LETTRE HEBDOMADAIRE D’INFORMATION DE LA FEDOM – N°660 – Lundi 16 février 2026

L’ÉDITO

Hervé MARITON
Président de la FEDOM

Prendre les choses dans l’ordre

Kourou, 12 février, lancement d’Ariane 64. Aux côtés des responsables des organisations économiques de Guyane, nous apprécions ce moment. Le déploiement de la constellation Amazon Leo (réseau satellitaire en orbite basse) se poursuit à partir de Kourou, et le patron d’Amazon France croit solidement en la place de notre base spatiale dans ce développement.

Notre mission en Guyane, au-delà de cette belle réussite, a été l’occasion, avec nos organisations, nos partenaires, de faire le point sur les enjeux que la Fedom doit porter. De manière opérationnelle, dès aujourd’hui et, à terme, dans la préparation de propositions pour les échéances de 2027.

La ministre des Outre-Mer lance une mission sur l’évolution des dispositifs d’aide fiscale à l’investissement et d’exonérations des charges sociales, qu’elle veut élargir à la question globale du financement des entreprises, préparant aussi une loi d’orientation pour le développement économique. A la lumière des discussions guyanaises, j’ai proposé à la ministre de prendre le sujet dans le bon ordre. Exo, défiscalisation, ne sont que des instruments, au demeurant fort utiles, déterminants dans la vie des entreprises. Mais, quelle vision servent-ils ? Quelle place ont-ils dans l’enjeu fondamental du financement des entreprises ? Je comprends qu’il y a un problème de calendrier, le budget de 2027 à préparer, la butée de l’élection présidentielle. Mais quel sens y a-t-il à tordre les sujets techniques (simplement parce qu’ils sont à portée de court terme), si l’objectif n’est pas défini. Tout le monde est conscient que l’équation économique des Outre-Mer est très imparfaite. Mais si on prend le sujet dans le mauvais ordre, on n’y arrivera jamais. La vision, adaptée à chaque territoire, les conditions de développement des entreprises, et donc pour beaucoup leur financement, sont les vrais sujets. Ils doivent être abordés dès maintenant.

LE FOCUS DE LA SEMAINE

L’Autorité de la concurrence analyse les causes de la vie chère en Martinique et formule 9 recommandations

L’Autorité de la concurrence a publié, le 10 février 2026, un avis approfondi sur les causes de la vie chère en Martinique et propose 9 recommandations concrètes pour s’attaquer au problème. Cette analyse fait suite à une saisine du Gouvernement et s’inscrit dans le cadre plus large des mobilisations et actions publiques autour de la cherté de la vie locale, avec un écart de prix moyen de 13,8 % supérieur à l’hexagone pour l’ensemble des biens, et jusqu’à 40 % pour les produits alimentaires selon l’INSEE.

L’Autorité observe que les différents outils de lutte contre la vie chère déjà mis en place (les OPMR, les différentes déclinaisons du bouclier qualité prix BQP, BQP+ et l’adoption du Protocole), demeurent utiles mais insuffisants. Elle réitère les constats effectués dans ses précédents avis (n°09-A-45 du 8 septembre 2009 relatif aux mécanismes d’importation et de distribution des produits de grande consommation dans les départements d’Outre-mer et n°19-A-12 du 4 juillet 2019 concernant le fonctionnement de la concurrence en Outre-mer). Les raisons de la vie chère sont structurelles et multifactorielles : l’éloignement de l’Hexagone, la dépendance aux importations, l’étroitesse et la forte spécialisation de l’économie locale, les disparités des revenus, la fiscalité spécifique ou encore le circuit d’approvisionnement structurellement organisé autour des grossistes-importateurs.

À ce titre, page 76 de l’avis, l’Autorité de la concurrence rappelle une nouvelle fois que « les taux de marge commerciale et brute globale sont similaires pour les grandes surfaces alimentaires (ci-après « GSA ») en France et en Martinique, se maintenant respectivement autour de 17-18 % et 18-19 % ». Elle souligne toutefois que les distributeurs martiniquais présentent une « rentabilité opérationnelle et nette plus faible », avec des taux de marge nette d’exploitation et de marge nette légèrement négatifs sur la période 2022-2024 (–0,13 % et –0,79 %), alors qu’ils sont positifs en France hexagonale (1,9 % et 1,7 %).

Page 77, l’avis précise : « Ainsi, à la différence des hypermarchés qui, hormis la spécificité due au recours à l’intérim, ont des résultats comparables à ceux de France hexagonale, les supermarchés martiniquais apparaissent structurellement moins rentables que dans l’Hexagone. »

Ces éléments appellent à dépasser les caricatures. Les marges des distributeurs ne sauraient, à elles seules, expliquer les écarts de prix observés. Les données objectives de l’Autorité montrent qu’elles sont comparables à celles de l’Hexagone, alors que la rentabilité nette des acteurs martiniquais est plus fragile. Il est donc essentiel d’ouvrir un débat serein, fondé sur les faits, et d’éviter de faire des marges un bouc émissaire qui nous détournerait des véritables leviers d’action pour améliorer durablement le pouvoir d’achat des Ultramarins. L’enjeu est de traiter l’ensemble des facteurs structurels — logistiques, fiscaux, économiques et concurrentiels — qui contribuent à la vie chère.

L’Autorité formule 9 recommandations :

1)      Doter l’OPMR de Martinique de moyens (financiers et humains) propres et nécessaires à son fonctionnement afin qu’il soit en mesure d’accomplir ses missions et d’éclairer utilement les pouvoirs publics ;

2)      Garantir une fréquence suffisante des enquêtes spatiales de l’Insee afin de permettre la réalisation de comparaisons temporelles et la réalisation d’analyse permettant de mesurer l’évolution des écarts entre les prix régulés et non régulés ;

3)      Développer l’intégration régionale de la Martinique dans la zone Caraïbe ;

4)      Être attentif au projet de création d’un « hub Antilles » pour veiller à ce qu’il ne conduise pas à l’éviction des concurrents réels et/ou potentiels de CMA CGM ;

5)      Rendre plus simples, plus prévisibles et plus transparents tant les différents taux d’octroi de mer appliqués à l’entrée des marchandises sur le territoire de la Martinique que les opérateurs assujettis. L’Autorité recommande également de réexaminer les taux d’octroi de mer applicables aux produits importés et de les supprimer s’il n’existe pas d’équivalent dans la production locale ;

6)      Privilégier la répercussion des frais de transport sur la valeur des produits importés, plutôt que sur le volume, afin que leur impact soit de moindre importance sur les produits dont le rapport valeur/volume est faible ;

7)      Renforcer le contrôle par la DGCCRF du respect de la loi Lurel, notamment lorsque les produits ne sont pas simultanément accessibles via les grossistes-importateurs et les centrales d’achats hexagonales des distributeurs. À cette fin, et pour accélérer le traitement des dossiers, il serait souhaitable de renforcer les pouvoirs de la DGCCRF en élevant ses plafonds de transaction ;

8)      Faire participer plus largement les grossistes-importateurs aux négociations et aux mesures de lutte contre la vie chère en Martinique ;

9)      La mise en place d’un dispositif pérenne, assorti de sanction en cas de non-respect, associant les autorités fournissant des statistiques (notamment l’Insee et l’IEDOM) permettant aux pouvoirs publics (préfets, collectivités territoriales, DGCCRF, OPMR ou autre administration compétente) de disposer, selon une périodicité régulière, des informations relatives aux prix et aux marges des groupes de distribution martiniquais et des grossistes-importateurs. Ces mesures ne pourront être efficaces que si les services concernés disposent des moyens humains et financiers adéquats pour remplir ces missions.

La FEDOM et ses adhérents vont examiner avec attention l’avis rendu par l’Autorité de la concurrence ainsi que les recommandations formulées.

Comme le souligne l’Autorité, la vie chère constitue un enjeu multifactoriel qui appelle des réponses économiques structurelles, plutôt que des mesures ponctuelles ou coercitives. Le débat ne peut d’ailleurs se limiter à la seule question des prix. La vie chère renvoie également à un enjeu de revenus : dans nos territoires, les niveaux de rémunération sont plus faibles, le chômage plus élevé et la part des dépenses contraintes — alimentation, logement, énergie — plus importante. Cette réalité pèse fortement sur le ressenti des ménages.

Une réponse durable passe donc par le développement et le soutien des activités économiques, ainsi que par le renforcement de la compétitivité des entreprises génératrice de création emplois.

Consulter l’avis de l’Autorité de la concurrence

Voir également : Vie chère : marges, frais d’approche… l’Autorité de la concurrence met en lumière un modèle martiniquais qui interpelle aussi La Réunion ; Martinique : Distribution alimentaire, des marges globalement proches de celle de l’Hexagone, des spécificités dans la logistique, selon une étude publiée par l’IEDOM ; Martinique: les outils contre la vie chère « utiles mais insuffisants », estime l’Autorité de la concurrence ; Vie chère : le rapport de l’Autorité de la concurrence fait réagir le MEDEF en Guadeloupe

Ou encore : « La vie chère, tous responsables » : le regard sans détour d’un résident de Marie-Galante sur nos habitudes de consommation

 

DU CÔTÉ DU GOUVERNEMENT

Naïma Moutchou, Ministre des Outre-mer en visite en Guyane : « On ne peut pas refuser le dialogue et espérer régler les problèmes »

En déplacement en Guyane, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a répondu aux critiques du président de la collectivité. Elle est revenue sur l’évolution institutionnelle du territoire, la question sensible des hydrocarbures et de l’orpaillage avant d’évoquer les mesures envisagées contre la vie chère. Après une première journée dense entre Cayenne et Kourou, la ministre s’est notamment rendue à Saint-Laurent-du-Maroni et au RSMA avant de reconduire le BQP.

Voir également : REPORTAGE. Entre la Guyane française et le Brésil, « la frontière, c’est pour les politiques » 

Sénat – Commission d’enquête sur les inégalités systémiques dans les outre-mer

Créée à l’initiative du groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste – Kanaky, la commission d’enquête sur les inégalités systémiques auxquelles sont confrontées les collectivités ultra-marines et leurs habitants pour répondre aux enjeux de développement social et durable a conduit deux auditions le jeudi 12 février. L’une avec plusieurs professeurs d’université (Mme DAVID Carine ainsi que MM. BÉRARD Yann, DANIEL Justin et L’HORTY Yannick), l’autre avec d’anciens directeurs généraux des outre-mer (Mme BROCAS Sophie ainsi que MM. BOUVIER Vincent et JACOB Olivier).

Vie chère en Outre-mer : la sénatrice Audrey BELIM estime que ce travail reste insuffisant pour comprendre la formation des prix et lutter efficacement contre la vie chère.

L’avis rendu par l’Autorité de la concurrence sur les marges alimentaires en Martinique cette semaine suscite des réactions à La Réunion ; la sénatrice Audrey Bélim y voit un document intéressant mais incomplet, qui ne permet pas, selon elle, de répondre pleinement aux enjeux de la vie chère dans les territoires ultramarins.

VIE DES TERRITOIRES

La mission d’inspection IGEDD/IGA dresse un « bilan contrasté » du 2ème plan de lutte contre les sargasses

Pour la mission IGEDD/IGA, le 2ème plan de lutte contre les sargasses marque un progrès en sortant de la seule gestion de crise, mais ses résultats demeurent insuffisants, notamment faute d’avoir été pleinement mis en œuvre. Principal défi, valoriser les sargasses, seule solution pour sortir de l’ornière du stockage, lequel doit être à court terme amélioré. Dans les deux cas, l’État est invité à délier sa bourse. Ce qu’il n’a pas manqué déjà de faire face à des coûts qui ne cessent de progresser, et qui devraient encore grossir avec une réelle prise en compte des impacts économiques, sociaux et sanitaires de ce fléau.

En savoir plus et consulter le rapport

Voir également : Évaluation du plan national de prévention et de lutte contre les sargasses 2022-2025 | IGEDD ; EXPERTISE. Les sargasses : une action coordonnée sur un sujet majeur pour les Antilles françaises, par l’IEDOM | Outremers360

Guadeloupe – Les Îles de Guadeloupe à la conquête du public international

Dans une démarche de diversification des marchés touristiques, Les Îles de Guadeloupe étaient présentes à deux salons majeurs en ce début d’année 2026, avec pour objectif de renforcer l’attractivité et la visibilité de la destination auprès des européens et nord-américains.

Guadeloupe – Vers un nouveau modèle de développement durable en 2026 ?

La Guadeloupe, île paradis des Antilles françaises, est confrontée à des défis majeurs qui menacent son avenir. L’eau, la précarité, la vie chère et la visibilité des politiques publiques sont autant de problèmes qui nécessitent des solutions urgentes et innovantes.

Guyane – Tensions autour des statuts et de la gouvernance du Fonds d’organisation de la pêche en Guyane

La société « Forpêche » pour Fonds d’organisation de la pêche est pleinement entrée en service en septembre 2025. La structure a permis la création de la Halle à marée au marché d’intérêt régional au vieux port de Cayenne. L’élection de son président devait se tenir le 9 février mais le scrutin a finalement été ajourné.

Guyane – Tir réussi pour Ariane 6 et son premier lancement de satellites d’Amazon Leo

Ariane 6, dans sa configuration la plus puissante, a décollé de Kourou le12 février pour placer en orbite 32 satellites de la constellation Amazon Leo ; une mission inaugurale qui scelle le partenariat entre le lanceur lourd européen et son principal client, déterminé à rivaliser avec Starlink.

Guyane – Jean-Luk Le West, président du Comité du tourisme de Guyane veut faire de Cayenne un hub aérien en Amérique du Sud

Avec environ 140 000 visiteurs par an, le secteur du tourisme en Guyane progresse, porté par des offres singulières, authentiques, écotouristiques, principalement autour des atouts naturels et de la richesse du patrimoine culturel ». Mais l’accessibilité, les normes et l’intégration régionale demeurent des leviers stratégiques incontournables. Jean-Luc Le West, président du Comité du Tourisme de la Guyane et vice-président de la Collectivité territoriale, fixe un cap : 250 000 touristes à l’horizon 2030, à condition de « déverrouiller » l’aérien et les échanges avec le bassin sud-américain.

Martinique – Le logement social au cœur de la relance du bâtiment

Alors que le secteur du BTP en Martinique traverse l’une des périodes les plus critiques de ces dernières années, une séquence pourrait marquer un point d’inflexion. 52 opérations de logement social sont désormais prêtes à être lancées, représentant plus de 300 millions d’euros de travaux à engager dès 2026. Construction neuve, réhabilitation, entretien lourd : l’ensemble de la chaîne du bâtiment est concerné.

Martinique – La CTM dévoile sa stratégie pour transformer l’économie martiniquaise

La Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) a présenté le 13 février à Cluny sa feuille de route économique pour les années à venir, articulée autour d’une vision : transformer l’île d’un territoire importateur en une véritable plateforme de transformation et d’exportation régionale. Lors de cette conférence de presse, organisée au lendemain d’une rencontre avec les acteurs économiques locaux, Serge Letchimy, Président du Conseil Exécutif de Martinique, a détaillé un ensemble de projets structurants représentant plusieurs centaines de millions d’euros d’investissements.

Martinique – Fin de vie des bateaux en Martinique, une filière opérationnelle et locale avec l’APER

Un bateau hors d’usage pose rapidement un problème à quai comme à terre. En Martinique, une filière officielle permet désormais de gérer cette fin de vie localement. L’APER, avec un centre agréé sur place, organise la déconstruction et le recyclage des unités de plaisance.

Mayotte – Cyclone CHIDO : situation conjoncturelle et financière ex-ante et ex-post des entreprises

Le cyclone CHIDO est survenu dans un contexte où les entreprises mahoraises faisaient déjà face à des tensions récurrentes sur leur trésorerie, à une forte dépendance logistique et à un environnement économique marqué par de chocs exogènes successifs. Afin d’apprécier la portée de ses effets sur le tissu productif local, l’IEDOM propose un éclairage sur l’évolution récente de la situation économique et financière des entreprises du territoire. L’Institut cherche ainsi à offrir une vision d’ensemble des dynamiques à l’œuvre, afin d’éclairer les enjeux de stabilisation et de reprise économique à Mayotte.

En savoir plus et découvrir la note

Voir également : Les entreprises mahoraises confrontées à « un environnement économique et social incertain » selon un rapport

« Une banque ne peut se développer que dans une société apaisée ».  Didier Estebe, directeur général adjoint du Crédit Agricole La Réunion Mayotte, place la cohésion territoriale au cœur de l’action bancaire

Directeur général adjoint du Crédit Agricole La Réunion–Mayotte depuis 2015, Didier Estebe défend une vision exigeante de ses missions : accompagner l’économie locale tout en agissant comme acteur social engagé. Entre soutien au logement, innovation, inclusion et partenariats associatifs, il revendique une approche profondément engagée et solidaire au service de La Réunion et de Mayotte.

Nouvelle-Calédonie – L’ESS « un levier de résilience, de cohésion sociale et de développement ».

Le Gouvernement a annoncé le jeudi 12 février 2026 le lancement d’une étude pour structurer et développer l’économie sociale et solidaire, l’ESS présentée par l’exécutif comme « un levier de résilience, de cohésion sociale et de développement ». Financée par l’Agence française de développement (AFD), l’étude doit formuler des préconisations concrètes, adaptées aux capacités institutionnelles et budgétaires du pays, afin de favoriser « l’émergence d’un écosystème cohérent et coordonné ».

Nouvelle-Calédonie : l’économie Calédonienne en 2025

En 2025, l’économie Calédonienne a encore souffert des conséquences des émeutes de mai 2024. On connaît aujourd’hui les principaux indicateurs pour scruter cette année économique, et en mesurer les évolutions. Fabrice Dufresne, le directeur de l’IEOM, est revenu sur cette année économique 2025

Polynésie française – Comités du tourisme : satisfaction des visiteurs en hausse, inquiétudes sur la desserte aérienne

La Première ministre a présenté en conseil des ministres du 1er mars 2023 un projet de loi ratifiant l’ordonnance n° 2022-1521 du 7 décembre 2022 étendant aux collectivités relevant de l’article 74 de la Constitution et à la Nouvelle-Calédonie les dispositions de la loi n° 2022-217 du 21 février 2022 relative à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de simplification de l’action publique locale. L’ordonnance du 7 décembre 2022 étend les mesures permettant « de répondre aux besoins concrets et opérationnels des collectivités, et de leur permettre de conduire une action publique plus adaptée, de gagner en souplesse et en efficacité, dans le respect des compétences des collectivités relevant de l’article 74 de la Constitution et de la Nouvelle-Calédonie ». Pour les citoyens, à titre d’exemple, l’ordonnance renforce les outils de démocratie participative locale : le seuil du nombre d’électeurs d’une commune signataires d’une pétition locale pour que la demande puisse être examinée par le conseil municipal est abaissé d’un cinquième à un dixième. Pour les élus, l’ordonnance clarifie les règles de prévention des conflits d’intérêt. En outre, chaque élu communal dispose de la possibilité de consulter un référent déontologue chargé de lui apporter tout conseil utile au respect de la charte de l’élu local.

La Réunion – La Région mobilise 4 millions d’euros pour les défis du logement et lance une gouvernance régionale de l’aménagement 

La Région Réunion a annoncé le 10 février 2026, la mise en place d’une nouvelle gouvernance régionale de l’aménagement ainsi que la mobilisation d’un fonds exceptionnel de 4 millions d’euros destiné à soutenir des opérations d’aménagement, notamment dans le domaine du logement. L’annonce a été faite par la présidente de Région, Huguette Bello, lors du lancement officiel de cette gouvernance. 

La Réunion – 68 % des entreprises créées en 2018 à La Réunion sont encore actives cinq ans après leur création 

À La Réunion, 68 % des sociétés et entreprises individuelles (hors micro-entrepreneurs) créées en 2018 sont encore en activité cinq ans après leur création, indique le rapport de l’Insee du jeudi 12 février 2026. Les sociétés sont bien plus pérennes que les entreprises individuelles (75 %). Les entreprises individuelles sont moins pérennes sur l’île (63 %). Le profil de leurs créateurs, les montants investis et les secteurs d’activité dans lesquels ces entreprises sont créées sont moins favorables. En revanche, pour les sociétés réunionnaises, le profil du créateur influence moins la survie de l’entreprise qu’au niveau national. 

VIE DES PARTENAIRES

« Les Outre-mer méritent un traitement de fond, pas seulement lors des crises »

Directeur du Point et organisateur de la 5ème édition des Outre-mer aux avant-postes, Étienne Gernelle revient sur la philosophie de cet événement parisien : inscrire durablement les enjeux ultramarins dans le débat national, à rebours d’un traitement médiatique trop souvent ponctuel et superficiel.

Vie chère, développement économique, conjoncture : En Outre-mer, une croissance « faible mais stable en 2025 », note Ivan Odonnat, dirigeant des IEDOM-IEOM

Avant le traditionnel bilan économique annuel des Instituts d’Émission d’Outre-mer (IEDOM-IEOM), leur dirigeant, Ivan Odonnat, a fait le point avec Outremers360 sur les conjonctures ultramarines en 2025. Des conjonctures vulnérables aux « tensions protectionnistes internationales » et au « blocage parlementaire », créant une « incertitude élevée pouvant altérer la confiance des agents économiques ». Sur le front de la vie chère, « l’inflation (…) a nettement ralenti en 2025 dans l’ensemble des territoires ultramarins ».

Les petites entreprises en souffrance : le président de la CCI France en visite à La Réunion

Lundi 9 février 2026, Alain di Crescenzo, Président de CCI France a visité les locaux du pôle formation de la Chambre de commerce de La Réunion au Chaudron (Saint-Denis). Lors de son discours face aux élus réunionnais, et au président de la CCIR, il a partagé sa vision du monde de l’entreprise. Aux entreprises locales en difficultés, il apporte des pistes de réflexions : IA, transition écologique ou encore la transition RH.

VIE DES ADHERENTS

Evolution statutaire en Guadeloupe : la CCI, la CPME et l’UDE-MEDEF rejettent tout projet de collectivité unique et plaident pour un usage optimal de l’article 73 de la Constitution

Réunis le 6 février, la CCI des Îles de Guadeloupe, la CPME et l’UDE-MEDEF ont affiché une ligne commune : le débat institutionnel ne peut pas précéder un projet économique chiffré. Ils rejettent la perspective d’une fusion des conseils départemental et régional, qu’ils estiment susceptible d’ouvrir la voie à une évolution statutaire vers une collectivité unique sans consultation populaire. Face aux défaillances d’entreprises et aux blocages administratifs, ils réclament l’usage plein et entier de l’article 73 et dénoncent une méthode menée « sans consultation » du monde économique.

Programmation Pluriannuelle de l’énergie (PPE) 3 : Frédéric Moyne, président d’Albioma souligne le rôle stratégique des ENR dans les Outre-mer          

À l’occasion de la table ronde nationale consacrée à la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), organisée dans le Jura à l’invitation de Matignon, en présence de Sébastien Lecornu, Premier ministre de la République française, de Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, et de Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, Frédéric Moyne, président d’Albioma, a porté la voix des territoires d’Outre-mer.

Voir également : Décret PPE3 : les acteurs des ENR font bonne figure

Le prix EDF Pulse Antilles-Guyane récompense trois lauréats pour des projets d’innovations

La finale de la première édition du concours EDF Pulse Antilles-Guyane, tenue le 5 février, a mis en lumière trois solutions d’avenir pour la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane. Les lauréats bénéficieront d’un accompagnement pour transformer les secteurs de l’énergie, la santé au travail et la performance industrielle.

Nommé directeur général d’Air Tahiti Nui, Lionel Guérin chargé de mettre la compagnie « en ordre de bataille »

C’est officiel : Lionel Guérin a été nommé directeur général de la compagnie à la Tiare. Ancien commandant de bord et dirigeant au sein du groupe Air France, Lionel Guérin quitte donc le conseil d’administration d’Air Tahiti Nui pour en prendre la direction, sans toutefois renoncer à la présidence de la SAS Natireva, société d’exploitation d’Air Moana, non sans inquiétudes du côté d’Air Tahiti, la compagnie domestique historique et partenaire d’Air Tahiti Nui. À la tête de cette dernière, Lionel Guérin aura pour mission d’apaiser les tensions sociales et la mettre « en ordre de bataille » pour mieux faire face à la concurrence.

Municipales 2026 : Mimsy Daly quitte la présidence du Medef pour rejoindre la liste de Sonia Lagarde à Nouméa

Présidente de l’organisation patronale depuis février 2021, Mimsy Daly a annoncé le 12 février qu’elle quittait ses fonctions pour rejoindre la liste « Avec vous pour Nouméa » portée par la maire sortante de Nouméa, Sonia Lagarde, aux élections municipales.

COMMENTAIRE FEDOM :

La FEDOM prend acte de la démission de Mimsy Daly de la présidence du MEDEF NC, motivée par son engagement dans la campagne des élections municipales de Nouméa. Elle la remercie sincèrement pour la qualité du travail et les résultats obtenus ensemble.

Nous adressons nos chaleureuses félicitations à Bertrand Courte qui lui succède et nous réjouissons de pouvoir poursuivre, à ses côtés, notre action au service du développement économique de l’archipel.

En savoir plus et voir le communiqué de presse du MEDEF NC

MEDEF Réunion – Découvrez la lettre mensuelle de l’Observatoire économique

L’Observatoire économique du MEDEF Réunion publie sa première lettre mensuelle. Au programme : chiffres de l’emploi et du marché automobile, réforme de la TVA, taxes sur les alcools, focus sur Brasserie de Bourbon et le rapprochement Caillé/IBL.

Martinique – Patrice Fabre (groupe Karibea) : « Sans touristes toute l’année, la Martinique n’aura pas de modèle économique viable. »

La Martinique ne manque ni de beauté, ni d’atouts, ni de talents. Elle manque juste de touristes… toute l’année. On parle beaucoup du coût de la vie, du coût du travail, des contraintes administratives, des dispositifs fiscaux, des aides à solliciter. Mais le sujet central est ailleurs. Il est presque brutal de simplicité. Sans clients, il n’y a pas d’économie touristique. Et sans économie touristique solide, il n’y a pas de développement durable pour l’île. Or aujourd’hui, nous sommes pleins quatre à cinq mois par an. Saint-Lucie, la Barbade, La République dominique, c’est toute l’année. Et toute la Caraïbe vit sous les mêmes cieux et les mêmes contraintes climatiques. […] La différence n’est pas climatique. Elle est structurelle.

Vie chère aux Antilles : le groupe GBH plaide pour une réforme axée sur les revenus et l’emploi

Mardi 10 février, l’Autorité de la concurrence a écarté l’existence de « surmarges » en Martinique, pointant des profits souvent inférieurs à l’Hexagone. Si elle prône neuf mesures de transparence, l’instance lie les prix élevés à des coûts structurels. Pour le groupe GBH, ce constat doit réorienter le débat vers le vrai sujet : le niveau des revenus et la production locale.

Présidence de la CPME : Gérard Lebon contraint au départ

Alors que son mandat se termine début avril, Gérard Lebon ne pourra pas rester président de la CPME Réunion. L’organisation patronale interdit dorénavant de cumuler cette fonction avec la présidence d’un syndicat de filière. Gérard Lebon, très critique vis-à-vis de cette décision imposée au national, a choisi de rester à la tête du syndicat des exploitants de stations-service.

COMMENTAIRE FEDOM :

La FEDOM adresse ses remerciements au président Gérard Lebon pour son engagement constant au sein de l’association et en faveur du développement de La Réunion. Elle sait pouvoir compter sur son implication pleine et entière jusqu’au terme de son mandat, puis, sous d’autres formes, au-delà.

FEDOMG – Braquage à la mine de Paul Isnard : « On ne va pas baisser la tête », affirme José Mariéma

Une quinzaine de salariés ont été immobilisés sous la menace d’hommes armés sur le site aurifère légal de Paul Isnard, à Saint-Laurent-du-Maroni. Un an après une première attaque, l’exploitation de José Mariéma est de nouveau ciblée. Le gérant évoque colère et détermination.

CEM Saint-Barthélemy – Récap du mois de janvier 2026

Découvrez les temps forts et les initiatives menées par la Chambre Économique de Saint-Barthélemy au cours du mois de janvier 2026. Au menu : transition énergétique, gouvernance agricole, nouveaux conseillers techniques et prévention des risques.

Polynesie : gel des tarifs et abonnement gratuits, les banques signent un nouvel accord de modération des tarifs

La Socredo, la Banque de Tahiti et la Banque de Polynésie ont signé ce vendredi un nouvel accord de modération de leurs tarifs sous le contrôle de l’IEOM et du Haut-commissariat. Le document, auquel sont aussi associés Marara Paiement et Niupay, prévoit le gel, pour trois ans, d’une vingtaine de tarifs, la gratuité des abonnements permettant la consultation des comptes en ligne, ou encore le maintien du dispositif d’inclusion bancaire. Un « bel effort » salué par l’État ou l’association de consommateurs Te tia Ara, mais qui ne concerne pas tous les tarifs bancaires, qui n’inclut pas les comptes d’entreprises, et qui ne met toujours pas les prix polynésiens au niveau de ceux de la métropole, voire, sur certains tarifs, de ceux de la Calédonie.

Mayotte : Air Austral affirme la sécurité comme sa première priorité

En déplacement à Mayotte, les dirigeants d’Air Austral et de son sous-traitant Crystal Aero ont fait un point sur la flotte long-courrier et les récents déroutements. Face aux interrogations de la population, la compagnie a tenu à rappeler un principe intangible : la sécurité prime sur toute autre considération.

Studio Jeune Marine : Guillaume VIDIL, General Manager de MARFRET

Le studio Jeune Marine pour Euromaritime 2026, en partenariat avec Armateurs de France, a accueilli Guillaume Vidil, General Manager de la compagnie MARFRET. Guillaume Vidil a présenté la compagnie Marfret, en évoquant son adaptation aux évolutions du marché, la situation de l’emploi embarqué, l’accueil d’élèves à bord pour la formation, ainsi que la fibre artistique et culturelle qui fait aussi partie de l’ADN de l’entreprise.

        VIE DE LA FEDOM

Narcotrafic : la FEDOM appelle à une mobilisation urgente de l’État dans les Outre-mer

Le président de la FEDOM, Hervé Mariton, tire la sonnette d’alarme. Dans un éditorial offensif, il place la question du narcotrafic au cœur des enjeux économiques et sociaux des territoires ultramarins, estimant que la situation relève désormais d’un « grave problème systémique ».

En déplacement sur le territoire, la FEDOM prépare les prochaines échéances avec les acteurs économique guyanais

Les représentants des entreprises se sont réunis mercredi à la CCI. À leurs côtés, Hervé Mariton, président de la Fedom, Fédération des entreprises des Outre-mer. Objectif : peser dans la préparation de la future loi d’orientation économique pour les Outre-mer. Après avoir évité un coup de rabot lors du dernier projet de loi de finances, les entreprises veulent s’assurer que l’accompagnement sera maintenu, notamment sur le financement de l’investissement et les exonérations fiscales, à l’approche du vote du prochain budget.

Elle est par ailleurs demanderesse de perspectives plus larges sur le financement des entreprises.

Voir également : Hervé Mariton interpelle sur la faiblesse de la formation en Guyane

Hervé Mariton était l’invité de Guyane Soir

Hervé Mariton, président de la FEDOM, et Mélinda Jerco, responsable des affaires économiques et sociales, étaient en déplacement en Guyane. Après une série de rencontres avec les acteurs économiques et les responsables guyanais, Hervé Mariton a dressé le bilan de ce déplacement et appelle à une loi de programmation économique des Outre-mer.

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JOURNAL OFFICIEL

JORF du 11.02.2026

Arrêté du 27 décembre 2025 fixant la liste des organisations syndicales reconnues représentatives dans le périmètre utile à la négociation des entreprises de transport de voyageurs sur l’île de La Réunion

Arrêté du 2 février 2026 portant nomination au conseil de surveillance de la Société Aéroport Martinique Aimé Césaire

JORF du 12.02.2026

Délibération n° 2026-18 du 27 janvier 2026 portant décision sur le niveau de dotation d’Eau et Electricité de Wallis-et-Futuna (EEWF) au titre du fonds de péréquation de l’électricité (FPE) pour les années 2026 à 2029

Délibération n° 2026-19 du 27 janvier 2026 portant décision sur le niveau de dotation d’EDM au titre du fonds de péréquation de l’électricité (FPE) pour l’année 2026

JORF du 13.02.2026

Décret n° 2026-76 du 12 février 2026 relatif à la programmation pluriannuelle de l’énergie continentale

Décret n° 2026-82 du 11 février 2026 portant application de l’article 23 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026

Objet : le présent décret fixe les modalités d’application, à Mayotte, de la réduction générale dégressive unique et de l’exonération Lodeom.

COMMENTAIRE FEDOM :

Pour rappel, l’article 23 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 rend applicables à Mayotte, avec adaptations, deux dispositifs de droit commun :

–          la réduction générale dégressive unique (RGDU) à compter du 1er janvier 2026 ; remplaçant de ce fait la réduction dégressive applicable spécifiquement à ce département jusqu’alors. A noter notamment que son point de sortie est fixé à 1,6 fois le SMIC mahorais en vigueur et non plus 1,4 SMIC et que son champ a été étendu aux contributions patronales d’assurance chômage, alors qu’il ne couvrait actuellement que les cotisations patronales d’assurances sociales et d’allocations familiales (soit les cotisations maladie-maternité, vieillesse et famille) ;

–          l’exonération LODEOM telle qu’applicable en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique et à La Réunion à compter du 1er juillet 2026 – et non plus du 1er janvier 2027 tel qu’initialement prévu dans la loi de programmation pour la refondation de Mayotte.

Le présent décret vient donc fixer les modalités réglementaires nécessaires à cette mise en œuvre à Mayotte, dans un contexte marqué par des écarts persistants de législation sociale (taux, assiette, niveau de SMIC et dispositifs d’exonération) et par une trajectoire de convergence progressive vers le droit commun. Il comporte deux volets principaux :

–          l’adaptation des paramètres de la réduction générale dégressive unique à Mayotte ;

–          et l’extension de l’exonération LODEOM à Mayotte en adaptant les paramètres de calcul à la législation sociale applicable à Mayotte : les références aux cotisations et contributions s’entendent ainsi comme celles applicables à Mayotte, prises en considération pour leurs taux mahorais et les références au SMIC s’entendent comme des références au SMIC applicable à Mayotte. Les autres modalités d’application du dispositif seront fixées par ordonnance conformément à l’article 23 de la loi de programmation pour la refondation du territoire.

JORF du 14.02.2026

Arrêté du 11 février 2026 relatif à l’homologation du cahier des charges concernant la dénomination « Sucre de l’île de La Réunion » en vue de la transmission à la Commission européenne d’une demande d’enregistrement en tant qu’indication géographique protégée