L’ÉDITO

Hervé MARITON
Président de la FEDOM
La relation du précédent ministre des Outre-Mer avec le monde économique était particulièrement rugueuse. Engageant par exemple, le débat budgétaire avec l’amputation de l’aide fiscale à l’investissement et celle aussi des exonérations de charges sociales outre-mer (LODEOM). Notre mobilisation, à Paris et sur le terrain, le soutien des élus, le changement de Gouvernement, doivent permettre, au final, de préserver ces deux dispositifs essentiels à nos entreprises et à l’emploi.
Plusieurs rencontres, la semaine dernière, avec la ministre Naïma Moutchou, son directeur de cabinet et la directrice de cabinet adjointe, nous annoncent, les débats budgétaires franchis, la volonté d’un changement de manière de faire. Davantage de concertation avec les acteurs économiques, plus en amont, dans une approche positive. Saisissons-en l’augure. La ministre évoque la perspective d’une loi d’orientation. Volontiers, c’est une proposition maintes fois exprimée par la FEDOM. La ministre est consciente des contraintes de calendrier mais les bases peuvent être posées. La ministre souhaite reprendre autrement la question des éventuelles évolutions des grands dispositifs économiques, « donner plus de souffle » à la Lodeom ; le Premier ministre lui a demandé d’ouvrir le chantier. L’enjeu, pour nous, est évidemment de pousser à « faire mieux » et non de subir un éventuel « faire moins ». Une mission doit être lancée, à laquelle nous serons associés. Notre connaissance des sujets nous permet de nous y engager solidement, avec vigilance.
On nous annonce aussi une signature prochaine du Plan pour le logement Outre-Mer (PLOM). Enfin … tant mieux !
Sur « la vie chère », la question de la péréquation des frais d’approche semble avancer. Espérons …
La mise en œuvre effective de la garantie émeutes doit être suivie attentivement. Et la mise en œuvre des mesures annoncées pour la Nouvelle Calédonie, pour Mayotte …
Autant d’enjeux importants pour lesquels on ne peut que souhaiter une relation de travail plus ouverte, plus féconde. Nous répondons « présents ».
LE FOCUS DE LA SEMAINE

Un budget pour 2026
Face à l’impasse des discussions budgétaires, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait engagé ce mardi 20 janvier dernier la responsabilité de son gouvernement via l’article 49.3 sur la partie « recettes » du PLF, en dépit de sa promesse initiale de laisser les députés se prononcer jusqu’au bout sur le budget. Cette décision avait provoqué le dépôt de deux motions de censure, l’une par La France insoumise (LFI), associée aux écologistes et aux communistes, l’autre par le Rassemblement national (RN). Examinées dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale le 23 janvier, elles ont été rejetées par les députés. Dans la foulée, Sébastien Lecornu a engagé par un deuxième 49.3 sa responsabilité sur la partie « dépenses » du budget, et deux nouvelles motions de censures ont été annoncées par le RN et LFI, elles devraient être examinées mardi 27 janvier.
Le texte devrait ensuite repartir au Sénat où les sénateurs auront le choix entre un rejet d’emblée par le biais d’une question préalable, et une réécriture du texte.
Il devrait enfin revenir à l’Assemblée nationale, où une ultime utilisation du 49.3 sera nécessaire pour faire adopter définitivement le texte.
Dans ce contexte, les équipes de la FEDOM ont analysé certaines mesures en faveur des entreprises ultra-marines, retenues par le gouvernement sur la partie recettes mais aussi sur la partie dépenses du projet de loi de finances pour 2026 :
1. La suppression de la réforme du régime de l’aide fiscale à l’investissement productif outre-mer, initialement envisagé la maquette déposée par le gouvernement, à l’article 7, en octobre 2025. Le Premier ministre et la ministre des Comptes publics s’étaient engagés à son report lors de l’examen du texte à l’Assemblée et au Sénat. Le FEDOM, les organisations économiques et les parlementaires s’étaient fortement mobilisés pour supprimer cette réforme.
2. La révision de l’article 33 de loi de finances pour 2025 qui permet désormais la mise en œuvre opérationnelle du dispositif de soutien fiscal à l’investissement en faveur de la reconstruction des immeubles détruits par les émeutes du printemps/été 2024 en Nouvelle-Calédonie. Ce dispositif introduit par la loi de finances pour 2025 comportait des lacunes importantes, elles ont été en grande partie corrigées lors de l’examen du texte au Sénat puis à l’Assemblée par voie d’amendement du sénateur Georges Naturel et du Gouvernement :
Les amendements sécurisent juridiquement les opérations de réhabilitation lourde d’immeubles détruits lors des émeutes et :
– ils permettent la réhabilitation lourde d’immeubles effectuée directement par les propriétaires-exploitants et les propriétaires d’immeubles donnés en locations ;
– ils élargissent le bénéfice de l’aide prévue à l’article 33 de la loi de finances pour 2025 aux travaux de réhabilitation lourde d’immeubles, autres que ceux à usage d’habitation, exploités dans le cadre d’une activité relevant de l’un des secteurs normalement exclus du champ des réductions d’impôt susmentionnées : commerce, activités immobilières, santé, banque et assurance, etc. ;
– ils précisent que la mesure prévue à l’article 33 de la loi de finances pour 2025 s’applique aux immeubles partiellement ou totalement détruits ;
– ils portent le seuil d’agrément, par programme d’investissement, à 2 000 000 € d’euros au lieu de 1 000 000 € ou 250 000 € actuellement, afin de permettre aux entreprises de Nouvelle-Calédonie de bénéficier de l’aide fiscale au titre de la réhabilitation de leurs immeubles dans des délais plus courts et, ainsi, de relancer plus rapidement l’économie calédonienne. Le relèvement de ce seuil ne concerne toutefois pas les investissements consistant en l’acquisition et la réhabilitation lourde d’immeubles détruits en Nouvelle-Calédonie et exploités dans les secteurs éligibles au sens du I de l’article 199 undecies B du CGI visés au III de l’article 217 undecies du code général des impôts (investissements réalisés dans les secteurs dits « sensibles » et dans le secteur des transports).
3. L’introduction d’un « fonds émeutes » par voie d’amendement du gouvernement déposé en nouvelle lecture à l’Assemblée nationale. Le projet de budget du gouvernement ne prévoit, en effet, plus d’imposer une surprime sur tous les contrats d’assurance pour couvrir les dégâts des émeutes, mais plutôt un « fonds émeutes » abondé par les assureurs. Le gouvernement entend toujours renforcer la couverture des dégâts des émeutes par les assureurs, mais cela ne se fera pas via le mécanisme envisagé dans un précédent amendement déposé par le gouvernement lors de l’examen du texte au Sénat, où une contribution systématique d’au moins 2% sur les contrats auto et habitation était prévue. A la place, le gouvernement souhaite créer un « fonds émeutes » auxquels contribueraient les assureurs qui le souhaitent et qui serait confié à un organisme public, la Caisse centrale de réassurance. Cette mesure permettrait aux assureurs de réserver la mutualisation des risques à ceux liés aux collectivités et les entreprises des territoires les plus touchés par les émeutes, notamment la Nouvelle-Calédonie et les Antilles. « Le gouvernement a souhaité recentrer le financement pour plus de proportionnalité et d’efficacité », a indiqué Bercy ; « Cet ajout permet une bouffée d’air pour la Nouvelle-Calédonie ».
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Nous regrettons néanmoins que certaines mesures importantes, introduites par voie d’amendement lors des débats, n’aient pas été retenues comme l’amendement visant à prévoir le retraitement des réductions d’impôts Outre-mer dans le calcul de la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR). Pour rappel, l’article 2 du projet de loi de finances pour 2026 confortait dans son principe la CDHR en omettant de reconduire certaines exceptions en particulier, les réductions d’impôts attachées aux investissements productifs ou aux logements sociaux Outre-mer financés via des schémas locatifs externalisés faisant intervenir des contribuables soumis à l’IRPP en tant que porteurs temporaires des actifs. En omettant de retraiter (d’extourner) ces réductions d’impôt, le législateur semblait considérer que l’intégralité de ces réductions d’impôt revenait aux contribuables investisseurs. C’est méconnaître l’obligation légale de rétrocession à l’exploitant ultramarin de la majeure partie de l’avantage fiscal constaté par le porteur. C’est pourquoi, tant en termes de justice fiscale que de préservation de la collecte de l’épargne vers les investissements Outre-mer, il nous paraissait juste et nécessaire de retraiter la part de la réduction d’impôts rétrocédée par le contribuable à l’exploitant ultramarin.
Sur le malus automobile, nous regrettons la décision du Gouvernement de ne pas adapter sa politique à la réalité des Outre-mer (article 13). Il s’agit pourtant d’un enjeu de pouvoir d’achat et de mobilité. En effet, la stratégie nationale d’électrification du parc automobile (malus carbone et malus masse) repose sur une architecture dont nos territoires ne disposent pas : un mix électrique décarboné, des routes moins accidentées, un réseau étendu d’infrastructures de recharge de véhicules électriques, un réseau de transports collectifs organisés et des filières de recyclage des batteries pleinement fonctionnelles. Concrètement, le malus doublera pour une Peugeot 2008 passant de 400 € en 2025 à 818 €. Il atteindra 983 € pour une Clio Tce90 contre 540 € aujourd’hui, et s’élèvera à 1 386 € pour une Renault Captur Tce90, contre 898 € en 2025. À cette charge supplémentaire, s’ajoute la hausse des prix des carburants, induite notamment par la sixième période des certificats d’économies d’énergie et par la mise en œuvre du système d’échange de quotas d’émission ETS 2.
Sur la politique énergétique, nous dénonçons le sabordage du photovoltaïque outre-mer. Rappelons d’abord que le photovoltaïque constitue en effet un pilier essentiel du mix énergétique des Outre-mer. Dans des territoires éloignés, où la dépendance aux énergies fossiles reste forte et où le coût de production de l’électricité est élevé, cette filière offre une solution locale, propre et compétitive. Elle favorise également le développement économique et la création d’emplois non-délocalisables dans des zones souvent fragiles. Or, le doublement du taux de l’Imposition forfaitaire des entreprises de réseaux (IFER) à compter de 2027 sur les centrales photovoltaïques mises en service avant 2021 (article 19), cumulé à la révision rétroactive des contrats de production photovoltaïque S06 et S10 (article 69), menacent gravement l’équilibre et le maintien de plusieurs productions photovoltaïques. Connaissant la complexité de ces filières, la FEDOM et ses partenaires avaient pourtant appelé le Gouvernement à garantir la sécurité juridique des engagements contractuels de l’État, à maintenir l’attractivité et la compétitivité des projets ultramarins, et à assurer la pérennité d’une filière essentielle à la transition et à l’autonomie énergétique des Outre-mer.
D’autres mesures techniques en faveur des entreprises ultramarines seront commentées dans une prochaine LH.
Voir également : Budget : Le gouvernement abandonne le projet de surprime »émeutes » dans les contrats d’assurance au profit d’un « fonds émeutes » | Outremers360
DU CÔTÉ DU GOUVERNEMENT

Avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie : Que contient l’accord Élysée-Oudinot, complétant l’accord de Bougival ?
L’État et les partenaires politiques calédoniens ont signé le 19 janvier à Paris, un accord complémentaire à l’accord de Bougival du 12 juillet 2025. Un accord à la fois politique, qui revient sur l’identité kanak, l’autodétermination et le transfert de compétences, signé à l’Élysée ; mais aussi économique, avec de nouveaux financements, « 2,2 milliards d’euros doivent y être injectés sur la période 2026-2030 », a indiqué Naïma Moutchou aux sénateurs, lors de son audition le 22 janvier.
Les indépendantistes du FLNKS ont annoncé, le 21 janvier, rejeter « sans équivoque » l’accord institutionnel et économique sur la Nouvelle-Calédonie signé à l’Elysée par différents partis pour débloquer le processus politique sur l’archipel.
Concernant la suite du calendrier : le texte de l’accord Élysée-Oudinot a été publié le 24 janvier au journal officiel (voir rubrique JORF ci-dessous). Arrivera ensuite le premier obstacle sérieux à Paris, celui du passage devant les parlementaires pour le vote de la loi constitutionnelle. Dans les couloirs de l’Assemblée nationale, les députés se montrent partagés sur l’accord Elysée-Oudinot. Le vote des parlementaires sera pourtant décisif pour la suite du processus.
Voir également : Sommet sur la Nouvelle-Calédonie : Signature de l’accord Élysée-Oudinot, « complémentaire » à Bougival, à la fois politique et économique | Outremers360 ; Les indépendantistes du FLNKS rejettent le nouvel « accord Élysée-Oudinot » ; Elysée-Oudinot : le complément d’accord en quête de majorité parlementaire ; Nouvelle-Calédonie : un accord trouvé, mais d’importants obstacles sur la route | Les Echos; Nouvelle-Calédonie : Les élections provinciales « doivent être reportées une nouvelles fois », affirme la présidente du Congrès ; Nouvelle-Calédonie : devant le Sénat, la ministre des Outre-mer détaille les avancées de l’accord Élysée-Oudinot ; Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer : « La Nouvelle-Calédonie n’a pas les moyens d’attendre que le FLNKS revienne »

674 millions d’euros prévus pour la reconstruction de Mayotte en 2026, promet la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou
La ministre Naïma Moutchou était auditionnée ce 22 janvier par la délégation sénatoriale aux Outre-mer. Elle a également adressé un courrier aux députés pour expliquer ses engagements : notamment la prévision d’une enveloppe de 674 millions d’euros en 2026 pour la reconstruction et le développement de Mayotte. Une partie de ces crédits serait portée par une ligne budgétaire dédiée au sein du programme des interventions territoriales de l’État (PITE), placée sous la responsabilité du préfet de Mayotte. Des mesures fiscales spécifiques sont prévues afin de tenir compte des contraintes liées au foncier.
Dans le cadre de la convergence sociale à Mayotte, la ministre a confirmé que le dispositif LODEOM serait appliqué à compter du 1er juillet 2026, tout en maintenant le CICE. Ces dispositifs visent à accompagner les entreprises face à la hausse progressive du SMIC à Mayotte, dans la perspective d’un alignement avec le niveau national. Le coût pour l’État est estimé à 32 millions d’euros.
COMMENTAIRE FEDOM :
En dehors des dispositions sur Mayotte et sur la Nouvelle-Calédonie, la ministre a également abordé différents points importants pour les Outre-mer :
Concernant la situation globale, la ministre a souligné dans son courrier adressé aux parlementaires que : « Si ce budget est adopté », en d’autres termes si les deux motions de censure ne sont pas adoptées, « il consacrera une augmentation de 643 millions d’euros en engagements (+22 %) et de 450 millions d’euros en paiements (+16 %) pour la seule mission Outre-mer. Ces crédits viennent s’ajouter aux plus de 19 milliards d’euros au bénéfice des Outre-mer prévus par ce budget » a détaillé la ministre. « Cette augmentation bénéficiera à tous les territoires ultramarins, de manière transversale, pour les enjeux ayant trait aux spécificités ultramarines dans leur ensemble, mais aussi de manière plus ciblée en réponse aux besoins et réalités de chaque territoire ».
La ministre a également indiqué poursuivre une réflexion approfondie sur la réforme de la LODEOM qui, bien que suspendue, demeure envisagée. Celle-ci devrait être menée de manière « adaptée aux réalités économiques des territoires », afin de ne pas fragiliser des tissus économiques déjà vulnérables. Deux groupes de travail seront ainsi mis en place : l’un consacré à la LODEOM, l’autre à la défiscalisation Outre-mer.
S’agissant du secteur du BTP, enfin, la ministre a reconnu la nécessité d’adapter les normes de construction aux réalités des territoires ultramarins. Des travaux sont engagés sur l’utilisation de matériaux hors Union européenne et sur l’évolution des normes applicables. La mise en place de comités référentiels de la construction est prévue à partir de 2026, notamment dans le cadre de la loi ELAN/Belim. Le ministère a également indiqué soutenir le réseau des professionnels de la construction.
Enfin, la ministre a indiqué que la coopération régionale constituait un axe important de l’action du ministère, avec une volonté de renforcer les coopérations opérationnelles.
Voir également : Outre-mer : Naima Moutchou affiche sa méthode face aux urgences ; Budget : Dans un courrier aux parlementaires, Naïma Moutchou défend « les engagements » du gouvernement pour les Outre-mer | Outremers360
DU CÔTÉ DU PARLEMENT

Questions au Gouvernement – Sargasses aux Antilles : la ministre des Outre-mer s’engage à « lancer une concertation dans les prochaines semaines »
Aux Antilles, l’échouage massif des sargasses continue d’attiser la colère de la population. Ce mercredi 21 janvier dernier, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou a été interpellé par Frédéric Buval, sénateur martiniquais sur cette question devenue une vraie problématique de santé publique. La ministre a souhaité rappeler que le Gouvernement travaillait à l’élaboration du Plan Sargasses 3, fondé sur une coordination renforcée entre l’État et les collectivités territoriales. L’action sera menée sur l’ensemble des volets, avec une priorité donnée au volet sanitaire. Les méthodes d’intervention, notamment en matière de gestion des échouements, doivent évoluer. Une concertation pilotée par les préfets sera lancée dans les prochaines semaines afin de préparer ce nouveau plan.

La proposition de loi visant à relancer les projets d’exploration des énergies fossiles en Outre-mer, adoptée au Sénat
La proposition de loi pour relancer les projets d’énergies fossiles en Outre-mer, déposée par le sénateur guyanais Georges Patient, a été adoptée en commission des Affaires économiques le 21 janvier dernier au Sénat. Elle sera examinée en séance publique jeudi 29 janvier. Ce texte vise « à lever, dans les territoires d’Outre-mer, l’interdiction de recherche, d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures ». Ce texte fait l’objet d’un désaccord interne au Gouvernement, entre Monique Barbut, ministre de la Transition écologique défavorable et Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, qui le soutient. Le ministère de l’Économie y est également défavorable, mais Matignon n’a toujours pas communiqué sa position définitive sur ce texte, à quelques jours de son examen. Pour rappel la loi « Hulot » en 2017 avait mis fin à la recherche et à l’exploitation des hydrocarbures en France, avec quelques dérogations pour les entreprises qui avaient déjà des concessions en vigueur. Une demi-douzaine d’organisations — dont Greenpeace France, Mayotte Nature Environnement et le Réseau Action Climat —, ont adressé le 19 janvier une lettre ouverte au Premier ministre lui demandant de rejeter le texte.
Voir également : Un texte controversé pour relancer l’énergie fossile en Outre-mer adopté en commission au Sénat | Outremers360 ; Pétrole, gaz… Des élus veulent relancer les hydrocarbures dans les territoires d’outre-mer

La sénatrice Annick Girardin alerte Emmanuel Macron sur un « abandon » de souveraineté à Saint-Pierre-et-Miquelon
La sénatrice de Saint-Pierre-et-Miquelon Annick Girardin a adressé un courrier à Emmanuel Macron pour dénoncer un projet de transfert au Canada du contrôle d’une partie de l’espace aérien français au-dessus de l’archipel, qu’elle qualifie d’« abandon manifeste » de souveraineté. Son alerte intervient dans un contexte international tendu, marqué notamment par les ambitions répétées de Donald Trump sur le Groenland, territoire autonome danois situé à quelques centaines de kilomètres de Saint-Pierre-et-Miquelon. Face au « retour assumé des impérialismes », Annick Girardin propose la conclusion d’un accord international de coopération entre la France, le Danemark et le Groenland, incluant l’archipel français, « PTOM [pays et territoire d’outre-mer, NDLR] européen subarctique » positionné « à l’entrée de la route de l’Arctique ».
Voir également : Crispations autour du Groenland, inquiétudes autour de Saint-Pierre-et-Miquelon… Politiques et élus nationaux montent au créneau
DU CÔTÉ DE L’UNION EUROPÉENNE

Budget de l’UE et Outre-mer : audition du SGAE
Jeudi 15 janvier, la délégation sénatoriale aux Outre-mer a auditionné Emmanuel PUISAIS-JAUVIN, secrétaire général des affaires européennes (SGAE). Au cours de l’audition, M. PUISAIS-JAUVIN a insisté sur la nécessité de placer les Outre-mer « au cœur du projet européen », en assurant une pleine mobilisation des financements européens et une meilleure adaptation des normes aux réalités locales. Dans ce cadre, le POSEI a été identifié comme un dispositif structurant pour les régions ultrapériphériques. La pérennisation de cet instrument constitue un enjeu majeur du prochain cadre financier pluriannuel.
COMMENTAIRE FEDOM :
Dans ses propos liminaires, le SGAE a regretté que l’Union européenne, soit d’une part trop souvent perçue comme une contrainte en raison des difficultés de mobilisation des fonds européens et du caractère inadapté de certaines normes, et d’autre part n’investirait pas suffisamment dans les Outre-mer. Nos territoires subissent encore trop de dégagements d’office ou sont parfois exclus de facto de certains programmes européens, l’’étroitesse de ces marchés rendant difficile l’accès à certains fonds européens plutôt dimensionnés pour le marché intracommunautaire.
La FEDOM attire l’attention sur deux points majeurs :
- Le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) à l’étude remet en effet en question des principes majeurs comme le maintien d’un règlement POSEI autonome et distinct de la PAC ce qui nécessite la mobilisation de tous les acteurs, coordonnée par EURODOM ;
- Le dégagement d’office est en grande partie dû à la capacité des autorités de gestion à traiter dans les délais les dossiers, qui varie selon les territoires ; une action sur le plan local s’impose en conséquence.
L’Union européenne est un partenaire indispensable au maintien et au développement de nos territoires. Outre les enjeux relevant du CFP, certains mécanismes peuvent être renforcés afin de gagner en efficacité et de répondre au plus près aux besoins des RUP. À cet égard, la FEDOM et ses partenaires plaident pour clarifier et améliorer le régime général d’exemption par catégorie (RGEC – règlement 651/2014) et les règlements de minimis, notamment sur les notions d’« investissements initiaux », d’« entreprise en difficulté », de « petites et moyennes entreprises » et de « surcoûts ».
L’adaptation normative et réglementaire devient une urgence de plus en plus pressante. Il en va ainsi s’agissant du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) qui entraînera ainsi de lourdes conséquences économiques et sociales, touchant directement les secteurs du BTP, de l’agriculture et de l’industrie. Là où le MACF constitue, sur le continent européen, un levier de protection et d’incitation à la décarbonation, il devient dans les RUP un facteur de désindustrialisation, d’aggravation de la vie chère et de fragilisation des efforts en faveur de la souveraineté alimentaire et de l’intégration régionale. Relayant les préoccupations des acteurs locaux, la FEDOM plaide en conséquence pour l’exclusion des régions ultrapériphériques du champ d’application du MACF. Cette demande s’inscrit dans la continuité des considérants 17 et 65 du règlement (UE) 2023/956 instituant le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et pourrait utilement être reprise dans le cadre des prochains textes omnibus. La question se pose également pour l’ETS 2.
De manière générale, aucune initiative législative ou budgétaire ne saurait accentuer les handicaps structurels des régions ultrapériphériques. Toute réforme ou mesure de simplification devrait être appréciée au regard de ses effets concrets sur nos territoires, dans le cadre de l’application systématique d’un « réflexe RUP ». Par ailleurs, il importe également de tenir compte des pays et territoires d’Outre-mer ; (PTOM), la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie, Saint-Barthélemy, Saint-Pierre-et-Miquelon ainsi que Wallis-et-Futuna sont trop souvent absents des débats européens.
Retrouver l’audition ici
VIE DES TERRITOIRES

Réchauffement climatique et infrastructures : il faut prendre en compte les particularités des Outre-mer, selon le CESE
Le 13 janvier dernier, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a adopté en séance publique à 129 voix pour et 4 abstentions l’avis « Anticiper et prévenir les risques liés au changement climatique pour les infrastructures », dans lequel il formule de nombreuses préconisations. Alors que, selon la majorité des scientifiques, le monde va bientôt franchir le seuil de 1,5° Celsius de réchauffement, entraînant notamment sécheresses, cyclones, inondations ou montée du niveau des océans…, les Outre-mer français sont parmi les premiers concernés.

Entre trafics et ingérences, voyage au cœur des territoires d’outre-mer français menacés
Missiles chinois, pêcheurs-miliciens, influence azerbaïdjanaise… de la Polynésie aux Antilles, les multiples pressions que subissent nos possessions d’outre-mer mettent notre souveraineté à l’épreuve. Partout dans le monde, les possessions françaises sont convoitées. Le constat de l’amiral Christophe Prazuck, chef d’état-major de la marine de 2016 à 2020, n’a pas pris une ride : « Ce qui n’est pas surveillé est visité, ce qui est visité est pillé et ce qui est pillé finit toujours par être contesté. » La France possède près de 11 millions de kilomètres carrés de zones économiques exclusives (ZEE), presque totalement liées à ses sites en outre-mer. Ces immenses territoires la rendent vulnérable à des tests de sa souveraineté, par de grandes puissances comme par des acteurs régionaux.

Georges Dorion : un regard sur les Talents de l’Outre-mer
Georges Dorion, originaire de la Martinique est diplômé de l’E.N.A. promotion Stendhal (celle L. Jospin et de J. Toubon). Il a été le président du Comité d’Actions Sociales en faveur des Originaires des Départements d’Outre-Mer, plus connu sous le nom de CASODOM, de 1994 à 2012.
Dans le cadre de ses fonctions associatives, il a créé le prix Talents de l’Outre-Mer en 2005 afin de récompenser les parcours d’excellence des ultramarins. Georges Dorion est aujourd’hui président d’honneur du Réseau des Talents de l’Outre-Mer regroupant 428 Talents de l’Outre-Mer. Il revient sur 25 ans d’engagements pour les Outre-mer.

52 nouveaux Talents de l’Outre-mer distingués dans la promotion 2025 à Paris par le CASODOM
52 nouveaux Talents ont été distingués lors de la cérémonie de remise de prix de la promotion 2025 des Talents de l’Outre-mer du CASODOM qui s’est tenue dans le cadre prestigieux de la faculté de médecine historique de Paris le 23 janvier 2026. Des parcours d’excellence venant de tous les Outre-mer et de disciplines diverses qui représentent un formidable vivier de compétences pour le développement des territoires ultramarins. Parmi les talents confirmés : Gaëlle Bélem (La Réunion, Auteure), Frédéric Sautron (La Réunion, Sous-préfet à La Réunion), Amallyah Peyssa Kolivai (Wallis-et-Futuna, Journaliste), Marie-Elmège Tink-Long-ki (Nouvelle-Calédonie, cheffe d’entreprise), Aymeric Zhuo (Guyane,Président-Fondateur de sa Startup AGEMO basée à Londres) Jannaï Takotoko (Nouvelle-Calédonie, chercheur en intelligence artificielle appliqué à l’étude des langues kanak), Maïlie Saint-Hilaire (Martinique, Directrice de recherche à l’Institut Pasteur de Guadeloupe), Fazati Bourahima (Mayotte, Responsable du Pôle Alliages et soudure dans une entreprise métallurgique), Faysoil Halidi (Mayotte, Directeur de la construction et de la rénovation des écoles de Mamoudzou), Matthias Bourbon (Guadeloupe, chef d’entreprise), Anne-Laure Morel ( La Réunion, Présidente de sa société spécialisée en Nanotechnologie verte et Directrice scientifique d’un Laboratoire scientifique), Lyne Valentino (Guadeloupe, Cheffe de la plateforme de coordination des maladies rares au CHU de la Guadeloupe).

Guyane – La ville de Saint-Laurent-du-Maroni, première commune des Outre-mer à obtenir le label Site Patrimonial Remarquable
Saint-Laurent-du-Maroni devient la première commune d’Outre-mer à obtenir le label Site Patrimonial Remarquable (SPR) depuis le changement des procédures d’attribution du label. La Commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA) e a émis un avis favorable à l’unanimité, marquant une étape décisive dans la valorisation du patrimoine exceptionnel de cette ville guyanaise.

Plan France 2030 : 27,5 millions d’euros pour la Martinique
« France 2030 », un plan d’investissement national de 54 milliards d’euros déployés sur 5 ans pour rattraper le retard industriel français, que ce soit dans la santé, dans l’agro-alimentaire, l’écologie et dans la formation. En Martinique, 27,5 M€ d’aides ont été alloués à 28 projets lauréats. Bruno Bonnell, le secrétaire général pour l’investissement en charge de ce fonds de soutien, était en visite sur le territoire pour rencontrer les bénéficiaires.

Mayotte – Un an après CHIDO : la SIM accélère la reconstruction de son parc avec le soutien de CDC Habitat
À Mayotte, la reconstruction du parc de logements sociaux est entrée dans une phase structurée. Un an après le cyclone Chido, survenu en décembre 2024, la Société Immobilière de Mayotte pilote un programme de travaux d’ampleur, tout en inscrivant son action dans une trajectoire plus large de modernisation du bâti. Cette dynamique est soutenue par le CDC Habitat, qui a renforcé l’assise financière du bailleur afin de sécuriser la reconstruction et d’anticiper les besoins futurs du territoire.

Mayotte – la Technopole lance son label d’entreprises
Réunies le 22 janvier dernier à la Technopole, une dizaine d’entreprises issues de secteurs variés ont été officiellement labellisées lors du lancement du label « Entreprise Technopole de Mayotte ». Le dispositif entend structurer l’innovation locale en mettant en réseau des entreprises engagées dans la transmission d’expertises et l’accompagnement de projets innovants.

Polynésie française – Face à la fébrilité du marché, Tahiti Tourisme cherche de nouveaux relais
Conférence annuelle, salon du tourisme début février, séminaire des comités locaux… Tahiti Tourisme entame une importante série de rencontres, avec le public et les professionnels, en ce début d’année. Son point d’orgue : le ParauParau Tahiti des 19 et 20 février où près d’un millier de rendez-vous sont déjà programmés entre les tour-opérateurs d’Amérique du Nord et du Pacifique et les acteurs de la filière locale. Un travail nécessaire pour la directrice générale du GIE Vaihere Lissant. Car après une année 2025 qui devrait encore battre un record de fréquentation, les niveaux de réservation sont en retrait, notamment pour la basse saison.

La Réunion – Modernisation, expérimentation, management, accompagnement : Ludovic Robert, directeur régional des finances publiques à La Réunion transforme l’éloignement en levier d’innovation publique
Arrivé à la tête de la Direction régionale des finances publiques (DRFiP) de La Réunion en octobre 2023, après dix ans passés à Bercy et une première expérience de directeur en Haute-Corse, Ludovic Robert a découvert un territoire « à la fois très proche de l’Hexagone et très éloigné ». Confronté à l’insularité, à des fragilités sociales marquées mais aussi à une forte exigence de service public, il porte une vision exigeante et humaine de l’État, fondée sur la proximité, la transversalité et l’efficacité. Pour Outremers360, dans un entretien exclusif, il partage sa vision et les défis.
VIE DES ADHERENTS

La Guadeloupéenne Karen Virapin nommée Directrice générale déléguée d’Air Caraïbes
Ce lundi 19 janvier, Air Caraïbes a annoncé la nomination de Karen Virapin au poste de Directrice générale déléguée. Première femme antillaise à diriger la compagnie, Karen Virapin aura pour mission de continuer à accompagner le développement de la compagnie sur les Antilles-Guyane, dans la continuité de son modèle et de son ancrage.

Jean-Pierre Chalus, président du Grand Port Maritime de la Guadeloupe, porte pour 2026, l’ambition de « faire du port de Guadeloupe un hub au service des grandes compagnies maritimes »
À la tête du directoire du Grand Port Maritime de la Guadeloupe depuis 2020, et reconduit dans ses fonctions en 2024, Jean-Pierre Chalus pilote la transformation de Guadeloupe Port Caraïbes dans un contexte de recomposition des routes maritimes, de concurrence caribéenne accrue et de montée en puissance des enjeux de performance logistique, de transition écologique et de sûreté. Cet ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts, ancien président du directoire du port de Nantes-Saint-Nazaire et ex-président de l’Union des ports de France, dresse le bilan d’une année 2025 charnière et trace les grandes perspectives du port guadeloupéen, désormais appelé à jouer un rôle stratégique pour l’économie du territoire et pour la présence française dans la Caraïbe.

La présidente du Medef Réunion Katy Hoarau dresse son bilan 2025 et dessine les priorités de 2026 avec une ambition assumée : « construire ensemble une économie robuste »
Élue le 19 juin 2025 à la présidence du Medef Réunion, Katy Hoarau boucle son début de mandat avec une ligne claire : sortir de la posture défensive, rassembler les forces économiques et engager La Réunion sur le chemin d’une économie plus robuste. À l’heure de présenter ses vœux, la présidente revient sur six mois d’action et dévoile les grands axes qui structureront 2026.
Voir également : Medef Réunion : pour 2026, Katy Hoarau veut construire une « économie réunionnaise robuste »

BTP : 2026, l’année de la sortie de crise ?
Après des années de crise et une année 2025 difficile, le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) continue d’y croire, de se mobiliser et de travailler afin que 2026 soit l’année du rebond. Enfin la sortie de crise ? Dans le BTP, on a souvent l’impression que les années se suivent et se ressemblent. Et 2025 n’y échappe pas. « Cela a été une année difficile », reconnaît Jean-Yves Bonnaire, secrétaire général de la Fédération régionale du bâtiment et des travaux publics (FRBTP) de Martinique.
VIE DE LA FEDOM

La FEDOM signe une convention avec la Marine nationale qui célèbre ses 400 ans cette année
Ce mardi 20 janvier dernier, le Président de la FEDOM (Fédération des Entreprises d’Outre-mer) Hervé Mariton et le Contre-Amiral Laurent Bechler, délégué au rayonnement de la Marine Nationale ont signé une convention de partenariat lors de la cérémonie de vœux à Paris. Une convention qualifiée de structurant pour le président de la FEDOM. L’occasion pour le Contre-Amiral Laurent Bechler d’évoquer les missions essentielles de la Marine dans les territoires ultramarins mais aussi de parler de l’implication des entreprises ultramarines dans le cadre des célébrations du 400ème anniversaire de la Marine.

La FEDOM trace les enjeux économiques de l’Outre-Mer lors de sa cérémonie des vœux
La cérémonie des vœux de la FEDOM (Fédération des entreprises des outre-mer) s’est tenue ce mardi 20 janvier au Salon des Arts et Métiers – 9 bis avenue d’Iéna, 75016 Paris. Organisme engagé pour les entreprises des départements et territoires d’outre-mer, la FEDOM publie chaque semaine une lettre d’information à retrouver le lundi sur son site internet. Dans un contexte budgétaire tendu et face aux risques d’augmentation de la fiscalité sur les entreprises, Hervé Mariton, président de la FEDOM rappelle : « Il y a du travail pour préparer le cadre de notre avenir économique en Outre-Mer. Haut les cœurs ! ».
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JOURNAL OFFICIEL

JORF du 20.01.2026
– Arrêté du 13 janvier 2026 modifiant l’arrêté du 7 mars 2023 fixant les conditions d’attribution de la nouvelle bonification indiciaire dans les services du ministère de l’outre-mer
– Décret du 18 janvier 2026 portant renouvellement dans les fonctions de directeur général de l’Agence de l’outre-mer pour la mobilité (LADOM) – M. AHAMADA (Saïd)

JORF du 24.01.2026
– Arrêté du 23 janvier 2026 portant cessation de fonctions et nomination à la présidence de la République
– Accord complémentaire à l’accord de Bougival Élysée – Oudinot