionnels et personnalités du monde de la gastronomie autour des valeurs qui font la force du dispositif depuis plus de six décennies : l’insertion, la transmission, l’engagement et l’excellence. Durant plusieurs jours, des jeunes venus des sept régiments du Service militaire adapté ont participé à une série d’événements destinés à mettre en lumière leur parcours, leurs compétences et la richesse des territoires ultramarins qu’ils représentent.
COMMENTAIRE FEDOM :
La FEDOM était particulièrement heureuse de participer à la célébration ce 28 mai du 65ème anniversaire du SMA, dont elle est partenaire depuis de longues années et auprès duquel elle continue à s’engager au sein du comité exécutif de la Fondation du SMA.
Cette soirée marquait en effet la clôture d’une série de journées auxquelles ont participé des jeunes venus des 7 régiments, dont le parcours et les compétences ont ainsi été largement partagés.
Ils ont notamment participé à un concours culinaire, dont le chef Thierry MARX, très investi, présidait le jury, et dont les résultats ont été proclamés lors de cette manifestation à la fois joyeuse, émouvante et profonde, tant l’engagement de tous était sincère et porteur d’avenir.
Le palmarès est le suivant :
· Prix de la révélation du jury : RSMA de Mayotte
· Prix spécial du jury : RSMA de La Réunion
· Prix de l’audace : RSMA de la Martinique
· Prix de l’innovation : RSMA de Guadeloupe
· 3e prix : RSMA de la Nouvelle-Calédonie
· 2e prix : RSMA de la Guyane
· 1er prix : RSMA de la Polynésie française, qui remporte le concours avec son plat « Te Moana ».
Dans son discours de clôture, la ministre a rappelé à quel point le SMA était un pilier essentiel dans la politique de la nation à l’égard des jeunes de nos territoires (80% des jeunes issus des régiments trouvent un emploi ou une formation à l’issue de leur cursus) et souligné sa détermination à continuer à en accompagner le développement. La FEDOM souscrit totalement.

Projet de loi « État local » : l’ACCD’OM met en garde contre une « recentralisation excessive » et défend la libre administration des collectivités ultramarines
L’Association des communes et collectivités d’Outre-mer (ACCD’OM) exprime sa « plus grande vigilance « face au projet de loi dit « État local », qui prévoirait un renforcement significatif des pouvoirs des préfets. Dans un communiqué signé par son président Joseph Kaiha, l’association alerte sur les risques d’une « mise sous tutelle implicite » des collectivités, demande une « véritable concertation » avant tout vote et annonce une vigilance particulière sur les territoires régis par l’article 74 de la Constitution et en Nouvelle-Calédonie.

VivaTech – La French Tech la Réunion organise un rendez-vous business à ne pas manquer !
À l’occasion du salon VivaTech, la French Tech la Réunion organise une rencontre privilégiée entre les start-ups d’Outre-mer et de l’Océan Indien et des décideurs, dédiée à l’émergence d’opportunités business et de partenariats stratégiques. L’événement se tiendra le 18 juin 2026 de 15h30 à 17h30.
VIE DES ADHERENTS

Réunion – Le Grand port maritime de La Réunion se dote du BoatOn Book, un logiciel pour « coordonner la maintenance du Dock Titan »
Le Grand Port Maritime de La Réunion s’est doté du BoatOn Book, un logiciel lui permettant de « coordonner la maintenance du Dock Titan et de garder une traçabilité complète sur toutes les interventions »

Lodeom, loi programme, commande publique… La CPME Réunion veut remettre l’économie locale au centre du jeu
Alors que le Gouvernement planche sur une possible réforme des exonérations de charges et de la défiscalisation Outre-mer, la CPME Réunion hausse le ton. Son nouveau président, Pascal Plante, appelle à stopper l’instabilité fiscale et plaide pour une nouvelle loi-programme capable de redonner un cap économique aux territoires ultramarins. En parallèle, le patronat local veut accélérer sur les délais de paiement, la commande publique et le développement d’activités de proximité.

MPI Guadeloupe : « L’économie de nos territoires ne doit pas mourir d’un dogme continental »
Au cœur du Pacte vert de l’Union européenne, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), souvent appelé « taxe carbone européenne », doit permettre à l’UE d’étendre ses normes environnementales aux entreprises exportant sur son territoire. A quel prix pour les économies ultramarines ? Franck Desalme, Président de l’Association des moyennes et petites industries de Guadeloupe (MPI), tire la sonnette d’alarme sur le risque.

Mission Leyssene : la CPME défend sa vision du coût du travail et de l’investissement Outre-mer
Dans le cadre de la mission confiée par le Gouvernement à Philippe Leyssene, Contrôleur général des armées, et Gilles Lara-Adélaïde, Inspecteur général des finances, Dominique Vienne, Vice-président de la CPME nationale en charge de la France océanique, a été reçu afin de porter la voix des entrepreneurs ultramarins.

Filière canne : Tereos « réaffirme son engagement »
Dans un communiqué, Tereos confirme vouloir « accompagner une diversification de la détention du capital de l’industrie sucrière ».

Intervig : « Nourrir le territoire avec ses propres ressources »
Entre défis économiques et essor de la production locale, les filières porc et œufs s’affirment comme des leviers clés pour renforcer l’autonomie alimentaire en Guyane. Brice Augustin-Constantin, secrétaire général de l’Interprofession de l’Élevage et Viandes de Guyane, en décrypte les enjeux.

Corsair ouvre deux lignes vers la Guadeloupe depuis Marseille et Toulouse, sans passer par Paris
Seule compagnie à revendiquer un réseau direct entre les régions métropolitaines et les Outre-mer, Corsair ajoute deux nouvelles liaisons vers Pointe-à-Pitre. Une manière de contourner le passage obligé par la capitale.
VIE DE LA FEDOM

La prochaine Assemblée générale ordinaire de la FEDOM se tiendra le lundi 15 juin prochain à 14H00 au siège de la FNCE, 5 rue Masseran, Paris 7ème.
La partie statutaire sera, comme il est d’usage, suivie d’une session d’échange avec nos partenaires sur le financement des entreprises et la présentation des actes du colloque « Régulation en Outre-mer, solution à la vie chère ou facteur d’aggravation », organisé le 17 décembre 2025. Les travaux seront conclus par Naïma MOUTCHOU, ministre des Outre-mer, et suivis d’un cocktail.
Le nombre de places étant limité, il est impératif de s’inscrire avant le 3 juin.
La FEDOM sur les réseaux sociaux



LinkedIn : Fédération des Entreprises d’Outre-mer (FEDOM)
Twitter @LA_FEDOM
VIE DE L’ULTRALAB

À l’heure où chacun dresse un bilan des 80 ans de la départementalisation, Ultralab nous rappelle les principaux faits qui ont jalonné cette histoire pour permettre ainsi de mieux préparer la prise en compte des enjeux d’aujourd’hui et de demain. Ne pas oublier pour bien comprendre le chemin parcouru et tracer à suivre. Bonne lecture !
JOURNAL OFFICIEL

JORF du 27 mai
Décret du 26 mai 2026 portant nomination au conseil de l’ordre du Mérite maritime. Sont nommés au conseil de l’ordre du Mérite maritime : Mme Marie-Christine PONAMALE, en qualité de personnalité ultramarine qualifiée.
COMMENTAIRE FEDOM :
Rédactrice en chef et présidente du média en ligne Outremers360, Marie-Christine PONAMALE contribue depuis de nombreuses années, avec talent et détermination, à la valorisation et au rayonnement des Outre-mer. La FEDOM est fière de la compter parmi ses partenaires de longue date et lui adresse ses sincères félicitations pour cette distinction.

JORF du 28 mai 2026
Arrêté du 13 mai 2026 portant retrait de la licence d’exploitation de transporteur aérien de la société Air Antilles.

JORF du 29 mai 2026
LOI organique n° 2026-410 du 28 mai 2026 portant régularisation des natifs dans le corps électoral pour les élections au congrès et aux assemblées de province de Nouvelle-Calédonie (1)

JORF du 30 mai 2026
Décret n° 2026-416 du 29 mai 2026 portant convocation des électeurs pour le renouvellement intégral des membres du congrès et des assemblées de province de la Nouvelle-Calédonie, Jorf du 30 mai 2026

JORF du 31 mai 2026
Décret n° 2026-421 du 29 mai 2026 déterminant les conditions d’appréciation du taux de pauvreté mentionné au 2° du III de l’article 44 quaterdecies du code général des impôts et dressant la liste des communes de La Réunion éligibles à l’abattement fiscal renforcé