Jean-Pierre Philibert (Fedom) : « L’Outre-mer a besoin de mesures immédiates »

Jean-Pierre Philibert (Fedom) : « L’Outre-mer a besoin de mesures immédiates »

La Fédération des entreprises des Dom organise son conseil d’administration demain, largement consacré à la préparation de la conférence économique de l’Outre-mer. Entretien avec son président, Jean-Pierre Philibert.

 

Jean-Pierre Philibert (au premier plan), président de la Fedom : « Il faut engager rapidement les 500 millions d’euros promis » (photo d’archives LYL).

ENTRETIEN

Les résultats des élections Outre-mer et en France métropolitaine sont-ils surprenants ?

Pas du tout. J’avais déjà écrit qu’en 2012 cela se passerait très mal pour la droite en Outre-mer. Cela se sentait aussi pour la métropole où l’élection présidentielle s’est cristallisée sur le « tout sauf Sarkozy ». Pas de surprise non plus sur la séquence législative qui amplifie la majorité portée par le président. On peut néanmoins noter un vrai clivage Outre-mer entre d’un côté les Dom et de l’autre les Pom (Pays Outre-mer) et Com (Collectivités Outre-mer). Il y a quasiment un grand chelem à gauche dans les départements, alors que la victoire est plutôt à droite ailleurs. Une Outre-mer à deux vitesses, en quelque sorte.

Avez-vous pu rencontrer le nouveau ministre de l’Outre-mer, Victorin Lurel ?

Non car il n’était pas à Paris. La Fedom a invité ses proches collaborateurs au conseil d’administration qui se tiendra demain et je devrais voir Victorin Lurel la semaine prochaine.

Quels sont les sujets qu’il faut traiter dans l’urgence ?

Celui de la conférence économique de l’Outre-mer qui devrait se tenir en juillet. Viendra ensuite la question de la loi de finances rectificative 2012 qui, on l’espère, épargnera l’Outre-mer.

Sous quelle forme sera organisée la conférence économique de l’Outre-mer ?

Il y a encore débat sur la question. Ce que l’on sait c’est qu’on ne veut pas des Etats généraux qui se terminent par un CIOM et 150 propositions. La question est : le gouvernement veut-il des conférences décentralisées dans les territoires avant une grande réunion de synthèse ou l’inverse, une conférence à Paris avec un renvoi des thèmes dans les territoires ? Cela reste à définir. L’exigence, c’est l’efficacité. Je pense pour cela qu’il ne faudra pas être 500 autour de la table.

Quels seront les thèmes abordés ?

Les thèmes doivent être ceux mis en avant dans les 20 propositions de la Fedom, lesquelles sont en grande partie partagées par le président de la République. Il faudrait mettre dès les premiers exercices budgétaires (2013) les 500 millions d’euros promis par François Hollande car l’urgence de la situation fait qu’on en aura besoin tout de suite. La question des niches fiscales sera sans doute rapidement posée. On nous a assuré que l’Outre-mer serait à ce niveau protégé avec un plafond déconnecté de celui de la métropole. On sera vigilant sur ces questions.

La Fedom a une réunion de bureau aujourd’hui et un conseil d’administration demain. Quel est l’ordre du jour ?

Principalement la préparation de la conférence économique de l’Outre-mer. Il faut qu’on se mette d’accord sur les sujets prioritaires. On ne va pas se battre sur 20 points en même temps. Parmi les mesures immédiates, il y a le chômage des jeunes, la mise en place des contrats aidés, la banque pour le financement des PME… Plus habituel, une partie de notre conseil sera l’occasion de tirer le bilan de l’exercice écoulé. Sans se jeter des fleurs, je crois qu’on a bien travaillé lors des séquences électorales. En toute modestie, le président nous a « adoubé » comme interlocuteur privilégié en Outre-mer. C’est pour nous le soucis du professionnalisme et l’exigence de construire ensemble les modèles économiques de nos territoires. La Fedom bouge et avance

Propos recueillis par TL

Clicanoo.re

publié le 19 juin 2012

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