Compétitivité : Willy Angèle (Président du MEDEF Guadeloupe)décerne un bon point

Compétitivité : Willy Angèle (Président du MEDEF Guadeloupe)décerne un bon point

France-Antilles Guadeloupe 07.11.2012
Le gouvernement a dévoilé, hier, son plan pour la compétitivité des entreprises. Willy Angèle, président de l’Union des entreprises (Medef Guadeloupe) apprécie ce signal qui sanctionne « une prise de conscience » et approuve le recours à une modulation de la TVA.
Le gouvernement va dégager 20 milliards d’euros pour relancer la compétitivité des entreprises sous la forme d’un crédit d’impôt.
Il fallait bien qu’on commence à prendre conscience de la problématique fondamentale de l’économie française. On est dans cette phase de prise de conscience, et on commence à avoir des réactions qui sont à la mesure du défi qui est le nôtre. Néanmoins, le crédit d’impôt est-il une technique facile à mettre en oeuvre ? J’ai quelques doutes, parce qu’il est relativement lourd à mettre en place. Mais il y a manifestement un début d’action et on ne va pas s’en plaindre.
Depuis longtemps, nous soulignons ce problème de notre manque de compétitivité, lié à la faiblesse du dialogue social, lié également au refus de prise de conscience de la globalité de ce monde… Aujourd’hui, on ne peut plus faire l’économie des efforts nécessaires à la préservation du modèle économique et social français. Si nous voulons le préserver, il faut le réformer. Sinon, c’est l’extérieur qui nous imposera des modifications.
Nous aurions préféré des mesures plus directes, comme l’allégement des charges patronales et salariales, dont les effets sont beaucoup plus rapidement perceptibles. La mécanique du crédit d’impôt est plus difficile à mettre en oeuvre, plus technique, et ses effets sont à plus long terme. Alors que l’allégement entraîne des effets immédiats : le coup de booster pour l’économie est immédiat lui aussi.
Pour financer cette relance de la compétitivité, le gouvernement prévoit une hausse du taux principal et du taux intermédiaire de la TVA et une baisse du taux réduit à partir du 1er janvier 2014. Le taux normal de TVA est actuellement de 19,6% et la France compte deux taux réduits de 5,5% et 7%. Les taux actuels seront remplacés par un triptyque plus lisible : 5,10 et 20%.
Notre organisation a toujours dit que la stratégie qui consiste à taxer plus les importations est pertinente. Le gouvernement commence à percevoir cette pertinence de la TVA sociale. C’est une technique qui permet de préserver l’industrie et de corriger le différentiel de système social avec d’autres pays. Ça nous laisse penser qu’il y a une volonté de faire évoluer les choses de façon à ce qu’on avance vers des réformes qui nous permettront d’être plus efficaces, tant du point de vue économique que social. De toute façon, pour qu’on puisse développer l’emploi, il faut qu’il y ait de l’activité. Et pour qu’on puisse préserver notre modèle social, il faut pouvoir le financer, donc, créer de l’activité, de la valeur ajoutée, de l’emploi.
Le Premier ministre a annoncé la création d’un fonds de 500 millions d’euros pour les PME confrontées à des difficultés de trésorerie.
C’est une bonne mesure, un bon signe. Mais j’espère que nous allons pouvoir récupérer quelques sous. Parce que 500 millions à l’échelle nationale…
Si nous récupérons 5 millions, ce sera toujours bénéfique, mais pour que ça ait un impact réel sur notre territoire, c’est 50 millions au moins qu’il nous faudrait. Ça me semble difficile de les obtenir.
Victorin Lurel a obtenu le maintien de la défiscalisation, mais ce n’est que pour un an.
Dès janvier 2013, nous allons rentrer dans une phase de négociations, il nous faudra argumenter et justifier de l’intérêt de ce dispositif, et préserver au mieux cet outil de financement de nos économies ultramarines. Économies qui souffrent justement d’un manque d’outils de financement. Bien sûr, on a toujours des arguments pour défendre ce dispositif. Mais il faut aussi être conscient de la situation de crise dans laquelle le pays se trouve. L’économie va mal, le budget de l’État est très sérieusement grevé par les dettes, la situation nationale est préoccupante. On ne peut donc pas imaginer l’Outre-mer fonctionnant dans un univers abstrait, ne tenant pas compte de la réalité nationale et internationale. Il faudra donc beaucoup de détermination.
Et il nous faudra apprendre à balayer devant notre porte. Il faudra, par exemple, être plus vertueux dans notre gestion budgétaire du territoire. Il faudra que nous soyons plus efficaces dans notre utilisation des fonds européens.
Ça fait plus de 10 ans que nous recevons des fonds européens pour traiter nos déchets, et ce n’est toujours pas fait. C’est toujours plus facile d’argumenter quand on est, soi-même, vertueux, et quand on n’a pas accumulé un certain nombre de retards et de lacunes…
On va donc balayer devant notre porte et faire en sorte d’être crédibles dans nos propositions. On ne peut plus se contenter d’être des gens qui passent leur temps à exiger, comme s’ils n’avaient pas pris conscience de leurs responsabilités. Nous sommes aussi responsables. Nous pourrons d’autant plus demander que nous serons capables de faire preuve de notre responsabilité par rapport à la gestion de notre territoire. Si nous arrivons à penser que nous sommes responsables de ce territoire, nous trouverons des solutions pour le développer. Mais passer son temps à demander en s’exonérant de toute responsabilité, ça n’est ni sérieux, ni crédible…
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