Lettre hebdo N°28 du 26 mars 2012

Lettre hebdo N°28 du 26 mars 2012

Tendance L’Outre-mer…et les autres

Lorsque Nicolas Sarkozy aura dévoilé son projet pour l’Outre-mer – il le fera lors de son déplacement à la Réunion début avril – nous reviendrons en détail sur les intentions des principaux candidats.

Il nous a cependant paru intéressant de regarder ce que les autres candidats proposaient pour l’Outre-mer.

Ainsi Eva Joly et les Verts veulent une politique dereterritorialisation”, pour promouvoir un développement soutenable, autonome et centré sur la zone géographique de chacun des territoires. Au niveau économique, la candidate propose la création d’une banque publique régionalisée d’investissement et de réorienter la défiscalisation vers les investissements en matière d’agro-transformation et d’énergie renouvelable. Elle suggère que l’octroi de mer soit mis au service du développement durable en “pénalisant les produits dont l’empreinte écologique est élevée“. Enfin le modèle “modèle agro-exportateur” (sucre et banane) devra laisser place à une agriculture de “souveraineté alimentaire“. Une réforme foncière permettra un accès équitable à la terre, un contrôle du tourisme résidentiel et la diversification des productions. Enfin, l’Etat reconnaîtra ses responsabilités sanitaires et environnementales comme dans l’affaire du chlordécone“.Jean-Luc Mélenchon, comme nous l’avons écrit, veut favoriser un nouveau modèle de développement endogène en rupture avec le modèle actuel de dépendance et renforcer la coopération des Antilles et de la Guyane avec l’ALBA (Alliance bolivarienne pour les Amériques)Marine Le Pen veut créer un “pont économique” entre l’Hexagone et les Outre-mer. La candidate frontiste veut faire de l’emploi sa “priorité” et souhaite “renouer avec une politique d’exonération des charges patronales” et de “défiscalisation des investissements productifs“. Pointant des “prix prohibitifs“, elle souhaite ouvrir à la concurrence européenne les liaisons aériennes. Marine Le Pen propose par ailleurs le maintien en faveur des nombreux fonctionnaires ultramarins de métropole du congé bonification et promet des “négociations musclées” avec la grande distribution pour qu’elle privilégie les produits locaux dans les supermarchés sur place. Elle souhaite enfin lutter contre la fracture numérique.

A noter également, bien qu’il ne soit finalement pas candidat, les propositions de Dominique de Villepin (et de sa directrice de campagne Brigitte Girardin), de fixer un cadre législatif stable sur la base de la loi programme de 2003 améliorée, de tenir plusieurs fois par an un Conseil de l’Outre-mer présidé par le chef de l’Etat réunissant les 11 présidents de régions et collectivités et de cibler la défiscalisation sur des secteurs prioritaires, comme le tourisme, le logement ou les énergies renouvelables. Dominique de Villepin s’était également engagé, pour faire baisser le coût du travail, à lutter contre le travail clandestin et à créer des emplois durables dans le secteur productif en maintenant un régime d’exonération de charges sociales des entreprises d’Outre-mer.

Paroles de candidats

Nicolas SARKOZY

Le Président-candidat était à son tour, après François Hollande et François Bayrou, l’invité de l’émission Politiques 1ère.

Le débat sur le racisme

Questionné tout d’abord sur la proposition de François Hollande de supprimer le mot « race » de la Constitution, Nicolas Sarkozy rétorque « quil ne suffit pas de supprimer le mot pour supprimer les réalités », sinon supprimons les mots « pauvres » ou « chômage ». Ce débat n’a pas de sens pour Nicolas Sarkozy qui préfère s’attaquer aux réalités. « Le racisme est une réalité, il faut le combattre par tous les moyens ».

Et le Président de citer Aimé Césaire, « chantre de la négritude, poète qui navait pas peur des mots. »

Mayotte

Comment contenir la contestation sociale à Mayotte?

Nicolas Sarkozy rétorque : « On me reproche quoi ? Davoir tenu parole Jai fait la départementalisation ! » Et le candidat insiste sur le fait que dans un département français « on respecte les valeurs de la République, on ne casse pas, on respecte la loi ».

Nicolas Sarkozy ajoute que la départementalisation était une revendication identitaire d’appartenance à la France, sans influence sur le prix des produits alimentaires. Si je ne l’avais pas fait ajoute-t-il, le prix du riz n’aurait pas baissé pour autant…

La vie chère

Le Président ajoute que le problème de Mayotte, comme celui d’autres territoires, c’est l’isolement, le manque de développement endogène, la faiblesse de l’agriculture. Cela coute cher de faire venir d’ailleurs des produits de première nécessité.

Les journalistes insistent pour lui demander si, sur ce point  précis de la vie chère, il a le sentiment d’avoir réussi ?

Le Président, un peu piqué au vif, répond d’abord : «  que se passerait-il si la France n’était pas Outre-mer ? Regardons autour, ce serait bien pireon verrait ce que serait le pouvoir dachat ».

Il insiste sur la nécessité d’un développement économique endogène pour sortir du seul tourisme, certes important mais…« Nos territoires doivent être des territoires de production. »

Il est vrai aussi que pour lui, la concurrence ne fonctionne pas bien. « Je peux comprendre que les prix soient plus chers pour des produits venant de métropole, mais il y a des situations où ca ne va pas. Si je suis élu, dans les six mois je saisirai lautorité de la concurrence qui devra repenser la question des prix et de la distribution …Sil y a des distributeurs qui exagèrent, nous obligerons louverture de certains secteurs à la concurrence ».

Le prix de lessence

Faut-il bloquer les prix ? Les prix de quoi ? demande Nicolas Sarkozy, auprès de qui ? On achète le pétrole aux producteurs, les prix sont à la hausse pour de multiples raisons.  Le Président évoque brièvement le nucléaire qui permet d’avoir une énergie inférieure de 30%, et le développement de l’énergie solaire qui doit permettre l’autonomie des territoires.

Pourtant vous avez supprimé la défiscalisation sur le photovoltaïque insiste la journaliste.

C’est faux répond le Président. Nous l’avons ramené à un niveau raisonnable car, au prix ou elle était (la production photovoltaïque), la facture aurait augmentée pour tous les consommateurs.

La délinquance

Le Président- candidat  a répondu ensuite à des questions sur l’augmentation de la délinquance, l’occasion pour lui de rappeler sa politique de fermeté .

Soudain grave, il insiste aussi sur le fait qu’il a été le Président de la République qui s’est rendu le plus souvent Outre-mer, douze fois exactement. Il dit avoir « voulu répondre à la mémoire parfois blessée de ces territoires ». J’aime ces territoires, je m’y sens heureux et en confiance ajoute t’il avant de revenir sur la violence et de marteler qu’elle n’est pas une réponse. La réponse c’est la formation et le développement économique.

Conséquences des essais nucléaires en Polynésie

Nicolas Sarkozy rappelle qu’il a levé un tabou et ré-ouvert le dossier des indemnisations. Sur cette question, comme sur celle du chlordécone aux Antilles, Il indique qu’il veilllera à ce que les défaillances de l’Etat soient réparées.

Les valeurs

Sont évoquées enfin les valeurs et la question de l’égalité des civilisations. Pour Nicolas Sarkozy Serge Letchimy, qu’il estime, a eu tort de répondre à une blessure par une autre blessure. Il a été trop violent, outrancier et maladroit.

Votre première mesure pour lOutre-mer si vous êtes réélu ?

Question traditionnelle à laquelle le candidat répond en disant qu’il ira Outre-mer avant l’été pour présenter un programme de développement économique endogène « sans précédent ». Et de conclure : « Je veux que lOutre-mer reprenne confiance en elle …Je me sens proche de ces populations. Jaime leur spontanéité, leur intelligence et leur caractère passionné». Et de conclure : « Je ne crois pas à l’assistanat, je crois à la formation, à l’économie, à la capacité de nos territoires de porter eux-mêmes leur développement.

En définitive peu de choses sur l’économie, mais Nicolas Sarkozy a déclaré qu’il irait à la Réunion bientôt et qu’il ferait, à cette occasion, un certain
nombre de propositions pour favoriser le développement économique de tous nos territoires. 

Brèves 

La FEDOM a publié un Communiqué le 22 mars pour demander au Gouvernement que soit adopté dans les plus brefs délais un tarif d’achat de l’électricité photovoltaïque outre-mer.

En effet, près de 9 mois après la dernière réunion de la Commission Baroin et plus de 15 mois après le moratoire sur les projets, décidé par le Gouvernement en décembre 2010, les arrêtés tarifaires ne sont toujours pas en vigueur.

 

 

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