L’ÉDITO

Hervé MARITON
Président de la FEDOM
Le Premier ministre a annoncé, jeudi dernier, qu’il n’y aurait pas d’augmentations d’impôts dans les prochains textes budgétaires. Sans être trop savant en mathématiques, je sais que moins par moins fait plus. Ainsi une diminution des crédits d’impôts ou des réductions d’impôts (pour l’investissement productif) serait, en français courant, une augmentation d’impôts, désormais exclue ? Ai-je bien compris ? La mission en cours sur le financement des entreprises outre-mer peut porter des propositions intéressantes, des évolutions pertinentes. Mais rien dont l’impact puisse être sérieusement évalué avant les débats budgétaires. Alors le cadre me paraît simple et limpide. Pas de mise en cause des dispositifs (aides à l’investissement, exonérations de charges sociales) qui conduirait à une augmentation des prélèvements récusée par le Premier ministre. Et une discussion ouverte dont le débouché le plus sérieux serait une loi de programmation de développement économique pour la prochaine mandature. Simple, cohérent, efficace.
DU CÔTÉ DU GOUVERNEMENT

Emmanuel Macron relance le chantier de l’évolution statutaire pour la Guyane
Emmanuel Macron a reçu, le 21 mai, une délégation d’élus guyanais à l’Élysée. À la sortie de cette rencontre, le président de la Collectivité territoriale de Guyane, Gabriel Serville, a salué une reprise du dialogue tout en réaffirmant la volonté de la Guyane d’obtenir un statut “sui generis”.

Ebola : la France a pris de « premières mesures de précaution » à Mayotte, annonce Sébastien Lecornu
Le Gouvernement s’est dit mardi « très attentif » à l’épidémie d’Ebola et a annoncé avoir pris des « premières mesures de précaution » à Mayotte, bien que « le risque d’importation en France hexagonale » et dans l’archipel soit « très faible » à ce stade. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a alerté le 23 mai sur « l’ampleur et la rapidité » de l’épidémie d’Ebola, déjà suspectée d’avoir fait plus de 130 morts, qui se propage dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et qui pourrait durer.
En savoir plus : La préfecture et l’ARS précisent les mesures de précaution prévues en cas d’importation du virus Ebola à Mayotte

Après avoir augmenté le Smic, le gouvernement arbitre en faveur du gel des allègements de cotisations patronales
« Le gouvernement a décidé que l’enveloppe budgétaire dédiée aux allègements généraux n’augmentera pas », a annoncé le ministre du budget, David Amiel, le 22 mai sur TF1. Un décret devra donc être pris, après consultation des conseils d’administration des caisses de Sécurité sociale, pour empêcher le manque à gagner de deux milliards d’euros pour le budget de la Sécurité sociale induit mécaniquement par la revalorisation du Smic au 1ᵉʳ juin. Concrètement, il s’agit d’un « gel total du barème à la valeur du Smic au 1ᵉʳ janvier », précise Bercy. C’est « une nouvelle erreur majeure de politique économique », a réagi le président du Medef, Patrick Martin, dans Le Figaro le lendemain. « En renchérissant ainsi le coût du travail, le gouvernement aggrave directement le flux des défaillances, déjà en forte hausse », juge-t-il.
COMMENTAIRE FEDOM :
Comme de nombreux acteurs économiques, la FEDOM partage les inquiétudes exprimées quant aux effets d’un gel des allègements de cotisations patronales sur le coût du travail, sur la capacité des entreprises à créer des richesses et à préserver l’emploi.
Dans les Outre-mer, où les entreprises font face à des surcoûts structurels, à une compétitivité fragilisée et à une pression accrue liée à la vie chère, toute augmentation du coût du travail entraînera des conséquences particulièrement lourdes sur l’activité, l’investissement et l’emploi.
Dans ce contexte, la FEDOM appelle avec force à ce que la LODEOM sociale soit explicitement exclue de ce gel. Ce dispositif constitue un levier essentiel de soutien à l’économie ultramarine et un outil indispensable au maintien et à la création d’emplois dans nos territoires.
Remettre en cause, même indirectement, l’efficacité de ces exonérations reviendrait à fragiliser encore davantage le tissu entrepreneurial ultramarin, au moment même où les entreprises ont besoin de visibilité, de stabilité et de soutien pour relever les défis de compétitivité, de souveraineté économique et de développement régional.

Polynésie française – La reconduction du Fonds de transition énergétique en bonne voie
Dans une lettre adressée au député Moerani Frebault après leur rencontre la semaine passée, la ministre des Outre-mer se déclare favorable à la reconduction du FTE, qui doit s’éteindre en fin d’année. Par ce dispositif, l’État a participé à hauteur de 7 milliards de francs à des projets de transition énergétique locaux depuis 2023, en comptant les projets qui doivent être sélectionnés pour l’année 2026. « Au regard des besoins encore à couvrir à horizon 2035 » au fenua, Naïma Moutchou entend demander un renouvellement du fonds dans la prochaine loi de finances nationale. Le Pays a en outre déjà proposé de cofinancer le FTE pour le renforcer.
DU CÔTÉ DU PARLEMENT

Nouvelle-Calédonie : le Parlement élargit le corps électoral des provinciales aux « natifs » mais rejette le vote des conjoints à une voix près
À moins de six semaines des élections provinciales du 28 juin, l’Assemblée nationale a définitivement adopté, le 20 mai 2026, un élargissement d’urgence du corps électoral en Nouvelle-Calédonie. Par 386 voix contre 127, les députés ont validé l’inscription sur les listes électorales d’environ 10 500 « natifs » jusqu’ici exclus. En revanche, l’amendement visant à inclure les conjoints d’électeurs a été rejeté d’un cheveu, par 164 voix contre 163.
Voir également : Nouvelle-Calédonie : L’Assemblée nationale adopte l’ouverture du corps électoral provincial aux natifs | Outremers360 ; Nouvelle-Calédonie : la loi organique adoptée, les non-indépendantistes rompent les négociations | Maire-Info, quotidien d’information destiné aux élus locaux

Amendée mais « préservée », la réforme de la loi Morin relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français, validée en commission du Sénat
Votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale en janvier, la proposition de loi sur le nucléaire préparée entre autres par Mereana Reid-Arbelot a été validée en commission du Sénat. La députée se félicite de cette nouvelle étape. Si plusieurs amendements ont été adoptés, notamment pour exclure les touristes des indemnisations et simplifier certains mécanismes, le « cœur » du texte, sur la suppression du millisievert, la présomption irréfragable d’exposition, la considération des victimes indirectes et le remboursement des caisses maladie, reste inchangé. Et l’élue indépendantiste se dit très confiante sur une adoption en plénière du Sénat le 28 mai. Il faudra probablement que le texte repasse par le Palais Bourbon, voire par une commission mixte paritaire, pour être validé définitivement.

Le Sénat adopte à l’unanimité la restitution de dépouilles d’Amérindiens à la Guyane, 130 ans après leur mort dans des « zoos humains »
« Des voix longtemps étouffées qui retrouvent leurs terre » : le Sénat a donné lundi son feu vert au rapatriement en Guyane de dépouilles d’Amérindiens conservées au Muséum d’histoire naturelle, plus de 130 ans après leur mort dans les conditions indignes des « zoos humains ».

Les députés votent en commission une « symbolique » abrogation du Code Noir, à la veille des 25 ans de la loi Taubira
Le Code Noir n’a jamais été formellement abrogé. Les députés se sont engagés sur cette voie, le 20 mai, alors le lendemain, lors d’une réception à l’Elysée, Emmanuel Macron a célébré les 25 ans de la loi Taubira, qui reconnaît la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité.
Voir également : Macron laisse les outre-mer dans l’attente après sa déclaration sur les réparations de l’esclavage
VIE DES TERRITOIRES

Ces départements français où les salaires sont bien plus élevés que la moyenne (et ce n’est pas Paris)
Selon le dernier baromètre de l’Apec, les cadres des territoires ultramarins figurent parmi les mieux rémunérés de France, avec un salaire médian de 60 000 € bruts annuels, au même niveau que l’Île-de-France. Cette « prime ultramarine » s’explique par un coût de la vie plus élevé, mais aussi par la rareté des profils qualifiés et les difficultés de recrutement, qui poussent les entreprises à revaloriser les salaires. Les écarts sont particulièrement marqués dans l’industrie, où les rémunérations dépassent de 25 % celles observées en métropole, illustrant les tensions persistantes sur l’attractivité et la disponibilité des talents en outre-mer.
COMMENTAIRE FEDOM :
L’étude de l’Apec confirme une réalité bien connue des entreprises ultramarines : pour attirer et fidéliser les compétences, il faut souvent rémunérer davantage qu’en hexagone.
Dans les DROM, le salaire médian des cadres atteint 60 000 € bruts annuels, soit le même niveau qu’en Île-de-France et 5 000 € de plus que la moyenne nationale. Dans l’industrie, les écarts sont encore plus marqués : 76 000 € en médiane, soit 10 000 € de plus qu’en Île-de-France et 15 000 € de plus que dans le reste de la France. Dans le commerce, les rémunérations atteignent 63 000 €, au-dessus de la moyenne hexagonale.
Ces chiffres traduisent moins une situation favorable qu’un surcoût durable du travail qualifié, lié au coût de la vie, à la concurrence des sur-rémunérations publiques, à la rareté des profils disponibles localement et à la nécessité, souvent, de recruter hors territoire. Cette tension sur les salaires concerne particulièrement les cadres, les ingénieures et les professions intermédiaires, dont la rémunération doit souvent être majorée pour compenser garantir l’attractivité des postes sur long terme.
C’est précisément pour répondre à cette équation que la LODEOM doit être préservée dans son ambition : non comme un simple outil d’allègement des bas salaires, mais comme un levier de compétitivité permettant aux entreprises ultramarines de recruter, former et retenir les talents dont elles ont besoin. Recentrer les exonérations sur les seuls niveaux de rémunération les plus faibles reviendrait à créer une trappe à bas salaires, à freiner l’encadrement des entreprises et à pénaliser les secteurs stratégiques les plus exposés.
La FEDOM rappelle que dans des territoires où l’attractivité repose aussi sur la capacité à proposer des emplois qualifiés et correctement rémunérés, il serait contre-productif de fragiliser les dispositifs qui soutiennent cette dynamique. Préserver une LODEOM adaptée aux réalités salariales ultramarines, c’est défendre l’emploi, la compétitivité et, à terme, la souveraineté économique de nos territoires.

Avec la crise qui vient, les banques locales des Antilles s’apprêtent d’ores et déjà à fermer les vannes du crédit
Face à la dégradation économique aux Antilles, les banques locales pourraient durcir fortement leurs conditions d’octroi de crédit, anticipant une hausse des risques d’impayés. Dans un contexte de surendettement croissant des ménages et de fragilité budgétaire des collectivités, cette contraction du financement ferait peser une menace supplémentaire sur l’investissement et l’activité économique.
Voir également : Crédit bancaire, inflation, faillites : les Antilles face à un possible resserrement économique. J.M Nol | ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981

La mer au cœur des enjeux économiques des Outre-mer français
Les Outre-mer français, pour la plupart insulaires, sont par nature des territoires maritimes. La mer a forgé leur histoire, bien souvent leurs cultures et forge aujourd’hui leur quotidien. La mer est ce qui les relie au monde et à la France continentale. Leur économie est logiquement tournée en grande partie vers la mer, avec des activités diverses : la pêche, le transport maritime, les activités portuaires, le tourisme littoral, la croisière et le nautisme. Pour autant, la proportion des emplois maritimes ultramarins ne représente que 2,4 % du total des emplois marchands, un ratio équivalent à celui du territoire métropolitain. Mais le potentiel de développement Outre-mer est important, avec un enjeu majeur : concilier une économie bleue forte, créatrice d’emplois et de richesses, avec la préservation d’un environnement fragile, riche en biodiversité et particulièrement vulnérable aux pressions humaines et climatiques.

« Une ouverture aux échanges régionaux est indispensable pour l’avenir des territoires d’outre-mer »
Le projet de loi sur la vie chère dans les outre-mer devrait être examiné par les députés à l’été 2026. Lorenzo Falcucci, consultant en politiques publiques, souligne la nécessité d’insérer ces territoires dans leur environnement régional afin de réduire leur dépendance à la métropole et d’assurer leur développement.

Tourisme aux Antilles : Enguerrand Fabre, directeur du groupe GFD renforce son pari sur la formation et ouvre un nouveau campus Vatel en Guadeloupe
Après la Martinique, le groupe GFD ouvre une nouvelle école hôtelière Vatel en Guadeloupe dès septembre. Pour Enguerrand Fabre, directeur du groupe GFD et de Karibea Hôtels & Résidences, l’ambition dépasse la seule formation : accompagner la montée en gamme du tourisme antillais tout en formant localement les futurs managers du secteur. À quelques jours de la Convention internationale Vatel, organisée à Nantes du 20 au 24 mai et réunissant une centaine de directeurs d’écoles hôtelières du monde entier, le dirigeant revient sur les défis du tourisme antillais, le pari de la formation locale et sa vision d’une filière plus professionnalisée.

Guadeloupe -Pourquoi le paiement fractionné Alma séduit de plus en plus ?
Le paiement en plusieurs fois n’est plus réservé aux gros achats d’électroménager ou aux sites de e-commerce internationaux. En Guadeloupe, le service de paiement fractionné proposé par Alma gagne du terrain auprès des commerçants comme des consommateurs. Derrière cette progression, plusieurs réalités économiques et sociales propres au territoire.

Guadeloupe – Contrebande, trafic d’armes… En Guadeloupe, la difficile lutte contre les armes à feu
En Guadeloupe, la circulation des armes à feu est au cœur des préoccupations des autorités : on compte statistiquement une arme pour dix habitants. Depuis le début de l’année 2026, dans l’archipel, douze personnes ont déjà perdu la vie, tuées par balle. Les forces de l’ordre multiplient les opérations nocturnes et les contrôles maritimes pour intercepter les flux de contrebande. Nos confrères de France 2 ont pu suivre la brigade anticriminalité et la gendarmerie maritime dans leur quotidien. Enquête sur un trafic complexe et ses conséquences sur les familles des victimes.

Guyane – Lutte contre l’orpaillage clandestin sur le Haut-Maroni : le tribunal administratif rejette la « carence fautive » de l’Etat
Le tribunal administratif de Cayenne a rejeté la demande de six associations et de deux habitants d’un village amérindien de Maripasoula de condamner l’Etat pour « carence fautive » dans la lutte contre l’orpaillage illégal sur le Haut Maroni. Le juge reconnaît « le préjudice écologique culturel » des populations autochtones, mais rejette la responsabilité de l’Etat « compte tenu des moyens (…) déployés » dans cette lutte.

Martinique – La CTM présente sa prospective financière 2026-2030 et annonce une trajectoire de redressement sur trois ans
Réunie en séance plénière, l’Assemblée de Martinique a examiné la prospective financière 2026-2030 de la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM). Ce document vise à présenter l’évolution attendue des finances de la collectivité dans un contexte marqué par la hausse des dépenses sociales, la diminution des dotations de l’État et des contraintes budgétaires jugées structurelles. La CTM indique avoir engagé depuis 2022 plusieurs mesures de maîtrise et d’optimisation financière, avec l’objectif de restaurer progressivement ses marges de manœuvre tout en maintenant un niveau d’investissement annoncé à 800 millions d’euros sur la période.

Martinique – Budget européen 2028-2034 : l’Assemblée de Martinique adopte une motion unanime pour défendre la place des RUP
Réunie en séance plénière le 30 avril 2026, l’Assemblée de Martinique a adopté à l’unanimité une motion sur la place de la Martinique et des Régions ultrapériphériques (RUP) dans le futur Cadre financier pluriannuel (CFP) de l’Union européenne pour la période 2028-2034. Le texte, présenté publiquement le 13 mai, demande notamment le maintien du statut d’autorité de gestion de la CTM, la pérennisation des allocations spécifiques, le renforcement du POSEI agricole et la création d’un POSEI dédié à la pêche et à l’aquaculture.

Martinique – Sainte-Lucie. Le projet « 15 Produits » entre dans sa phase opérationnelle
Une délégation de la Collectivité Territoriale de Martinique s’est rendue à Sainte-Lucie les 18 et 19 mai afin de lancer les premières étapes opérationnelles du projet « 15 Produits » et de renforcer la coopération économique entre les deux territoires.

Mayotte – Cyclones, séismes, submersion : les contraintes qui redéfinissent la construction
Le territoire mahorais fait face à une accumulation de risques naturels qui pèsent directement sur l’aménagement et les projets de construction. Cyclones, séismes, mouvements de terrain, submersion marine ou encore recul du trait de côte : ces aléas structurent désormais une grande partie des réflexions autour du bâti et de l’urbanisme local.

Mayotte – Le recours à la formation continue chez les adultes est bien plus rare qu’au niveau national
L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) s’est intéressé à la formation pour adultes à Mayotte. Le 20 mai, il a livré une étude qui confirme qu’un petit pourcentage de travailleurs ayant déjà une formation initiale a poursuivi un apprentissage continu en 2022 (13%), tandis que l’accès à la formation est lui aussi plus restreint.

Mayotte – L’Astrolabe renforce la présence française dans l’océan Indien et fait escale à Mayotte
Le patrouilleur polaire L’Astrolabe a récemment fait escale à Mayotte dans le cadre de ses missions de rotation et de soutien logistique dans l’océan Indien. Une présence discrète mais stratégique pour ce navire emblématique basé à La Réunion, au cœur des enjeux maritimes français dans le sud de l’océan Indien.

Mayotte – Alertes des acteurs économiques sur le modèle économique tandis que le GPM accompagne la transition des exonérations
À travers deux prises de parole complémentaires, les acteurs économiques mahorais interpellent les pouvoirs publics sur les conditions de la relance. D’un côté, Marcel Rinaldy appelle (ici et là) à repenser le modèle économique de Mayotte et à renforcer les dispositifs de soutien, notamment via un régime d’exonérations plus adapté aux réalités locales ; de l’autre, le Groupement du Patronat de Mayotte (GPM) fait le point sur la transition vers la RGDU et l’intégration prochaine de la LODEOM, des évolutions attendues mais encore entourées d’incertitudes pour les entreprises. Deux signaux convergents sur la nécessité d’un cadre économique sur mesure pour accompagner durablement la reconstruction du territoire.
COMMENTAIRE FEDOM :
Lors des débats sur la loi de programmation pour la refondation de Mayotte en 2025, la FEDOM s’est fortement mobilisée, aux côtés des organisations économiques locales, pour défendre une ligne claire : accompagner la convergence sociale sans compromettre la compétitivité d’un tissu économique déjà fragile.
Cette mobilisation a permis d’éviter une suppression brutale du CICE, en prévoyant sa substitution progressive par la LODEOM sociale au 1er janvier 2027. L’article 23 du PLFSS 2026 a permis d’accélérer le calendrier : entrée anticipée de la LODEOM au 1er juillet 2026, extinction du CICE au 31 décembre 2026.
Mais le débat ne peut se limiter au calendrier. L’option aujourd’hui envisagée par le Gouvernement — un alignement de Mayotte sur le régime de droit commun applicable aux Antilles et à La Réunion — ne répond pas à la réalité du territoire. Mayotte cumule un déficit massif d’infrastructures, des besoins exceptionnels de reconstruction et un tissu économique encore fragile. Dans ce contexte, l’application du régime renforcé de la LODEOM aujourd’hui en vigueur en Guyane apparaît comme la réponse la plus adaptée.
Un tel choix permettrait de soutenir immédiatement les secteurs qui seront au cœur de la refondation du territoire — BTP, logistique, entreposage, ingénierie et conseil — en leur donnant les moyens d’investir, de recruter et de structurer durablement l’économie locale.
À Mayotte, la convergence vers le droit commun ne peut être une simple harmonisation administrative : elle doit être pensée comme un levier de développement.

Nouvelle-Calédonie – Le port autonome a redressé la barre en 2025
Après les émeutes de 2024, le Port autonome de Nouvelle-Calédonie affiche une reprise de ses trafics en 2025. Il enregistre une croissance de 4,4% à 3,8 millions de tonnes. Les sites miniers de l’île ont de leur côté traité 6,04 Mt, portant le trafic total de l’île à 9,8 Mt.

Nouvelle-Calédonie – Crise économique : la FEINC veut peser face au pouvoir
La Fédération des entreprises et industries de Nouvelle-Calédonie a tenu son assemblée générale ordinaire jeudi dernier au sein de l’entreprise Les Cacaos du Pacifique, à Nouville. Un rendez-vous stratégique pour l’organisation patronale, qui a profité de cette rencontre pour dresser le bilan d’une année 2025 particulièrement mouvementée, mais aussi pour préparer les grands chantiers économiques de 2026.

Nouvelle-Calédonie – Deux ans après les violences de 2024 en Calédonie, « nous avons versé des indemnités pour 61,4 milliards de francs », évalue le président du Cosoda
Le secteur, discret, des assurances en Nouvelle-Calédonie a basculé en pleine lumière, face aux milliards de dégâts constatés durant la crise insurrectionnelle de 2024. Deux ans après, où en sont les indemnisations ? Quel impact sur les contrats ? Entretien en longueur avec Jean-Michel Calba, pour le comité des sociétés d’assurance.

Nouvelle-Calédonie – Reconstruction : le gouvernement calédonien veut prolonger les mesures d’urgence
Le Gouvernement a adopté, mercredi 20 mai, un projet de loi du pays destiné à prolonger les mesures dérogatoires mises en œuvre après les émeutes pour accélérer la reconstruction des entreprises. Il a également validé la levée des restrictions à l’importation sur le chocolat et annonce un accord avec l’État pour sécuriser le financement des régimes sociaux jusqu’à la fin de l’année.

Polynésie française – Rangiroa : hausse de la fréquentation touristique et nouveaux projets d’hébergement
En marge du conseil des ministres décentralisé aux Tuamotu, le Gouvernement a dressé le bilan d’une année 2025 record pour le tourisme à Rangiroa, avec plus de 37 000 visiteurs enregistrés. Pour soutenir ce boom de fréquentation, une série d’investissements sont prévus.

La Réunion – Le CHU officialise le projet Réunisim, futur Centre régional de formation et de simulation en santé de l’océan Indien
Le Centre hospitalier universitaire (CHU) de La Réunion a officialisé le 18 mai 2026 la création de Réunisim, futur Centre régional de formation et de simulation en santé de l’océan Indien.

Le miel de Wallis et Futuna : une filière d’avenir aux portes de l’export
A Wallis et Futuna l’apiculture est un secteur confidentiel mais prometteur. Avec un environnement préservé, une qualité sanitaire exceptionnelle et des débouchés à l’export déjà ouverts vers l’Europe, le miel local pourrait devenir l’un des nouveaux produits d’exception du fenua.
VIE DES PARTENAIRES

RSMA Guyane : accompagner, structurer, révéler
Chef de corps du RSMA de la Guyane depuis juillet 2025, le colonel Thibaut Dutailly pilote un dispositif essentiel pour l’insertion des jeunes. Dans un territoire aux réalités complexes, le régiment agit comme un véritable levier d’avenir, entre exigence, accompagnement et engagement humain.

Bilan 2025 : le tourisme, moteur toujours stratégique des économies ultramarines
Selon le bilan 2025 d’Atout France, le tourisme ultramarin confirme sa résilience avec près de 2 millions de visiteurs et 2,5 milliards d’euros de recettes, malgré des performances contrastées selon les territoires. Si La Réunion et la Polynésie française tirent leur épingle du jeu, d’autres destinations ont été fragilisées par des tensions sociales ou des aléas climatiques, comme en Martinique, en Nouvelle-Calédonie ou à Mayotte. Ces résultats rappellent le poids stratégique du tourisme pour les économies ultramarines, tout en soulignant la nécessité de renforcer leur attractivité et leur capacité d’adaptation.

Élection au Groupe des Outre-mer du Conseil Économique, Social et Environnemental
À la suite de l’élection de Madame Claire Thoury, à la présidence du CESE, Madame Shirley Billet, a été élue Vice-présidente du bureau. Une première dans l’histoire de l’institution comme celle du Groupe des Outre-mer. Conseillère, représentante des activités économiques et sociales du bassin Atlantique, Shirley Billot, participera désormais, aux côtés de la Présidente du CESE à la conduite et à l’animation des travaux de la troisième Assemblée de la République.
Le Groupe des Outre-mer prend également acte de l’installation de sa nouvelle gouvernance pour cette mandature. Madame Evelyne Brichet, représentante du bassin Pacifique, assurera la Présidence du Groupe des Outre-mer du CESE. Monsieur Jocelyn Jalton a été désigné Vice-président du Groupe, aux côtés de Monsieur Vaimu’a Muliava. Madame Catherine Dodeman, exercera les fonctions de Secrétaire du Groupe et Madame Maymounati Moussa celles de Trésorière.
COMMENTAIRE FEDOM :
La FEDOM adresse ses sincères félicitations à Shirley Billot, à Evelyne Brichet ainsi qu’à l’ensemble du nouveau bureau du Groupe Outre-mer du CESE, avec lequel elle souhaite poursuivre un dialogue étroit au service du développement économique, social et environnemental des territoires ultramarins.
Elle tient également à saluer l’engagement des membres sortants du Groupe, qui ont contribué à faire entendre avec constance la voix des Outre-mer au sein de la troisième Assemblée de la République.
Une pensée particulière est adressée à Pierre Marie-Joseph, président sortant du Groupe Outre-mer et administrateur de la FEDOM, dont l’action au cours des deux dernières années a été marquée par un engagement constant en faveur de la reconnaissance des enjeux économiques ultramarins et du renforcement du dialogue entre les acteurs institutionnels et les forces vives des territoires.

Alexandre Gautier interviewé pour le Grand format Outre-mer
Alexandre Gautier, président de l’IEDOM et directeur général de l’IEOM, livre ses réflexions au sujet des conséquences de la hausse du prix de carburant pour les territoires ultramarins.

Les sargasses dans le viseur de l’Iedom, l’Insee et l’AFD
Les sargasses s’imposent sur les côtes martiniquaises et leurs effets dépassent désormais le seul enjeu environnemental. Dans une note présentée le 23 mai, l’AFD, l’Insee et l’Iedom dressent un premier état des lieux des conséquences économiques de ces échouages massifs : coûts de collecte, pertes pour les entreprises, usure accélérée des équipements et interrogations sur l’attractivité du territoire.
Voir également : Les enjeux économiques des sargasses dans les Antilles (…) ; Sargasses aux Antilles : des potentiels de valorisation mais des freins financiers et réglementaires importants, analyse le Cerom | Outremers360

Interco’ Outre-mer et l’ANEL renforcent leur coopération sur les enjeux littoraux ultramarins
Interco’ Outre-mer et l’Association nationale des élus des littoraux (ANEL) ont annoncé le renforcement de leur partenariat autour des enjeux liés aux littoraux ultramarins. Les deux organisations ont notamment acté la mutualisation du guichet juridique de l’ANEL, désormais accessible gratuitement aux adhérents d’Interco’ Outre-mer.

Banque des Territoires : une nouvelle feuille de route pour mieux contrer la crise du logement
Cette nouvelle « feuille de route » de la Banque des Territoires vise la production de 650.000 logements abordables supplémentaires d’ici 2030 et implique la mobilisation globale de 100 milliards d’euros. Elle a été présentée ce 21 mai à l’occasion du Printemps des Territoires, événement auquel participait le ministre Vincent Jeanbrun, qui a notamment échangé avec les élus sur le contenu de son futur projet de loi.

Séminaire Nasse – Enjeux concurrentiels dans les Outre-mer
Les économies ultramarines font face à de fortes contraintes structurelles (étroitesse des marchés, éloignement géographique, dépendance aux importations) qui pèsent sur le fonctionnement de la concurrence. Le séminaire du 15 juin, co-organisé par le Ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique et l’Autorité de la Concurrence aura pour objectif d’analyser dans quelle mesure ces contraintes rendent nécessaire la mobilisation du levier concurrentiel, quels objectifs fixer à la politique de la concurrence dans ce cadre spécifique, et quelles en sont les limites, notamment sur la formation des prix. Elle s’appuiera en particulier sur les travaux récents de l’Autorité de la concurrence portant sur les Outre-mer, dont son analyse des causes de la vie chère en Martinique, publiée en 2026.
VIE DES ADHERENTS

BRED – HEC Stand Up 2026 : un tremplin pour l’entrepreneuriat féminin dans les Outre-mer
BRED Banque Populaire est mécène du programme HEC Stand Up dans les Outre-mer. Cette formation gratuite en entrepreneuriat, dédiée aux femmes, quels que soient leur parcours et leur âge, vise à les aider à surmonter les obstacles et à réussir dans la création d’entreprise ou l’accès à l’emploi. Elle se déroule en 9 semaines, 3 modules, incluant du numérique, du terrain et une session en présentiel, afin d’obtenir la certification « HEC Stand Up » à l’issue du programme.

Le monde économique attend des décisions au Congrès de l’eau
La question de l’eau revient au centre du débat public en Guadeloupe. À l’approche du Congrès des élus annoncé pour juin 2026, la CCI des Îles de Guadeloupe, l’UDE-MEDEF Guadeloupe et la CPME Guadeloupe ont publié un communiqué commun saluant cette initiative tout en réclamant des mesures concrètes. Pour les représentants du monde économique, la crise de l’eau constitue désormais un frein direct à l’activité et à l’attractivité du territoire. Prévu à l’initiative du président du Conseil départemental, Guy Losbar, ce Congrès consacré à l’eau intervient dans un contexte marqué par plusieurs décennies de dysfonctionnements structurels.

Hydro-Tanika : un projet innovant d’EDF à La Réunion pour produire de l’électricité grâce à l’océan
Produire de l’électricité verte lorsque le soleil se couche et que les vents faiblissent à la tombée de la nuit, là où la demande est la plus forte, c’est le projet innovant d’Hydro-Tanika porté par EDF à La Réunion. Il s’agit d’une station de transfert d’énergie par pompage en utilisant l’eau de l’océan.

EDF Martinique porte ses investissements annuels à 70 millions d’euros
Trois mois après sa prise de fonctions, Pierre Bernard a livré le 20 mai 2026 son premier bilan public à la tête d’EDF Martinique, et le message tient en une formule : l’opérateur accélère. Investissement annuel porté à 70 millions d’euros contre 55 il y a trois ans, énergies renouvelables qui franchissent le seuil des 27 % du mix grâce au retour de l’éolien et à la montée du photovoltaïque, consommation en recul pour la première fois depuis des années sous l’effet conjugué de la météo et des actions de maîtrise de la demande, 30 GWh économisés via le dispositif AGIR+ et ses cent partenaires : la dynamique 2025 est franchement positive. À l’horizon de la conférence, des chantiers de grande ampleur viennent prolonger l’élan. Le poste d’Union sort de terre pour sécuriser tout le centre de l’île, 16 km de liaisons souterraines HTB se préparent vers Trinité dans le cadre du projet Konekt Elec, la centrale Pointe des Carrières s’offre une cure de jouvence à 30 millions d’euros, trois nouvelles batteries arriveront en 2027-2028 et un compensateur synchrone à Hydrobase est déjà à l’étude.

CCI Réunion : édition 2026 des « Médailles d’Or des Entrepreneurs »
Piloter une entreprise est loin d’être un long fleuve tranquille. C’est un défi de chaque instant qui exige de la persévérance, une grande réactivité et une quête permanente de performance. Pour honorer ces parcours hors norme, la CCI Réunion renouvelle son opération phare en 2026. Après avoir déjà distingué 180 dirigeants lors des précédentes éditions, 82 lauréats en 2024 et 97 en 2025, la chambre consulaire part à la recherche des nouveaux visages qui dynamisent et font rayonner l’économie locale.

CMA CGM reçoit le « Notre Dame », le plus gros porte-conteneurs sous pavillon français
Le groupe français, numéro 2 mondial du transport conteneurisé a pris possession du « CMA CGM Notre- Dame », son plus gros porte-conteneurs. Comme l’avait annoncé son président Rodolphe Saadé, le navire arbore le pavillon français.
VIE DE LA FEDOM

Joséphine FOSSAERT-LELOUTRE, nouvelle déléguée générale de la FEDOM
Joséphine FOSSAERT-LELOUTRE, jusqu’ici directrice des affaires institutionnelle à CCI France, prend ce mardi 26 mai les fonctions de déléguée générale de la FEDOM. L’Assemblée générale du 15 juin prochain permettra aux adhérents qui ne l’ont pas encore rencontrée, de faire sa connaissance.
Son arrivée marque une nouvelle étape pour la Fédération, qui poursuit son engagement au service des entreprises ultramarines et de leur développement. Forte de son expérience, elle aura pour mission de porter les priorités économiques des Outre-mer auprès des pouvoirs publics et d’accompagner les grands enjeux des territoires, notamment en matière de compétitivité, de vie chère et d’insertion régionale.
Les adhérents et les partenaires peuvent la contacter à l’adresse suivante : jfossaertleloutre@fedom.org
La FEDOM lui souhaite pleine réussite dans ses nouvelles fonctions.

40ème Assemblée générale ordinaire de la FEDOM
La prochaine Assemblée générale ordinaire de la FEDOM se tiendra le lundi 15 juin prochain à 14H00 au siège de la FNCE, 5 rue Masseran, Paris 7ème.
La partie statutaire sera, comme il est d’usage, suivie d’une session d’échange avec nos partenaires sur le financement des entreprises et la présentation des actes du colloque « Régulation en Outre-mer, solution à la vie chère ou facteur d’aggravation », organisait le 17 décembre 2025. Les travaux seront conclus par Naima MOUTCHOU, ministre des Outre-mer, et suivis d’un cocktail.
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JOURNAL OFFICIEL

JORF du 20.05.2026
– Arrêté du 11 mai 2026 portant nomination de M. Pierre ALLEGRET au conseil de surveillance de l’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM)
– Arrêté du 11 mai 2026 portant nomination de Mme Marie-Aurore ADROVER-MALNOURY au conseil d’administration de l’Etablissement public foncier et d’aménagement de la Guyane

JORF du 22.05.2026
– Arrêté du 18 mai 2026 portant création d’une zone interdite identifiée SO-P 4 Roura dans la région de Roura (Guyane), dans la région d’information de vol de Cayenne
– Arrêté du 18 mai 2026 portant création d’une zone interdite identifiée SO-P 3 dans la région de Kourou (Guyane), dans la région d’information de vol de Cayenne
– Arrêté du 18 mai 2026 portant suppression de la zone réglementée identifiée SO-R 6 Secteur VSV dans la région de Cayenne (Guyane), dans la région d’information de vol de Cayenne
– Arrêté du 7 mai 2026 relatif à l’exploitation de services de transport aérien par la société AIR SAINT-PIERRE

JORF du 23.05.2026
– Décret n° 2026-393 du 22 mai 2026 portant modification de la partie réglementaire du code de l’énergie relative aux schémas de raccordement au réseau des énergies renouvelables dans les zones non interconnectées
Objet : le texte adapte la partie réglementaire du code de l’énergie relative aux schémas de raccordement au réseau des énergies renouvelables dans les zones non interconnectées pour tenir compte des évolutions introduites par l’ordonnance n° 2023-816 du 23 août 2023 relative au raccordement et à l’accès aux réseaux publics d’électricité. Il vise notamment à accélérer l’élaboration des schémas en encadrant certaines phases d’élaboration, à renforcer leur portée anticipatrice en fiabilisant la planification à travers la mise en place d’un dispositif de déclaration des producteurs par le gestionnaire de réseau, en renforçant l’articulation avec la programmation pluriannuelle de l’énergie et en précisant la méthode de définition des ouvrages prioritaires dont les travaux sont lancés dès l’approbation de la quote-part du schéma. Le texte vise également à rationaliser la méthode de sélection des ouvrages retenus dans le périmètre de mutualisation via l’introduction d’un critère technico-économique défini par arrêté.