LUREL veut créer un lobby de l’Outre-mer

LUREL veut créer un lobby de l’Outre-mer

Lurel veut créer un lobby de l’Outre-mer

Par Ivan ERHEL

Victorin Lurel, député de la 4° circonscription de Guadeloupe, président de la Région Guadeloupe et conseiller du candidat François Hollande pour l’Outre-mer était au Salon de l’agriculture. Pour faire évoluer la situation de ces territoires, il veut réunir au-delà des clivages gauche-droite.

Vous conseillez François Hollande sur les DOM-COM. Souhaitez-vous devenir son Ministre de l’Outre-mer ?

Victorin Lurel  : Si c’est pour perdre tous les arbitrages et venir dire partout qu’on n’a jamais autant fait pour l’Outremer, il n’en est pas question. J’ai déjà répété urbi et orbi que je voulais rester Président de la Région Guadeloupe. Mon objectif est aussi de devenir un député un peu plus influent, faisant passer tous ses dossiers. Etre ministre, pourquoi pas, mais à ce poste, vous êtes toujours soupçonné de servir la Guadeloupe lorsque vous êtes de Guadeloupe. Il y a d’autres choses à faire. Je veux une meilleure prise en compte des Outre-mer par la droite comme par la gauche, une meilleure compréhension, une meilleure connaissance, et je dirais même une plus grande affection pour nos régions.

Vous trouvez que les Régions d’Outre-mer ont une mauvaise image ?

V. L. : Absolument. Nous sommes stigmatisés comme si nous n’étions que des zones franches, que la misère serait presqu’agréable au soleil… Des gens qui connaissent l’Outre-mer au sein du Parti Socialiste, il y en a peu. A l’UMP, il y en a peu. A notre sujet, on parle encore de niches fiscales, alors qu’on a déjà cassé la défiscalisation, abaissé les plafonds. Le programme Girardin qui était à 1,4 milliards d’euros est passé à 875 millions. On a du mal, à gauche comme à droite à convaincre de la nécessité de tout ça.

Comment comptez-vous faire connaître la réalité de ces territoires ?

V. L. : J’aimerais créer un lobby, avec les anciens préfets, les DDE, les DDA, les directeurs de la culture, les grands industriels, les intellectuels, les petites et les grandes gens, tous ceux qui aiment et qui connaissent l’Outre-mer. Il faut réunir les bonnes volontés de droite comme de gauche. Au cours d’un débat à Science-Po Paris, j’ai félicité Dominique Perben qui, dix-huit ans après avoir été Ministre de l’Outre-mer, continue de s’y intéresser. Il m’a dit qu’il quittait la politique mais qu’il était intéressé par mon projet. La gauche n’a pas le monopole de l’amour de l’Outre-mer. Il y a un énorme travail de conscientisation à faire, de propagande même pour faire aimer l’Outre-mer. On ne doit pas être simplement dans le contestataire, on doit être aussi dans le propositionnel.

Justement, quelles propositions avez-vous faites au candidat que vous conseillez ?

V. L. : Il y en a beaucoup. Elles seront solennisées par François Hollande le 10 mars au cours d’un grand meeting à Paris. La proposition n°29 du projet socialiste parle de mettre au point un nouveau modèle de développement pour l’Outre-mer. Il faut en transformer le ministère, créer une cité des Outre-mer en Ile-de-France. Il faut aussi une nouvelle loi d’orientation agricole pour l’Outre-mer. Il faut revoir la politique foncière et la politique à l’égard des cultures traditionnelles, la canne et la banane. Il faut une nouvelle ambition vivrière et reconquérir le marché intérieur ultramarin pour regagner notre autonomie alimentaire. Si on pouvait en même temps lutter contre l’obésité tout en consommant local, notre pari serait gagné.

Les agriculteurs présents au salon de la porte de Versailles se plaignent tous des spécialistes de l’agriculture envoyés par Paris qui passent une semaine ou deux en Outre-mer et rentrent écrire un rapport souvent inadapté à la réalité du terrain. Cela peut-il évoluer ?

V. L. : Il y a deux ou trois rapports de ce genre qui dorment dans les tiroirs à ma demande. Dans la loi de modernisation agricole d’il y a deux ans, on aurait dû remettre un rapport pour inventer une nouvelle philosophie du développement agricole, si possible armée de moyens. Cela fait un an et demi que ce rapport est laissé à la critique rongeuse des souris. Sur la réforme des chambres d’agriculture, il y a au moins deux ou trois rapports. La dernière « idée » est de les rattacher aux régions et de les financer sur l’octroi de mer. On supprimerait leur côté démocratique tout en rognant sur ce qui est donné aux communes. Il faut mieux associer en amont les professionnels. Les meilleurs experts de l’agriculture, ce sont les agriculteurs eux-même.

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